Marion Blandin, interne en psychiatrie

M.M : Bonjour Marion, quelle spécialité as-tu choisi d’exercer et pour quelles raisons ?

M.B : J’ai choisi la Psychiatrie. C’est une spécialité médicale riche, passionnante où la relation humaine est au cœur de la pratique.
La symptomatologie clinique est variée, parfois explosive…on ne s’ennuie jamais !
Il s’agit d’une spécialité avec un fort potentiel de recherche, tant sur l’étiopathogénie des troubles que sur leur prise en charge, les traitements…

M.M : Quelle est la maquette de ta spécialité ?

M.B : 4 ans d’internat soit 8 stages dont au moins 1 stage en CHU et au moins 2 stages en pédopsychiatrie. Deux petits mémoires, un clinique et un de recherche en 2ème et 3ème année. Et l’incontournable thèse en fin d’internat.

M.M : Pourrais-tu nous décrire ta journée type ?

M.B :

En secteur d’hospitalisation :

Prise en charge de 8-9 patients environ par l’interne.
La journée débute toujours par un staff  médical où l’on parle de tous les patients de l’unité (durée variable selon les services, de 15 min jusqu’à 1h).
Entretiens avec les patients, en présence ou non d’un infirmier. Les patients en chambre d’isolement sont vus quotidiennement par un psychiatre, les autres patients en moyenne 2-3 fois par semaine.
Adaptation quotidienne des traitements (anxiolytiques, sédatifs, hypnotiques).
Le tout encadré par un sénior qui intervient en général sans difficulté pour les patients qui posent problème.
Les horaires en secteur sont assez cool : 9h30-17h en moyenne.
Au CHU ce sont des horaires plus classiques type 9h-19h.

Aux urgences psychiatriques :

Evaluation et orientation des patients par un entretien psychiatrique (environ 20 min d’entretien par patient), recueil des informations auprès de l’entourage (proches, professionnels de santé) puis décision d’orientation (consultation en ambulatoire, décision d’hospitalisation et le mode (hospitalisation libre ou sous contrainte). L’interne réfère au senior de tous les patients qu’il a vu avant de les faire sortir.
Prise en charge des états d’agitation aiguë.
Horaires classiques d’un service d’urgence : 8h45-18h30

M.M : Pourrais-tu nous décrire le déroulement d’une garde ?

M.B :

Les gardes «  d’intra » hospitalier :
Prise en charge des nouveaux patients adressés par les urgences (donc ayant déjà été évalué par un psychiatre ayant décidé d’une hospitalisation) : entretien d’entrée, mise en place d’un traitement symptomatique (le traitement de fond n’est pas instauré pendant la garde).
Gestion des problèmes somatiques (mais un somaticien d’astreinte est toujours joignable ou présent pour nous aider).
Gestion de problèmes diverses, type demande de sortie contre avis médical, adaptation de traitement hypnotique ou anxiolytique etc
De manière générale, les gardes d’intra sont plutôt tranquilles et l’interne arrive à dormir !

Aux urgences psychiatriques :
La charge de travail est forcément variable en fonction de l’affluence.
Entretien psychiatrique, orientation avec décision ou non d’hospitalisation.
Là on dort moins !

M.M : Quel classement faut-il avoir pour espérer pouvoir choisir la spécialité que tu exerces ?

M.B : Le nombre de poste a fortement augmenté ces dernières années (par exemple une centaine de postes actuellement en Ile de France contre une quarantaine il y a quelques années)… Il n’y a plus vraiment de rang limite pour avoir un poste en psychiatrie.

M.M : Comment sont organisés les cours théoriques de ta spécialité ? Est-il nécessaire de s’inscrire à des DU (Diplômes Universitaires) ou DIU (Diplômes Inter-Universitaires), si oui quels sont les plus intéressants ?

M.B :

En Ile de France :
La 1ère année : un cours de 2h hebdomadaire
Les années suivantes : système de cycle de conférence organisés sur 2 vendredi/samedi dans l’année (avec présence obligatoire également)
En parallèle : validation d’au moins 5 séminaires « facultatifs » parmi un large choix (dont au moins 3 de psychiatrie adulte et 2 de pédopsychiatrie) sur les 4 ans d’internat.
Il n’est pas nécessaire de s’inscrire à des DU ou des DIU.

M.M : Quels sont les points négatifs de ta spécialité ?

M.B : Adieu le somatique (ce qui peut être un point positif pour certains). Il s’agit d’une spécialité médicale encore trop peu reconnue par certains. Certes les horaires sont plus « light » que dans d’autres spécialités, mais c’est émotionnellement intense et on n’en ressort pas moins fatigués !

M.M : Quels sont les différents modes d’exercice possible de ta spécialité ? Lequel privilégieras-tu ?

M.B : Très variés ! Il y a de nombreuses possibilités :

Faire une carrière universitaire et de recherche.
Travailler en secteur : en service d’hospitalisation ou en consultation au Centre Médico-Psychologique.
Travailler en libéral en tant que psychiatre et/ou psychothérapeute.
Et faire des expertises psychiatriques en parallèle de ces activités.

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4 Comments

Filed under A chacun sa spé, interview d'internes !

4 Responses to Marion Blandin, interne en psychiatrie

  1. Davrillon

    Bonjour,
    je voudrais savoir :
    A quel âge peut-on devenir interne en psychiatrie ?
    Merci d’avance.

    • Malik Moustarhfir

      Bonjour, pour devenir interne en psychiatrie, il faut faire 6 années de médecine après le bac et avoir un classement au concours de fin de 6e année permettant de choisir cette spécialité.

  2. Caroline Guillemot

    Bonjour,
    je viens de passer les ECN et je voulais savoir qu’elles étaient les villes les plus recommandées pour effectuer son internat de psychiatrie?
    Je te remercie par avance de ta réponse

    • Malik Moustarhfir

      Bonjour Caroline,

      J’ai posé ta question à Marion, psychiatre et voici sa réponse : « la psychiatrie est une spécialité qui offre une possibilité d’exercice vraiment très large (pédopsychiatrie à la géronto-psychiatrie) et avec des orientations également très diverses (psychanalyse, TCC, neurobiologie , systémie etc). Seules les grandes villes offrent une possibilité de terrain de stage très variés avec la possibilité de découvrir la ou les orientation(s) qui nous intéresse(nt). Paris donc bien sûr, mais également Lyon, Lille ou Marseille.

      Bon courage !

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