Marine Sarfati-Lebreton, interne en chirurgie viscérale

M.M : Bonjour Marine, quelle spécialité as-tu choisi d’exercer et pour quelles raisons ?

M.S-L : La chirurgie viscérale car je voulais absolument faire de la chirurgie et c’est la spécialité qui me paraissait être la plus variée et permettant des possibilités d’exercices variées (CHU, CH périphériques, cliniques…)

M.M : Quelle est la maquette de ta spécialité ?

M.S-L : La maquette de chirurgie est en cours de réforme mais je donne la maquette encore actuelle.
Pour le DES de chirurgie générale : au moins un semestre dans un service de chirurgie « molle » (urologie, viscéral ou vasculaire) et un semestre de chirurgie « dure » (orthopédie ou neurochirurgie).
Pour le DESC de chirurgie viscérale : six semestres dans des services agréés pour le diplôme d’études spécialisées complémentaires de chirurgie viscérale. Ces semestres doivent être effectués dans au moins deux services différents.
Et en tout 2 semestres dans des hôpitaux périphériques minimum.

M.M : Pourrais-tu nous décrire ta journée type ?

M.S-L :

– Début de la journée à 7h45 : visite des patients sur dossier, modification des prescriptions, demande d’examens complémentaires…
– A partir de 8h30 : interventions chirurgicales : le plus souvent cholécystectomies, cure de hernies inguinales ou éventration, cure d’hémorroïdes, thyroïdectomie, colectomies ou parfois des chirurgies plus longues comme des duodénopancréatectomies céphaliques.
– Repas au bloc entre 2 interventions (avec les barquettes de l’hôpital)
– Puis poursuite des interventions jusqu’à 15 ou 17 heures selon les salles de bloc.
En sortant du bloc : visite dans le service avec examen de chaque patient (environ 15 par internes), contrôle des bilans sanguins, récupération des examens complémentaires.
– A partir de 17h : staff selon les jours (programmation des blocs de la semaine, bibliographie, topos par les internes, RCP gastro-chirurgie, RCP cancéro…)
– Fin de la journée vers 19h

M.M : Pourrais-tu nous décrire le déroulement d’une garde ?

M.S-L : Garde à partir de 18h30, transmission avec l’interne qui avait le bip de garde dans la journée. Ensuite, déroulement très variable d’une garde à l’autre. Souvent examens de plusieurs patients aux urgences (cholécystites aiguës, appendicites aiguës, occlusions digestives), interventions chirurgicales si besoin (souvent au moins deux) rarement après minuit sauf urgences vitales. L’interne fait le tour des services de chirurgies viscérales pour résoudre les quelques problèmes avant d’aller se coucher. Souvent, l’interne est rappelé 2-3 fois dans la nuit pour des patients à voir aux urgences ou des problèmes dans les services.
Le lendemain : visite dans le service à 7h45 comme tous les jours mais pas de bloc. L’interne assiste au staff de radiologie pour relire les scanners de la veille et transmission du bip à l’interne qui fera les urgences dans la journée. (NB : ce n’est pas forcement la même organisation dans tous les CHU)

M.M : Quel classement faut-il avoir pour espérer pouvoir choisir la spécialité que tu exerces ?

M.S-L : Pour la chirurgie générale, jusqu’à 4000ème, on peut trouver une place en France. Pour la chirurgie viscérale, il faut demander au chef de service dans chaque ville. Çà dépend essentiellement du nombre d’internes devant vous dans la promo et qui veulent faire de la chirurgie viscérale.

M.M : Comment sont organisés les cours théoriques de ta spécialité ? Est-il nécessaire de s’inscrire à des DU (Diplômes Universitaires) ou DIU (Diplômes Inter-Universitaires), si oui quels sont les plus intéressants ?

M.S-L : Les 2 premières années on a des cours de DES de chirurgie générale à raison de 3 jours par an.

Les cours de DESC sont organisés par interrégion (je viens de la région Grand Ouest nommée HUGO). 2 jours de cours en janvier et juin sur 3 ans (une ville différente à chaque fois soit les 6 villes de l’interrégion HUGO) : différents thèmes avec topo présentés par les internes. 4 cours de DESC nationaux sont organisés par des PU-PH à Paris.
Des DU sont utiles pour se spécialiser : DU colo-procto, hépato-biliaire, chirurgie endocrinienne… Il faut en faire 1 ou 2 en moyenne, certains chefs de service en demande plus, c’est très variable.

M.M : Quels sont les points négatifs de ta spécialité ?

– Le temps de travail comme toutes les spécialités chirurgicales surement ; le fait de commencer à 7h45 au lieu de 9h par rapport aux spécialités médicales se fait sentir…
– La difficulté d’avoir nos repos de garde
– La difficulté d’obtenir un post-internat (clinicat ou assistanat) alors qu’il est indispensable pour finir sa formation et obtenir son diplôme.

M.M : Quels sont les différents modes d’exercice possible de ta spécialité ? Lequel privilégieras-tu ?

M.S-L : CHU, hôpitaux périphériques et cliniques. Je vais plutôt privilégier les hôpitaux périphériques ou les cliniques car le CHU sera bientôt réservé à ceux qui veulent une carrière universitaire.

 

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