Laura Moyal, interne en ophtalmologie

M.M : Bonjour Laura, quelle spécialité as-tu choisi d’exercer et pour quelles raisons ?

L.M : J’ai choisi l’ophtalmologie à Paris pour plusieurs raisons. Ce n’était pas ma vocation initiale en commençant les études de médecine mais en réalité, c’est une spécialité complète qui présente de nombreux avantages. L’activité est à la fois médicale et chirurgicale. La chirurgie est fine et délicate. La consultation est très variée et de nombreuses pathologies entrent dans le cadre de maladies systémiques plus larges. A côté de ça, il y a aussi les lasers (du segment antérieur et postérieur), les angiographies, les injections intra-vitréennes (IVT)… Les horaires sont cools, il n’existe pas (ou peu) d’urgence vitale. L’activité en privé n’est pas réduite par rapport à l’activité hospitalière. Pour finir, cette spécialité permet de conjuguer un rythme de vie supportable avec une rémunération correcte.

M.M : Quelle est la maquette de ta spécialité ?

L.M : C’est une spécialité chirurgicale. Il y a donc 10 semestres d’internat. Dans la maquette, un stage hors filière en chirurgie et un stage hors filière en spécialité médicale (endocrinologie, médecine interne ou neurologie) sont requis. Pour les 8 autres, ophtalmo !

M.M : Pourrais-tu nous décrire ta journée type ?

L.M : C’est une activité assez variée ; du coup, il y a des demi-journées en consultation, d’autres au bloc, d’autres aux lasers, aux IVT, aux angiographies. La salle en ophtalmologie requiert un seul interne par semaine pour la visite. Au bloc, la plupart des chefs ont tendance à vite laisser l’interne opérer. Les gardes se font aux urgences ophtalmologiques. Les horaires sont plutôt cools par rapport à d’autres internes d’autres spécialités. Il faut être matinal (comme en chirurgie), à savoir 7 :30-8h pour les jours de bloc et leur lendemain (consultations post-opératoires) mais on finit tôt (17-18h en moyenne).

M.M : Pourrais-tu nous décrire le déroulement d’une garde ?

L.M : Les gardes se font uniquement aux urgences ophtalmologiques. A Paris intramuros, il existe 3 centres de garde 24h/24 (Les XV-XX, l’Hotel Dieu et la Fondation Rothschild). Du coup, on n’a pas beaucoup de gardes (3-4 par mois) mais on y voit tous les patients de Paris… L’interne est seul à la lampe à fente des urgences et il y a toujours un chef sur place pour les blocs et les cas difficiles. Le débit de patients est souvent très important ; pas mal de bobologie mais aussi, comme dans toute garde, beaucoup de cas intéressants et formateurs. Pas de nuits blanches (plutôt discontinues et parfois courtes) et repos de garde garanti.

M.M : Quel classement faut-il avoir pour espérer pouvoir choisir la spécialité que tu exerces ?

L.M : A Paris, en 2012, le dernier à avoir eu le poste était 412. Toutes villes confondues, la dernière place a été attribuée au 2835ème, à Brest.

M.M : Comment sont organisés les cours théoriques de ta spécialité ? Est-il nécessaire de s’inscrire à des DU (Diplômes Universitaires) ou DIU (Diplômes Inter-Universitaires), si oui quels sont les plus intéressants ?

L.M : Les cours théoriques sont très bien organisés. Ils sont répartis sur 4 années avec un examen de fin d’année de DES à chaque fois. Les cours ont lieu à raison de 3 séances par mois en moyenne (20 cours sur l’année scolaire) ; le mardi soir de 17h à 20h et le samedi de 9h à 17h. Il existe aussi des sessions de TP pratiques de chirurgie chez Alcon. Il existe pas mal de DU et DIU en fonction de la sous-spécialité vers laquelle on s’oriente : cornée, inflammation, rétine, glaucome, orbito-palpébral, neuro-ophtalmologie, réfractive, strabologie, pédiatrie… Dans l’ensemble ils sont tous bien dont certains avec des listes d’attente de plusieurs années… ! La validation finale repose sur un mémoire (publication d’un article en tant que premier auteur) et sur l’EBO (diplôme européen d’ophtalmologie).

M.M : Quels sont les points négatifs de ta spécialité ?

L.M : Il n’y en a pas ! Sauf si vous n’aimez pas la chirurgie ou, au contraire, si vous aimez la grosse chirurgie …

M.M : Quels sont les différents modes d’exercice possible de ta spécialité ? Lequel privilégieras-tu ?

Je ne sais pas encore si je privilégierais l’activité libérale ou hospitalo-universitaire. Beaucoup de praticiens concilient les deux ; en restant attaché à l’hôpital. Ça permet de consulter dans un cabinet privé en ville, d’opérer en privé en clinique et en même temps de garder des vacations de bloc, laser, angiographie, IVT à l’hôpital.  Même si tout reste possible en ville aussi.

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