Techniques de rédaction des cas cliniques à l’ECN

Comment expliquer une telle différence de points entre les candidats lors des concours blancs (et le jour J !) alors que tous font et refont des cas  cliniques à n’en plus finir (et ont quasiment tous le même niveau final ) ? Il s’agit encore et toujours d’une question de méthode. Il est certain qu’il est nécessaire de faire une très grande quantité de dossiers mais aussi de savoir les exploiter au maximum.

Quand commencer à faire des cas cliniques ? 

Le plus tôt possible !

A chaque année ses dossiers : en D2, optez pour les cas cliniques de spécialité par appareil (cardiovasculaire, hépatogastro, pneumo…), vous pourrez ainsi bosser tous les items de chaque spécialité à fond : questions de cours basiques, physiopathologie et acquisition des premiers réflexes de rédaction.

Ensuite, dès le début de la D3 faites des cas cliniques de spécialité pour approfondir vos connaissances et commencez les cas indifférenciés dits transversaux. Ceux-ci vous permettront de « réviser » un certain nombre d’items d’un coup et de faire des parallèles entre chaque spécialité et de comprendre le raisonnement médical exigible à l’ECN.

Quelques réflexes généralistes…

 La première chose « évidente » mais trop souvent oubliée est qu’une question fermée (de plus en plus fréquente à l’ECN) type « quels sont les trois diagnostics que vous évoquez » impose 3 réponses maximum : trop d’étudiants veulent étaler leur savoir en y mettant plus que nécessaire pour impressionner le correcteur et là c’est le zéro à la question assuré, be careful !

Dans le même état d’esprit, lorsque l’on vous demande votre avis (ex : Compte-tenu du résultat de l’échographie, modifiez-vous votre prise en charge thérapeutique ?), avant de vous lancer dans une longue explication (que le correcteur ne lira pas si vous êtes la ènième copie de la soirée…), répondez par oui ou non car dans la majorité des cas ce sera le mot le plus fortement côté de toute la question.

Deux règles à avoir toujours en tête pour ce qui est de l’hypothèse diagnostique à privilégier (et donc celle qui sera côtée) : argument de fréquence (si vous pensez être le seul à avoir trouvé le diagnostic ultra-compliqué c’est que vous avez surement tort, restez simples) et/ou argument de gravité.

N’oubliez pas de construire votre réponse…

Votre raisonnement doit apparaître au correcteur. Ne faites pas l’erreur de « bourrer » au maximum votre copie pour y mettre le maximum de mots clefs car si vous êtes la 1ère copie du tas de 200 que le correcteur doit se farcir, çà peut passer mais si vous êtes le dernier, son énervement aura atteint son maximum et par voie de conséquence votre note son minimum !

…et de l’organiser en utilisant notamment la technique de l’entonnoir :

Commencez votre phrase par des tirets (cela permet d’attirer l’œil du correcteur sur les différentes parties de votre réponse) et partez toujours du plus généraliste (haute probabilité de cotation) pour aller vers le plus détaillé (faible probabilité de cotation et potentiellement discriminant)

 

Deux exemples de cette technique :

Premier exemple :

Question relative au traitement d’un cancer prostatique T1N0M0 :

1ère partie de la réponse : mesures générales en cas de cancer :

RCP (risque de zéro à la question en cas d’oubli), projet personnalisé de soins, soutien psychologique, ALD 30.

2ème partie de la réponse : mesures spécifiques au cancer de prostate localisé :

-Traitement curatif : traitement chirurgical (voies d’abord, conservateur ou radical, curage, envoi en anatomopathologie des pièces d’exérèse…), radiothérapie…
-Traitement adjuvant en cas de N+
-Surveillance : efficacité et tolérance

En optant pour ce type de rédaction pour les questions de cancéro vous limiterez la casse en cas de gros « trou noir le jour J » car la grille de correction est le plus souvent épurée avec des mots clefs généralistes côtés (traitement curatif, traitement adjuvant…) plutôt que de foncer tête baissée sur le type de chirurgie spécialisée (faible probabilité de contation) en oubliant qu’il s’agit d’un traitement curatif (mot clef côté dans 80% des cas)

 

Deuxième exemple :

Question de prescription d’une antibiothérapie

L’erreur classique consiste à vouloir montrer au correcteur que l’on connaît un nombre incalculable d’antibiotiques alors que la majorité des points ne concernera pas le nom de l’antibiotique 🙂
En effet, c’est le raisonnement qui va être côté. De ce point de vue la, optez pour une phrase généraliste de ce type :

-Antibiothérapie bactéricide
-Nombre : unique ou multiple (si double ou triple = à visée synergique)
-Cible : probabiliste active sur : BGN, anaérobies, à large spectre, Staph. MéthiR ou MéthiS…
-Voie d’administration : parentérale, per os…
-Durée : de nombreux étudiants l’oublient alors qu’il s’agit d’une forte probabilité de cotation.
-Débutée après les prélèvements bactériologiques
-En l’absence de CI (allergie, fonction rénale…)
-Secondairement adaptée aux résultats de l’antibiogramme
-Avec surveillance régulière de l’efficacité et de la tolérance (dosage sérique…)

Et maintenant c’est à vous de jouer, entraînez-vous encore encore et encore…

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