Charles Dariane, interne en urologie

M.M : Quelle spécialité as-tu choisi d’exercer et pour quelles raisons ?

C.D : L’urologie en raison de sa diversité des pathologies traitées (cancérologie, lithiase, transplantation rénale, incontinence, infertilité, troubles mictionnels…) et de son côté médico-chirurgical avec une partie médicale importante (consultation, fibroscopie vésicale, biopsies de prostate, bilan uro dynamique, prescription médicamenteuse des troubles mictionnels et de cancérologie, comme l’hormonothérapie). Enfin sur le plan chirurgical l’activité est variée (chirurgie ouverte, coelioscopique, développement de la robotique, endoscopie…).

M.M : Quelle est la maquette de ta spécialité ?

C.D : Un DES de chirurgie générale (5 ans) avec un DESC d’urologie que l’on débute en 3ème année. La maquette nécessite donc :

– 2 semestres de chirurgie digestive
– 1 semestre de chirurgie vasculaire
– 4-5 semestres de chirurgie urologique
– Optionnels : chirurgie pédiatrique, orthopédique, gynécologique et également la possibilité de réaliser hors-filière un semestre d’oncologie médicale

M.M : Pourrais-tu nous décrire ta journée type ?

C.D : Différentes journées possibles pour l’interne d’urologie :

– Au bloc : 3-4 interventions en général de la néphrectomie, prostatectomie, cystectomie à l’endoscopie (résection d’adénome de prostate, de tumeur de vessie, pose de sonde JJ) ou de traitement des calculs par urétéroscopie, voire le traitement de l’incontinence par bandelettes sous-urétrales ou sphincter urinaire artificiel

– En consultation d’interne avec des patients adressés de ville ou des urgences pour troubles du bas appareil urinaire, lithiase, hématurie etc… avec souvent une activité de fibroscopie et biopsies de prostate

– De salle : visite des patients le matin, prescriptions des bilans, compte rendus de sortie d’hospitalisation, et contre-visite du soir

– D’urgence : avis dans les services ou aux urgences pour des douleurs lombaires de coliques néphrétiques, des rétentions d’urines, des hématuries caillotantes, des douleurs testiculaires

– D’astreinte greffe : avec des appels pour transplantation rénale et/ou prélèvements multi-organes

M.M : Pourrais-tu nous décrire le déroulement d’une garde ?

C.D : Présence de l’interne sur place en cas de garde ou au domicile, joignable en cas d’astreinte. L’activité d’urgences urologiques est constituée des douleurs lombaires de coliques néphrétiques, des rétentions d’urines, des hématuries caillotantes, des douleurs testiculaires avec des explorations scrotales, des poses de sonde JJ ou des gestes gérés par l’interne seul (sonde vésicale, KT sus pubien, antalgiques etc…)
En cas d’astreinte de greffe, l’interne peut être appelé pour une transplantation rénale et/ou prélèvements multi-organes

M.M : Quel classement faut-il avoir pour espérer pouvoir choisir la spécialité que tu exerces ?

C.D : La chirurgie générale et particulièrement l’urologie nécessite d’être dans la première moitié du classement sur la France et probablement dans les 1500-2000 premiers en Ile de France, mais ceci est variable d’une année sur l’autre.

M.M : Comment sont organisés les cours théoriques de ta spécialité ? Est-il nécessaire de s’inscrire à des DU (Diplômes Universitaires) ou DIU (Diplômes Inter-Universitaires), si oui quels sont les plus intéressants ?

C.D : Il existe des cours de DESC 2h tous les 2 mois le soir a 19h en Ile de France et entre inter-régions pour le reste de la France.
Il est conseillé voire obligatoire de s’inscrire en DU d’anatomie en 1ère année et recommandé d’avoir un DU d’urodynamique.
Enfin il nous est souvent proposé de s’inscrire en DESC d’andrologie voire de cancérologie pour les internes intéressés par une double maquette onco-urologique.

M.M : Quels sont les points négatifs de ta spécialité ?

C.D : Les listes de gardes et d’astreintes sont souvent des listes indépendantes, ce qui fait que l’interne d’urologie est souvent de garde ou d’astreinte transplantation.

L’activité administrative en salle est souvent lourde et la partie médicale de la gestion des malades hospitalisés prend également du temps.

M.M : Quels sont les différents modes d’exercice possible de ta spécialité ? Lequel privilégieras-tu ?

C.D : 3 principaux : hospitalo-universitaire, praticien hospitalier à l’hôpital public ou exercice en clinique privée.

 

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1 Comment

Filed under A chacun sa spé, interview d'internes !

One Response to Charles Dariane, interne en urologie

  1. Bonjour,

    Mes années d’internat sont un peu loin, mais il est vrai que l’urologie est une spécialité très variée. Selon ses goûts, il est possible soit de rester dans une activité d’urologie très générale, soit de se sous-spécialiser (cancérologie, incontinence et prolapsus, urologie infantile, andrologie, etc.). Dans tous les cas, une bonne formation de chirurgie digestive et vasculaire est très utile.

    Il va sans dire qu’il est nécessaire de s’initier très tôt à la cœliochirurgie, tous les centres ne disposant pas de robots.
    Vous évoquez l’activité administrative qui est lourde. Malheureusement, cela ne s’arrangera pas même lorsque vous serez senior. Et en privé, c’est devenu très lourd. Un conseil, soyez à l’aise avec l’informatique, ce qui vous permettra de gagner du temps.

    Bon courage !

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