Comment interpréter une radiographie thoracique (partie 1)

– Vérifiez qu’il s’agit bien de votre patient (nom et date)

– Vérifiez que le cliché est bien réalisé debout et de face : présence de la poche à air gastrique sous la coupole diaphragmatique gauche. En effet, en cas de cliché réalisé au lit, la silhouette cardiomédiastinale n’est pas interprétable ; le patient est « tassé » donc on peut conclure à tort à une cardiomégalie.

-Vérifiez les critères classiques de qualité de la radiographie : inspiration profonde (> 6 arcs costaux antérieurs visibles), bien centrée (symétrie des clavicules par rapport aux épineuses bien alignées), bonne pénétration des rayons X (cliché ni trop « blanc » ni trop « noir », visibilité de la trame vasculaire jusqu’à 1,5 cm de la périphérie du poumon)

– Adoptez une véritable check-list pour être systématiques dans votre interprétation et ne rien rater :

Culs de sacs pleuraux : libres, émoussement, épanchement pleural (ligne bordante axillaire de Damoiseau)

Silhouette cardiomédiastinale : cardiomégalie (index cardiothoracique > 0,5 : diamètre transversal du cœur/diamètre transversal thoracique), élargissement médiastinal (adénopathie, masse)

Hiles pulmonaires : hile droit toujours plus bas situé que le hile gauche, dilatés (embolie pulmonaire, obstruction artère pulmonaire), opacités alvéolointerstitielles (OAP)

Parenchyme pulmonaire : syndrome alvéolaire (PFLA), syndrome interstitiel (PID), syndrome bronchique (DDB, fibrose pulmonaire), syndrome de masse (topographie, limites spinculées ou régulières, excavé, adénopathies associées…)

Cadre osseux : côtes (lyse osseuse suspecte, fracture), clavicules (fractures), têtes humérales (omarthrose, fracture), rachis.

Coupoles diaphragmatiques : surélévation, aplatissement (signe de distension thoracique), pneumopéritoine (croissant aérique sous-diaphragmatique).

– Bien connaître le signe de la silhouette :

Deux opacités situées dans le même plan ont leurs bords qui se confondent : une PFLA du lobe moyen efface le bord droit du cœur, une PFLA de la lingula efface le bord gauche du cœur.

Dans la 2ème partie, on se focalisera sur les différents syndromes radiologiques à connaître pour l’ECN : bronchique, interstitiel, alvéolaire, pneumothorax, pleurésie… pour être au top en radio standard !

Radiographie thoracique de face

Radiographie thoracique de face

 

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2 Comments

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2 Responses to Comment interpréter une radiographie thoracique (partie 1)

  1. Clem

    tant qu’on en est à parler de radio et parce que je suis plutôt à 8 dans l’ echelle du desespoir, quelqu’un aurait un poly, un bouquin, un site internet sur la radio? (histoire de ma vie , en gros : je suis en erasmus en Pologne et vu que la psychologie et moi ça fait 2, j’ai décidé de prendre radio SAUF que pas de support de cours du coup si quelqu’un veut « sauver une vie » il/elle est le bienvenu. ^^) bon courage à tous !!

    • Malik Moustarhfir

      Salut Clement, pas de panique ! Il existe un certain nombre de supports de cours théoriques et des cas pratiques : pour les cours le polycopié des enseignants de radiologie du CERF est très bien fait et permet d’avoir de bonnes bases, pour la pratique tu pourras trouver des cas cliniques chez la plupart des éditeurs médicaux (VG, Ellipses, Pradel, Vigot Maloine…) Si çà t’intéresse, jette un coup d’oeil à ceux que j’ai eu le plaisir d’écrire : Imagerie aux ECN (VG) et Radiologie pole locomoteur… A bientôt

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