Externe en médecine et étudiant chercheur ? C’est possible ! Interview de Louis Jacob

M.M : Bonjour Louis, ton parcours est assez atypique pour un externe en médecine. Tu es diplômé de l’Ecole Normale Supérieure de Lyon, tu es passionné de recherche et tu prépares actuellement les iECN. Comment gères-tu tous ces projets de front ?

L.J : Je travaille beaucoup. À la faculté de médecine de Paris Descartes, les stages ont lieu le matin. L’après-midi est réservée aux cours. J’essaie donc de faire de la recherche le soir ! Comme il s’agit de biostatistiques, je n’ai qu’à utiliser mon ordinateur portable. Je profite également du week-end pour lire les articles scientifiques qui viennent de sortir.

M.M : Qu’est-ce qui t’a poussé à t’inscrire à l’Ecole Normale avant de débuter ton externat ?

L.J : En début de deuxième année de médecine, j’ai voulu approfondir les connaissances scientifiques apprises pendant la PACES que j’ai effectuée à Marseille. En fouillant un peu sur internet, j’ai découvert l’existence du second concours des Écoles Normales Supérieures de Paris et de Lyon qui permet de réaliser un double cursus médecine-science précoce.
J’ai tout de suite été très intéressé ! Avec beaucoup de travail et de chance, j’ai réussi à intégrer l’ENS de Lyon. L’année suivante, j’ai effectué en parallèle de ma troisième année de médecine une licence de biologie fondamentale. En concertation avec l’école, j’ai ensuite interrompu mes études médicales pour valider le M1 et le M2 de l’ENS. C’est dans ce cadre que je suis allé chez le professeur Emmanuel Mignot à l’université de Stanford où j’ai travaillé sur la narcolepsie…
En M2, j’ai intégré une équipe du CNRS qui étudie la maladie de Huntington. Mais, très vite, j’ai compris que la « paillasse » n’était pas faite pour moi et que je préférais de loin les biostatistiques et la bioinformatique. En parallèle du M2, j’ai alors décidé de valider le CESAM, un DIU de statistiques et d’épidémiologie.

M.M : Tu as écris un ebook (« How to write a good scientific article ? ») pour aider tes confrères à publier leurs articles. L’idée s’est imposée après des déconvenues concernant tes premières publications ?

L.J : Tu as tout à fait raison. Publier est un processus devenu long et fastidieux. Aujourd’hui, il faut parfois attendre plus d’un an avant de voir son manuscrit paraître. Plusieurs de mes articles ont été refusés parce que je n’avais pas suffisamment travaillé la forme du texte. J’ai donc compris à mes dépens qu’il est important de respecter un certain nombre de règles. J’ai voulu faire part de ma petite expérience dans cet ebook. Bien évidemment, ces conseils, qui sont très orientés épidémiologie, n’engagent que moi !

M.M : Quelle spécialité envisages-tu d’exercer après l’ECN ?

L.J : Je ne sais pas très bien encore… Je garde dans un coin de ma tête la santé publique ainsi que la biologie médicale. La santé publique serait un choix cohérent dans la mesure où je fais énormément d’épidémiologie. Mais la biologie médicale me plaît également. Mon père, qui exerce dans le sud de la France, m’a amené à de nombreuses reprises quand j’étais petit dans le laboratoire où il travaille. Ce sont ces visites dominicales qui ont fait naître en moi l’intérêt que je porte aujourd’hui à cette discipline.

M.M : Quelles sont les thématiques de recherche que tu affectionnes particulièrement ?

L.J : Essentiellement l’épidémiologie. Pour être plus précis, la cancérologie. Je suis en train de terminer ma thèse de science à l’Université de Marbourg, en Allemagne. Elle porte sur le cancer du sein, son association avec d’autres maladies chroniques (notamment la dépression) ainsi que son traitement. Pour ceux qui sont intéressés, les articles (ou du moins les résumés) sont disponibles sur PubMed et ResearchGate.

M.M : Souhaites-tu te lancer dans une carrière hospitalo-universitaire ?

L.J : C’est encore trop tôt pour le dire… Je préfère garder l’esprit ouvert. On verra dans quelques années. Ce qui est certain, c’est que je souhaite continuer à faire de la science !

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