Les coulisses des iECN : interview d’Alexis Khorrami (promo 2016)

 

M.M : Bonjour Alexis, tu as passé les premières iECN en juin 2016, que tu as réussies avec brio ! Merci  d’avoir accepté de répondre à quelques questions pour éclairer les externes qui s’y préparent actuellement.
 Comment l’arrivée des iECN a modifié ta manière d’apprendre/réviser tes cours ?

A.K : Bonjour Malik, merci pour cette interview, j’espère qu’elle sera profitable à un grand nombre d’étudiants. Les iECN représentent un projet désormais concret et qui a tenu la promesse d’épreuves plus diversifiées et plus nombreuses. Il est important d’apporter des précisions aux futurs candidats. En effet, au fur et à mesure de l’apprentissage, je me suis rendu compte que les questions d’anatomie, de physiopathologie et de sémiologie faisaient à nouveau leur apparition.

Pour chaque item, il a fallu creuser davantage, j’ai dû réouvrir mon livre de sémiologie que notre professeur en P2 nous avait conseillé de lire, j’ai dû feuilleter le Netter pour revoir l’anatomie, cela pour être sûr de pouvoir répondre à toute question que le PU-PH aura décidé de me poser dans son cas clinique progressif.
Je crois que je n’oublierai jamais ces questions précises qu’on nous a posées à l’iECN 2016 : la physiopathologie de la rétinopathie diabétique, l’anatomie des tendons fléchisseurs de la main, les germes présents dans la salive de chien dont « Capnocytophaga canimorsus » (!)

Les révisions ont été modifiées par ce nouveau format. Très vite, il a fallu se mettre en condition sur les plateformes informatiques, il ne s’agissait plus de connaître des listes de symptômes par coeur, il a fallu apprendre à raisonner, essayer de comprendre vers où le PU-PH voulait nous emmener… Avec l’entraînement, on arrive à développer une capacité à devancer les questions qu’on veut nous poser, la clé est de faire le plus de cas cliniques progressifs possibles.

M.M : Comment s’est déroulée l’épreuve de 120 questions isolées ?

A.K : L’épreuve a duré 3 heures, si on fait le calcul cela signifie qu’on dispose d’1min30 par question. En pratique, le jour J il ne s’agit pas d’une épreuve de vitesse, les questions ont été très diverses, et ont touché la plupart des matières jusque la méthodologie de la lecture critique d’articles. Il faut rester confiant durant cette épreuve, l’avantage est qu’il est possible de passer une question et de revenir dessus en cas de doute. Il faut se dire que forcément il y aura des questions qu’on aura jamais vues, et il va falloir essayer de raisonner autant que possible là-dessus.

Un point important : l’épreuve est longue, il faut veiller à ce que la concentration ne baisse pas, surtout sur la deuxième moitié des questions, restez attentifs ! Je repenserai toujours à cette question isolé n°104 dans laquelle il fallait cocher les propositions fausses au lieu des vraies… Je peux vous assurer que beaucoup ne m’ont pas cru en discutant après l’épreuve.

M.M Comment se sont déroulées les épreuves de cas cliniques (dossiers progressifs) ?

A.K : Il y avait 3 épreuves de 6 dossiers progressifs, chaque épreuve avait lieu l’après-midi, donc attention on essaie de marquer 70% de la note finale sur 3 jours de temps post-prandial.

Le pari d’une diversité des matières a été gagné, elles ont toutes fait l’objet de questions au cours des 18 dossiers. Il y a eu des sujets « classiques » comme l’hypertension artérielle, la contraception, le pneumothorax, la dermatite atopique et des questions plus pointues comme la surveillance d’un traitement par ciclosporine, la découverte d’un lupus chez un homme jeune avec altération de l’état général et adénopathies multiples, le neuroblastome…

Il est important de se dire que les meilleurs relecteurs d’une épreuve d’iECN sont les étudiants eux-mêmes, 8000 relecteurs vont forcément trouver des questions ambiguës, peu précises, menant au doute. Le message important est qu’il ne faut pas faire d’impasse au moment des révisions, toutes les matières, tous les items doivent avoir été approfondis pour le jour J.

M.M : Et qu’en était-il de l’épreuve de LCA ?

A.K : Nous avions 2 textes imprimés en français pour cette épreuve. Pour les années suivantes, je recommande aux externes de préparer leur épreuve de LCA dans les mêmes conditions que le jour J, en anglais, et sur support informatique si cette mesure est confirmée. Un article traite d’un essai contrôlé randomisé, le second d’une étude descriptive. Avec ce nouveau format il est important de connaître les principes de la méthodologie de la lecture critique d’articles. Il ne s’agit pas non plus d’une épreuve de vitesse, l’important est de faire une bonne première lecture de l’article avant de commencer à répondre aux questions, avec ce principe vous verrez que vous répondrez aux questions de manière plus fluide et vous saurez exactement où aller chercher la réponse dans le texte. Soyez rigoureux, lisez bien l’intitulé des propositions, si on vous demande l’objectif de l’article par exemple, vérifiez bien que l’intitulé de la proposition correspond exactement à l’objectif de l’article, les pièges sont tendus assez facilement…

M.M : Quels conseils pratiques peux-tu donner aux étudiants concernant les erreurs à ne pas commettre le jour J (gestion de la tablette, validation des réponses…) ?

A.K : Le jour J, pensez que vous serez pour la plupart assis sur les mêmes bancs que là où vous aurez passé vos partiels, vos examens blancs, les lieux vous seront alors familiers. La fatigue psychologique s’installe au fur et à mesure des épreuves, restez concentrés, on a tendance sur les deux derniers dossiers progressifs à passer plus rapidement les questions, alors regardez le temps écoulé sur votre tablette et pour les dossiers progressifs, consacrez une vraie demi-heure par dossier.

Sur vos tables avec vos tablettes vous aurez vos brouillons : utilisez-les, ils m’ont permis le jour J de faire le point sur les antécédents d’un patient, de mettre en rouge les contre-indications absolues, ils m’ont permis aussi de faire une « pré-validation »  de mes réponses, avant de valider les réponses sur ma tablette. J’écrivais les réponses que je voulais cocher sur mon brouillon, puis je les validais sur ma tablette. Cela me donnait une certaine assurance et une vraie conviction dans ma réflexion.

Le jour J, vous allez inévitablement faire des erreurs, et on s’en rend compte assez vite, le message est de garder son sang froid. J’ai le souvenir d’une question dans laquelle les effets secondaires possibles de l’hydroxychloroquine étaient demandés, la question suivante commençait par « tous les effets secondaires cités ci-dessus sont effectivement décrits », je n’avais coché que deux propositions… le calcul de points dans ma tête était fatal. Lorsque vous commettez une erreur, si votre diagnostic est erroné, dites-vous qu’on vous offre une deuxième chance, reprenez les éléments du dossier et repartez sur une nouvelle base, rien n’est perdu.
Je souhaite aux externes qui passent les prochaines iECN une bonne préparation et beaucoup de courage !

 

 

 

 

 

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