Christelle Agache, interne en médecine générale

M.M : Bonjour Christelle, quelle spécialité as-tu choisi d’exercer et pour quelles raisons ?

C.A : J’ai choisi la médecine générale, c’est une spécialité permettant de traiter un grand nombre de pathologies (de la psychiatrie à la cardiologie en passant par la rhumatologie) et d’avoir un contact particulier avec le patient que l’on peut suivre sur le long terme et ainsi créer un lien privilégié.

M.M : Quelle est la maquette de ta spécialité ?

C.A : Le DES de médecine générale s’étend sur 3 ans. Il faut réaliser un semestre de médecine d’adulte (médecine interne, médecine polyvalente ou gériatrie), un semestre dans un service d’urgences, un semestre de gynécologie ou de pédiatrie (pôle mère-enfant), un semestre chez le praticien en cabinet de ville et deux semestres libres (endocrinologie, rhumatologie, pneumologie, gastro-entérologie…)

M.M : Pourrais-tu nous décrire ta journée type ?

C.A : Pour mon stage en médecine interne : arrivée dans le service vers 9h, transmissions avec l’équipe paramédicale (événements survenus la nuit précédente) puis visite (examen clinique quotidien et gestion des patients sortants), réalisation des prescriptions médicamenteuses et demande d’examens complémentaires.

L’après-midi le travail consiste à accueillir les nouveaux patients hospitalisés dans le service et à s’entretenir avec les familles. De nombreux staffs ont lieu avec des médecins d’autres spécialités afin de discuter de dossiers complexes.

Au cours de la journée, il faut trouver le temps de dicter les comptes rendus d’hospitalisation des patients sortis.

M.M : Pourrais-tu nous décrire le déroulement d’une garde ?

Les gardes se font dans le service des urgences. Elles débutent à 18h-18h30 la semaine et se terminent le lendemain matin vers 8h30 après les transmissions à l’équipe de jour. Le dimanche la garde commence à 8h30 et se termine le lundi matin.

Durant la garde, on prend en charge tous les patients qui arrivent aux urgences : après discussion avec le sénior de garde (médecin thésé urgentiste), certains sont hospitalisés d’autres sortent avec une prescription adaptée au motif de consultation.

M.M : Quel classement faut-il avoir pour espérer pouvoir choisir la spécialité que tu exerces ?

C.A : Environ 50% de la promotion d’externes en 6è année exercera la médecine générale. Il n’y a pas de classement limitant l’accès à cette spécialité, cependant être dans les 4000 premiers sur 8000 permet de choisir la ville d’exercice et d’avoir de bons stages dès le début de l’internat.

M.M : Comment sont organisés les cours théoriques de ta spécialité ? Est-il nécessaire de s’inscrire à des DU (Diplômes Universitaires) ou DIU (Diplômes Inter-Universitaires), si oui quels sont les plus intéressants ?

C.A : A Paris, les cours sont propres à chaque faculté de médecine, ils sont dispensés régulièrement à raison d’une journée complète de cours par mois ou de 2 demi-journées par mois selon les facultés. Ils abordent l’ensemble des pathologies pouvant être rencontrées en pratique clinique quotidienne.

Aucun DU ou DIU n’est obligatoire, la liste est très longue : le choix se fait en fonction de l’orientation que l’on veut donner à ses consultations futures au cabinet. Parmi les plus choisis, il y a ceux concernant la médecine du sport, la gynécologie et la nutrition.

M.M : Quels sont les points négatifs de ta spécialité ?

C.A : Au sein de la maquette, le gros point noir est le stage obligatoire aux urgences qui demande une implication physique et psychique très importante.

Par rapport à la consultation d’autres spécialistes (la médecine générale est considérée comme une spécialité médicale depuis une dizaine d’années), celle des généralistes est sous-évaluée et conduit certains à voir un nombre très important de patient au cours de la journée pour maintenir leur rémunération.

M.M : Quels sont les différents modes d’exercice possibles de ta spécialité ? Lequel privilégieras-tu ?

C.A : L’exercice en cabinet libéral, seul ou en association avec d’autres médecins généralistes ou spécialistes (rhumatologue, cardiologue…) ou paramédicaux (kinésithérapeute, orthophoniste…) est le mode d’exercice privilégié car il offre une grande liberté d’organisation de son emploi du temps.

Certains médecins généralistes poursuivent une carrière hospitalière au sein d’établissements publics dans des services de médecine polyvalente.

Le médecin généraliste peut également être salarié de centres de santé et d’ailleurs de plus en plus d’internes optent pour ce mode d’exercice.

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