Hippocrate de Thomas Lilti, chronique de la vie quotidienne d’un interne en médecine…

Hippocrate le film

C’est le film qui anime bon nombre de conversations entre médecins depuis cette semaine, on y suit les premiers pas – difficiles – de Benjamin (interprété avec justesse par Vincent Lacoste), interne en médecine en 1er semestre qui commence dans un service de médecine interne dirigé par son père…

Cette plongée, assez réaliste, dans le monde hospitalier fait tout à fait écho à ce que l’on vit en tant qu’interne en CHU : le classique de début de semestre avec la blouse trop grande/trop « sale », l’ambiance particulière de la salle de garde entre carabins avec ses règles immuables, la chambre de garde peu attrayante mais à laquelle on finit par s’habituer…

Ces détails permettent d’ancrer le récit dans la pratique médicale quotidienne et la description de la « vie » d’un interne est plutôt réussie même si certains sont – un peu – caricaturaux…

Ceux qui ne connaissent pas (encore) les dessous de l’internat et pour ceux qui choisissent leur spécialité en ce moment, ne prenez pas peur, en pratique c’est bien pire que ce que le film vous dévoile 🙂

Les « non médecins » pourront y découvrir nos moments de doutes, nos petits plaisirs du quotidien (déjeuners en salle de garde où on relâche la pression), nos moments de solitude, de remise en question perpétuelle et les vertus du compagnonnage basé dans le film sur la relation entre Benjamin le jeune interne et Abdel le FFI Algérien bien plus expérimenté et interprété par Reda Kateb.

Les doutes du jeune Benjamin font écho à ceux que l’on a eu pendant notre externat et biensur pendant nos – longues- années d’internat : suis-je vraiment fait pour ce métier ? Est-ce que je reste un bon médecin malgré mes – quelques et/ou grosses– « erreurs ».
Cette immersion dans notre quotidien hospitalier permet aussi de mettre un coup de projecteur sur la situation des FFI dans nos hôpitaux : précarité, défaut de considération, moindre rémunération, « soumission » aux évaluations de stage des PUPH pour obtenir de bonnes appréciations afin d’exercer – un jour – leur métier en France.

Le réalisateur Thomas Lilti, médecin de formation, a pris le soin d’inscrire son film dans un contexte économico-politique qui nous parle à tous : le déficit chronique de moyens humains et financiers à l’hôpital avec leur répercussion sur la prise en charge de nos patients (délai d’attente, examens non réalisés faute d’équipement, relations entre personnels médicaux et para-médicaux…)

Tout de même quelques réserves…

Malgré tout, quelques clichés appauvrissent le message délivré par le film, le « fils à papa » qui débarque dans le service tenu par son père : c’est gros et non réaliste car en pratique les internes dans cette situation (rare) évitent cette « confrontation familiale ».
Et il est important de rappeler que la plupart des internes en médecine ne sont pas nécessairement des « fils de bourges »…
Le scénario est ainsi ponctué d’idées reçues : les médecins se couvrent les uns les autres, les patients sont toujours les derniers informés, la volonté des familles n’est pas respectée, la gestion technocratique de l’hôpital public nuit à sa survie…

Et sinon, qu’en avez-vous pensé ? Quelles sont vos impressions ?

 

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