Caroline Lemaitre, interne en hépato-gastro-entérologie

M.M : Bonjour Caroline, quelle spécialité as-tu choisi d’exercer et pour quelles raisons ?

C. L : Hépato-gastro-entérologie. C’est une discipline très variée : oncologie, réanimation (hémorragie digestive, réanimation hépatique), nutrition, médecine interne et technique (échographie, endoscopie, CPRE, écho-endoscopie, proctologie).
Cela me permettait de choisir quelque chose de vaste où forcément un créneau me conviendrait.
J’avais fait un stage d’externe en hépato-gastro qui m’avait beaucoup plu, également par les nombreux liens avec les autres disciplines (réa, radiologues, chirurgiens, anapath)

M.M : Quelle est la maquette de ta spécialité ?

C.L : 4 semestres de gastroentérologie, dont 3 en CHU (CHU d’origine ou interCHU)

Si DESC d’oncologie : 1 semestre d’oncologie médicale (certains services de gastro sont validants pour l’oncologie médicale et un semestre de radiothérapie)

C’est donc peu exigeant, ce qui laisse la possibilité de faire plus de semestres de gastro, ou de passer en radiologie, réanimation, médecine interne, maladies infectieuses… (4 semestres libres) pour un total de 8 semestres.

M.M : Pourrais-tu nous décrire ta journée type ?

C. L :

Très variable en fonction du lieu de stage. En général, arrivée à 8h30. Staff avec médecins séniors, internes et infirmières pour faire le point sur les patients.
Visite avec les externes, éventuellement un senior en fonction du jour de la semaine.
Gestion des urgences, prescriptions des traitements et examens complémentaires.

Repas.

L’après midi sert à accueillir les nouveaux entrants, gérer les problèmes des patients moins urgents (demandes d’avis spécialisés, examens complémentaires, rencontre avec la famille, demande de convalescence).
Eventuels staffs : bibliographie, RCP, staff d’hépatologie
Si possible un cours de 30 minutes aux externes sur un sujet

Contre-visite avec le senior vers 18h-18h30
Puis finalisation des problèmes, comptes rendus de sortie…
Sortie vers 19h30 en moyenne

M.M : Pourrais-tu nous décrire le déroulement d’une garde ?

C.L :

Début officiel de la garde de gastro-entérologie vers 18h30. Quinze minutes avant, je vais récupérer le bip au senior, qui me fait le point sur les patients qu’il a vu, qu’il n’a pas vu et qu’il faut aller voir aux urgences. On fait également le point sur les patients qui posent problèmes et qui sont à domicile. Et sur les lits restants dans notre service !

A 18h30, je passe dans toutes les unités pour checker : les entrants à voir, les problèmes actuels et les problèmes possibles pour la nuit. Moment plus long aux soins intensifs gastro.
Puis, gestion des patients de toutes les unités de gastro, y compris des soins intensifs, des avis gastro aux urgences et des urgences endoscopie.
Tout est géré par l’interne, qui peut appeler le senior d’astreinte pour un avis.
En cas d’endoscopie, l’interne la réalise en présence du senior.

M.M : Quel classement faut-il avoir pour espérer pouvoir choisir la spécialité que tu exerces ?

C.L :

Actuellement, et en comprenant toutes les villes, au-dessus de 3000.

M.M :Comment sont organisés les cours théoriques de ta spécialité ? Est-il nécessaire de s’inscrire à des DU (Diplômes Universitaires) ou DIU (Diplômes Inter-Universitaires), si oui quels sont les plus intéressants ?

C.L :

Les cours théoriques sont essentiellement les séances de bibliographie (2h par semaine), réalisés par les internes en présence des PUPH. Egalement, deux jours de formation de DES tous les six mois, en inter-région.
Les DU/DIU ne sont pas obligatoires. Certains sont purement théoriques : MICI, réanimation hépatique, physiologie digestive. Il peut être intéressant de récupérer les cours.

D’autres sont pratiques et donc très vivement conseillés. Il est difficile de tous les faire, pour une raison de temps et de financement. Il faut donc avoir rapidement une idée de son type d’exercice futur et ensuite choisir ce qu’il faut privilégier. Par exemple : proctologie est vivement conseillée en cas d’exercice libéral futur. Ensuite il y a : échographie, écho-endoscopie et CPRE. Les deux derniers ne se font que lors du post-internat.

M.M : Quels sont les points négatifs de ta spécialité ?

C. L : Il y en a très peu, je trouve. Le principal est la place prépondérante que prend l’oncologie digestive. Cela dépend biensûr des centres car certains ont un hôpital dédié à l’oncologie. L’onco dig ne fait donc plus partie de la gastro. Mais dans la majorité des centres, y compris CHU, CHG ou clinique, l’oncologie prédomine.

Ce qui peut être vu comme négatif, mais qui à mon sens ne l’est pas, c’est la grande part d’urgence et de réanimation. Et donc, un grand nombre de gardes, seule. Certains internes n’aiment pas.

M.M : Quels sont les différents modes d’exercice possible de ta spécialité ? Lequel privilégieras-tu ?

C.L :

Le CHU, avec différentes orientations : endoscopie interventionnelle, hépatologie, soins intensifs, MICI, nutrition, oncologie, physiologie digestive, addictologie.
Les CHG qui permettent de tout coupler à la fois.
Et bien sûr, l’exercice libéral qui est de deux types : cabinet seul, avec une part d’activité d’endoscopie dans une clinique ou cabinet et endoscopie dans la même clinique.

En libéral, le gros du travail est l’endoscopie interventionnelle, la proctologie et les consultations générales.
Je m’oriente vers un cursus hospitalier au CHU, d’hépatologie et de soins intensifs, pour lequel je fais actuellement le DESC de Réanimation.

 

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