Héléna Mosbah, interne en endocrinologie

M.M : Bonjour Héléna, quelle spécialité as-tu choisi d’exercer et pour quelles raisons ?

H.M : J’ai choisi d’exercer l’Endocrinologie-Diabétologie car dès les premières années de médecine, ce sont l’hormonologie, le métabolisme et le raisonnement propre à la maladie endocrinienne qui m’ont beaucoup plu. Par ailleurs, j’aime beaucoup la dimension très clinique de cette spécialité. C’est aussi une spécialité très polyvalente (diabète, thyroïde, hypophyse, surrénales, reproduction, métabolisme phospho-calcique, nutrition…) et qui implique vraiment la connaissance de la physiopathologie. Enfin et comme souvent, les rencontres que l’on fait au fil des stages d’externat sont déterminantes et elles l’ont été pour moi !

M.M : Quelle est la maquette de ta spécialité ?

H.M : La formation dure 4 ans, donc 8 semestres.

La maquette est la suivante :

– 4 semestres dans des services agréés pour le D.E.S. d’endocrinologie et métabolismes.

– 1 semestre dans un service agréé pour le diplôme d’études spécialisées de cardiologie et maladies vasculaires, de gynécologie-obstétrique et gynécologie médicale, de médecine nucléaire, de neurologie, de néphrologie ou de pédiatrie (à orientation endocrinologique), ou dans un laboratoire d’explorations fonctionnelles agréé pour le D.E.S. d’endocrinologie et métabolismes.

– 3 semestres dans des services agréés pour d’autres D.E.S. ou pour des D.E.S.C

Elle a l’avantage d’être ouverte puisque seuls 4 semestres doivent être faits dans des services d’endocrinologie-diabétologie stricto sensu. Cela permet de découvrir la médecine nucléaire pour les pathologies thyroïdiennes, la gynécologie et les maladies de la reproduction, l’endocrino-pédiatrie, la nutrition… Cela offre la possibilité d’une formation diversifiée.

M.M : Pourrais-tu nous décrire ta journée type ?

H.M : Dans un service d’endocrinologie-diabétologie comme souvent dans les services de médecine, la journée commence vers 9h par les transmissions avec les infirmières puis par la visite de ses patients. On prépare les papiers (ordonnances, organisation du suivi,…) pour les patients qui sortent. On interroge, examine ses patients avec les externes. En général, il y a environ 2 visites séniorisées par semaine (chef de clinique et professorale) où les externes et internes présentent les observations médicales de leurs patients.
L’après-midi, les internes voient les patients qui entrent en hospitalisation. En fin d’après-midi, il y a une contre-visite avec les chefs de clinique qui est un moment où on discute des patients entrants (modifications thérapeutiques, examens à réaliser,…).
L’heure de départ est très variable selon la charge de travail (cela peut aller de 18h30 à 20h…). L’après-midi est également le moment où on rédige les comptes rendus d’hospitalisation des patients. En endocrinologie, la semaine est en général rythmée par de nombreux staffs pluridisciplinaires où l’on discute des dossiers compliqués avec les radiologues, les chirurgiens… Des séminaires sont aussi organisés avec des intervenants extérieurs.

M.M : Pourrais-tu nous décrire le déroulement d’une garde ?

H.M : En Endocrinologie, les internes font leurs gardes aux Urgences du CHU dans lequel ils font leur stage. Début vers 18h-18h30 et fin le lendemain matin vers 8h30. Le repos de garde est respecté. Il y a environ 2 gardes par mois.

M.M : Quel classement faut-il avoir pour espérer pouvoir choisir la spécialité que tu exerces ?

H.M : En 2014, il y avait 79 postes pour toute la France.

A Paris, le dernier interne qui a eu la spécialité était 2463ème (en 2013 : 1630)

Sur la France, le dernier était 4796ème (en 2013 : 4559)

M.M : Comment sont organisés les cours théoriques de ta spécialité ? Est-il nécessaire de s’inscrire à des DU (Diplômes Universitaires) ou DIU (Diplômes Inter-Universitaires), si oui quels sont les plus intéressants ?

H.M : En Ile de France, les cours de DES sont organisés en plusieurs modules (pathologie hypothalamo-hypophysaire, nutrition, métabolisme phospho-calcique, diabétologie,…). Les cours ont lieu le Samedi (environ 1 samedi par mois-variable selon les modules). Pour chaque cours, l’interne fait une présentation initiale de 15 minutes suivie d’une présentation faite par le sénior.

En Province, selon les régions, des cours sont organisés en inter-régions. Il existe également des journées nationales qui sont organisées en Janvier pour tous les internes et qui ont une grande valeur pédagogique.

En ce qui concerne les DIU, voici le lien les listant : http://www.sfendocrino.org/article/14/diu-pour-les-endocrinologues-mdash-diabetologues-liste-et-liens

L’intérêt de chaque DIU dépend de l’orientation de l’interne. Si on souhaite s’orienter sur la pathologie thyroïdienne, il est indispensable de faire le DU d’échographie thyroïdienne. Après, si on est intéressés par l’endocrino-pédiatrie, plusieurs DIU sont proposés. Il existe aussi des DIU plutôt orientés sur l’endocrino-gynécologie.

M.M : Quels sont les points négatifs de ta spécialité ?

H.M : Pas de points négatifs ! Bon, il faut pour sûr s’intéresser au diabète car même si la spécialité est très polyvalente, le diabète reste la pathologie la plus fréquente et très prépondérante dans notre spécialité quel que soit le mode d’exercice. Les consultations prennent du temps car l’éducation thérapeutique en prend mais c’est aussi un point fort de cette spécialité …

M.M : Quels sont les différents modes d’exercice possible de ta spécialité ? Lequel privilégieras-tu ?

H.M : Il existe plusieurs modes d’exercice :

– Hospitalier : Après l’internat, on peut s’orienter vers un clinicat ou un assistanat. Puis, on peut devenir praticien hospitalier. La carrière hospitalo-universitaire est également une possibilité permettant de compléter son exercice clinique par une activité de recherche et d’enseignement.

– Libéral : S’installer en cabinet seul ou à plusieurs, ou en clinique. La diabétologie est le plus souvent très présente en consultation libérale mais on voit également de la pathologie thyroïdienne, des pathologies nutritionnelles, des maladies de la reproduction,….

– Mixte : praticien attaché (activité hospitalière de consultation,… associée à une activité libérale)

Pour ma part, je ne suis pas encore bien décidée sur le mode d’exercice que je souhaite choisir bien que l’univers hospitalier me passionne !

 

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