Iman Aouidad, interne en dermatologie

M.M : Bonjour Iman, quelle spécialité as-tu choisi d’exercer et pour quelles raisons ?

I.A : La dermatologie. J’ai choisi cette spécialité d’abord parce que j’ai eu un coup de cœur lors de mon stage d’externe en dermatologie et ensuite parce que c’est une spécialité très variée en termes de pathologies (pathologies inflammatoires,  cancéreuses, médecine esthétique qui permet de voir des gens en bonne santé de temps en temps…)

Enfin, j’ai été aussi attirée par les modalités d’exercice : possibilité de faire de l’hospitalier, du libéral et aussi de la chirurgie pour les intéressés (vacations de dermatologie chirurgicale)

M.M : Quelle est la maquette de ta spécialité ?

I.A : 8 semestres dont 4 ou 5 obligatoires dans des services de dermatologie ; les autres semestres sont « libres » avec des services recommandés (rhumatologie, médecine interne, maladies infectieuses, cancérologie, anatomopathologie…). Mais en théorie, le choix est libre. Un master 2 est fortement recommandé, ce qui rajoute une année supplémentaire.

M.M : Pourrais-tu nous décrire ta journée type ?

I.A : Actuellement, mes journées commencent en 8h30 et 9h. Je suis en hôpital de jour pour 3 mois, ce qui implique des matinées intenses où il faut voir la majorité des patients de l’hôpital de jour afin de les faire sortir tôt et des après-midi plus paisibles où je fais mes comptes-rendus. Habituellement, en hôpital de jour je sors entre 18h30 et 19h.

Le travail en salle, où sont hospitalisés les patients, est différent, on a une visite avec les chefs 2 fois par semaine, les autres jours, je fais ma propre visite avec les externes, on règle les problèmes, on demande les avis… L’après-midi, on voit les entrants, on  fait les comptes-rendus et la paperasserie. La fin de la journée est généralement plus tardive mais c’est variable.

M.M : Pourrais-tu nous décrire le déroulement d’une garde ?

I.A : Etant interne dans une spécialité où il n’y a pas de service de garde, je fais mes gardes aux urgences. En semaine, elles débutent à 18h30 et se termine le lendemain matin à 9h. Nous sommes 2 internes de garde par nuit. Le début de la nuit est souvent lourd, avec beaucoup de patients à voir sans interruption, et cela jusqu’à minuit généralement. Après, le rythme est plus léger. Les nuits calmes, on peut réussir à dormir quelques heures en se partageant la nuit.

Les gardes sont séniorisées, autrement dit on a toujours un chef à qui demander conseil si besoin. Le lendemain, c’est repos de garde obligatoire. En moyenne, j’ai 1 à 2 gardes par mois.

M.M : Quel classement faut-il avoir pour espérer pouvoir choisir la spécialité que tu exerces ?

I.A : C’est variable d’une année à l’autre. Il faut être dans les 700 premiers sur 8000 environ en moyenne pour la dermatologie à Paris.

M.M : Comment sont organisés les cours théoriques de ta spécialité ? Est-il nécessaire de s’inscrire à des DU (Diplômes Universitaires) ou DIU (Diplômes Inter-Universitaires), si oui quels sont les plus intéressants ?

I.A : Une journée de cours par mois (le samedi) organisée dans les différents services de dermatologie de Paris. Cours théoriques le matin et cas pratiques l’après-midi. Les diplômes ne sont pas obligatoires mais recommandés, ils peuvent être faits aussi bien pendant l’internat qu’après. Les plus intéressants en dermatologie sont ceux de dermatologie chirurgicale, qui permet de se former à la petite chirurgie utile en cabinet, de médecine esthétique et laser, de pathologies tropicales. Il y en a beaucoup d’autres.

M.M : Quels sont les points négatifs de ta spécialité ?

I.A : C’est une spécialité médicale, autrement dit il y a beaucoup de travail à l’hôpital mais aussi en dehors (mémoire, thèse, publications…). L’autre point négatif c’est le côté plus difficile à vivre de la cancérologie dermatologique (mélanome notamment). Mais c’est aussi ce qui rend cette spécialité aussi intéressante, on peut aussi bien voir des patients qui vont très bien et qui consultent pour des problèmes cosmétologiques que des patients en fin de vie. Enfin, le côté peu ragoutant de certaines pathologies peut être un problème pour certains…

M.M : Quels sont les différents modes d’exercice possibles de ta spécialité ? Lequel privilégieras-tu ?

I.A :  Plusieurs modalités :

– En hospitalier pour de la pratique de dermatologie médicale ou chirurgicale avec possibilité de se « sur-spécialiser » (cancérologie, pathologies du cuir chevelu, des peaux noires…) :

– En cabinet en libéral

– Et le plus intéressant je pense : un peu des deux.

– Sans compter la possibilité de travailler au sein d’entreprises pharmaceutiques voire cosmétologiques, pour ceux que ça intéresse.

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