inquiétude

FIN DU MARATHON : UNE SI LONGUE CAMPAGNE

Ce billet a été rédigé par les équipes « démocrate » et « l’Autre-Amérique » d’USAssas, et reflètent donc leur point de vue. Keep in touch pour le billet de l’équipe « républicaine » !

Take care

Nous arrivons à la maison de la Radio, il est 22h. Il pleut et nous sommes absolument persuadées qu’Hillary Clinton va gagner les élections présidentielles américaines. Bien que nous ayons tenté d’être le plus neutre possible pendant ces derniers mois (avec plus ou moins de succès), nous avons toutes une idée bien arrêtée sur qui devrait être président-e des Etats-Unis en ce soir du 8 novembre 2016.

 À gauche, à droite, Clinton est partout

Les premiers résultats n’arrivent pas tout de suite. Mais dans la galerie de la maison de la Radio, les écrans de télé branchés sur CNN et sur Fox News diffusent les premières estimations liées à la participation : celle des Latino-Américains est en hausse, c’est bon signe pour Hillary Clinton murmure-t-on.

portavozAnissa, Adyara, Lucie et Héloïse. Crédits : Anissa A. Bsk

Parmi cette assemblée hétéroclite, il y a beaucoup d’Américains, étudiants ou travaillant à Paris qui sont venus suivre ce qu’il se passait chez eux. Un groupe d’étudiantes, dont l’une de Georgie, se tient prête à célébrer la première femme présidente de leur pays. Dans l’immense majorité, les Américains présents la soutiennent de façon délibérée. Mais c’est aussi le cas des Français qui, comme certaines d’entre nous, n’ont pas hésité à exhiber badges, t-shirts et lunettes Hillary Clinton. L’ambiance est donc consensuelle. Seules deux femmes arborent d’un air provocateur des t-shirts « Women for Trump ». Un jeune étudiant militant à droite en France se joint à nous, il soutient lui aussi l’ancienne secrétaire d’Etat.

Dans cette assemblée, parmi tous les étudiants que nous croisons, beaucoup d’opinions politiques sont représentées : certains penchent vers Jean-Luc Mélenchon, d’autre vers Alain Juppé. Mais tous se rejoignent sur la nécessité, pour eux, de la victoire de Clinton – avec plus ou moins de passion. Côme* étudiant en économie, était lui un berniste de la première heure : « Je l’ai découvert avant même qu’on commence à parler de lui dans les médias américains. Sa candidature était considérée comme une blague à ce moment-là et les médias ne le prenaient pas du tout au sérieux.  Comme celle de Trump ! Mais la candidature de Sanders m’a tout de suite intéressé. Ce soir, je soutiens Clinton, mais pas parce que je l’aime bien. Je n’aime pas sa vision de la politique étrangère, pas du tout. Mais avec Trump, je ne suis pas serein. Mais elle va gagner, c’est sûr. »

 La Floride et l’Ohio font trembler la maison de la Radio

anissaCrédits : Anissa A. Bsk

Les premiers résultats, enfin. C’est le Kentucky et l’Indiana, qui vont à Donald Trump. Grognements dans l’assemblée, mais ricanements aussi : ce sont deux Etats républicains, il est normal qu’ils aillent à Trump. Un couple d’Américains expatriés à Paris a déjà acheté une bouteille de champagne. Puis c’est le Vermont, démocrate, évidemment. Explosion de joie dans la salle. Cette alternance entre grognements et applaudissements se poursuit pendant toute la première partie de la nuit, nous sommes confiantes. Nous pensons à tous les gens que nous avons rencontrés aux Etats-Unis. Iront-il voter ?

Mais peu à peu, l’ambiance se tend. Les choses ne se passent pas comme prévu et les « swing states » semblent plutôt favorables à Donald Trump. La Floride, elle, semble encore indécise. CNN refuse pendant plus d’une heure d’y donner Trump gagnant, mais nous sommes scotchés à nos téléphones et sur les réseaux sociaux, et des sources fiables annoncent la victoire républicaine dans cet Etat. Soudain, l’Ohio se colore en rouge, Trump encore. Derrière nous, une des étudiantes américaines se couvre la tête et crie. C’est la panique, mais surtout, c’est l’incompréhension. Personne dans cette immense galerie ne semble en revenir.

Et Trump l’emporte

Les estimations du New York Times s’emballent. Il donnait 90 % de chance à Clinton de gagner juste avant les élections. Mais cette estimation ne cesse de s’actualiser : 60 %, 50 %, 20 %… Vers 4h du matin, nous comprenons que c’est Donald Trump qui va gagner les élections présidentielles. Vers 8h, nous en avons la confirmation définitive.

La galerie est presque vide, nous sommeillons tous plus ou moins sur le sol. Un air d’hébétude se dessine sur le visage d’un étudiant de Boston, qui avait longtemps soutenu Sanders, et qui, bien que détestant cordialement Clinton, n’en est pas moins hostile à Trump.

Donald Trump devient le 45e président des Etats-Unis, au nez et à la barbe de la plupart des journaux américains, mais aussi français. Au nez à la barbe de tout le monde, au final – sauf des 59 millions de personnes qui ont voté pour lui et que nous avons réussi à ignorer. Quel exploit.

salle bondée Crédits : Lucie S.

La  gueule de bois de l’après-élection

Le lendemain, nous contactons tous les gens que nous connaissons aux Etats-Unis et que nous avons rencontrés là-bas. Parmi eux, beaucoup de démocrates. Eva*, étudiante à Berkeley nous dit qu’elle est déjà allée à une manifestation au sein de l’université et que d’autres sont à prévoir. Daphné*, étudiante française à Columbia (New York City) dit que l’ambiance est morose là-bas. « Pendant la soirée, j’ai suivi les résultats avec le groupe des étudiants démocrates de Columbia. Ils étaient si sûrs de gagner que la nuit a été un enfer pour eux et maintenant ils sont désespérés. » Lorena*, qui travaille à Chicago, publie sur Facebook une longue vidéo de la manifestation : « Not my President ! » crie la foule. Ces manifestants sont très souvent jeunes, souvent étudiants. Mais il y en aussi qui sont extrêmement heureux : « L’unité enfin restaurée ! », clame l’un d’eux, très enthousiaste. Ann* et Michelle* un couple vivant à Washington D.C. nous écrivent : « Pouvons-nous venir chez vous pour les quatre prochaines années ? »

Voilà le récit de cette soirée, depuis la France, depuis la maison de la Radio et notre perspective ébahie. Avant de clore l’aventure USAssas, nous écrirons encore un peu, pour décortiquer les élections. Mais c’est bien ce mardi 9 novembre que se finit notre balade dans la campaign américaine… Merci à tous de l’avoir suivie ! À dans 4 ans et Make USAssas great again !

Anissa, Héloïse, Lucie,  (équipe démocrate), Adyara et Lola (équipe Autre-Amérique)

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