Jérémy Maillet, interne en rhumatologie

M.M : Bonjour Jérémy, quelle spécialité as-tu choisi d’exercer et pour quelles raisons ?

J.M : J’ai choisi la rhumatologie. Plusieurs raisons à cela :

Tout d’abord parce que c’est une spécialité qui fait la part belle à la clinique. La sémiologie est la pierre angulaire du raisonnement en rhumatologie. Le contact avec le patient est un autre atout de cette spécialité.

C’est une spécialité variée :

Elle s’intéresse aussi bien à une partie mécanique comprenant la sciatique, l’arthrose… qu’à une partie systémique (versant médecine interne) des pathologies inflammatoire telles que la PR, la SPA, le lupus… En rhumatologie, on ne s’ennuie pas!

On a la possibilité de réaliser un certain nombre de gestes. Un rhumatologue « doit savoir mettre une aiguille dans toutes les articulations » : infiltrations, ponctions, gestes échoguidés.

Un grand choix d’exercice:

L’exercice peut se faire aussi bien en libéral qu’en milieu hospitalier. L’installation est facile et les patients ne manquent pas.

La rhumatologie est une spécialité en perpétuel mouvement. Une spécialité où il y a beaucoup d’investissement de la part de l’industrie pharmaceutique.

Après l’internat, grande facilité pour concilier grossesse et activité professionnelle hospitalière pour les femmes car spécialité sans garde.

M.M : Quelle est la maquette de ta spécialité ?

J.M : L’internant dure 4 ans.

La maquette du DES de rhumatologie est assez simple à valider. Il faut valider 4 semestres de rhumatologie, 2 semestres parmi les spécialités telles que la radiologie, la rééducation, la dermatologie, la médecine interne et 2 stages libres.

M.M : Pourrais-tu nous décrire ta journée type ?

J.M :

– Arrivée dans le service vers 9hoo.

– Visite en salle jusqu’à 12h30 environ.

– Repas : cafétéria de l’hôpital, restaurant du personnel ou salle de garde

– L’après midi on voit les entrées (les nouveaux patients à hospitaliser), on fait tous les gestes, les échographies. On voit les familles des patients…

Et on dicte les comptes rendus d’hospitalisation.

A tout ceci se greffent les staffs généralement 1 à 2 par semaine et les cours de formation.

M.M : Pourrais-tu nous décrire le déroulement d’une garde ?

J.M : Les gardes se font aux urgences de l’hôpital et débutent à 18h00. On voit les patients qui se présentent aux urgences. On fait nos observations, nos prescriptions et on débriefe le dossier avec le sénior de garde. On peut être appelé dans les étages pour voir des patients hospitalisés qui ont un problème aigu. On dort peu, au maximum 2h, souvent pas du tout.

La garde se termine à 9h00 le lendemain matin, on transmet les dossiers en cours à nos collègues des urgences.

M.M : Quel classement faut-il avoir pour espérer pouvoir choisir la spécialité que tu exerces ?

J.M : Tout dépend de la ville choisie. En règle générale, il faut être classé dans les 1500-2000 premiers.

Ca dépend des années, mais la rhumatologie est une spécialité qui séduit de plus en plus et donc les places se font plus chères…

M.M : Comment sont organisés les cours théoriques de ta spécialité ? Est-il nécessaire de s’inscrire à des DU (Diplômes Universitaires) ou DIU (Diplômes Inter-Universitaires), si oui quels sont les plus intéressants ?

J.M : Les cours théoriques sont organisés sous forme de séminaires, en règle général 8 par an. Ce sont des cours régionaux. Ils débutent vers 9h00 et se terminent vers 13h00.

Oui, je conseille de s’inscrire aux DIU, pour parfaire sa formation.

Parmi les plus intéressants, je citerais :

–      Le DIU du CRI (Club Rhumatismes et Inflammations) pour avoir des bases solides dans le traitement des maladies inflammatoires.

–      Le DIU d’échographie.

–      Le DIU d’interventionnel pour parfaire sa technique des gestes (infiltrations sous échographie)

–      Le DIU de médecine du sport.

M.M : Quels sont les points négatifs de ta spécialité ?

J.M : J’en vois peu 🙂

On va dire la partie mécanique (sciatique, arthrose…) qui n’est pas trop appréciée pour certains.

Un salaire moindre que dans d’autres spécialités.

M.M : Quels sont les différents modes d’exercice possibles de ta spécialité ? Lequel privilégieras-tu ?

J.M : Ils sont de 3 types:

–     Hospitalier : PH, PU-PH

–     Libéral en cabinet

–     Dans la recherche.

Pour ma part, je pense m’orienter vers un exercice libéral tout en gardant une consultation en milieu hospitalier. Plusieurs raisons à cela, je veux avoir ma liberté, pas de comptes à rendre. J’aime beaucoup le côté technique de la spécialité et avec la cotation à l’acte ce mode d’exercice est bien adapté. Je souhaite garder la consultation hospitalière pour pouvoir prescrire les biothérapies, garder un contact avec les structures universitaires pour rester dynamique et pouvoir discuter des dossiers qui posent problème avec d’autres confrères.

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Filed under A chacun sa spé, interview d'internes !

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