Bertrand Bresson, interne en radiologie

M.M : Bonjour Bertrand, quelle spécialité as-tu choisi d’exercer et pour quelles raisons ?

B.B : Radiologie à Paris pour plusieurs raisons : importance d’une démarche intellectuelle diagnostique devenue presque indispensable à la pratique médicale actuelle, possibilité d’exercer de l’imagerie multimodale hospitalière ou libérale : échographique, scannographique, radiologique standard ou IRM avec une part de plus en plus importante de l’activité interventionnelle thérapeutique et diagnostique. C’est aussi une spécialité conjuguant un rythme de vie supportable et une rémunération très raisonnable dans de bonnes conditions de travail. Et surtout parce que c’est la seule spécialité où je n’ai pas rencontré de médecin regrettant son choix.

M.M : Quelle est la maquette de ta spécialité ?

B.B : DES de radiologie validé en 10 semestres, 8 passés en radiologie, 2 hors radiologie et au moins un hors CHU et un en radiopédiatrie. A paris, il faut aussi compter sur la validation d’épreuves théoriques fondamentales sanctionnées par un examen écrit et 9 modules théoriques orientés (par organes, urgence, technique et recherche).

La validation finale se fait par l’intermédiaire de la publication d’un article en premier auteur en guise de doctorat.

M.M : Pourrais-tu nous décrire ta journée type ?

B.B : Début de la journée à 8h ou 8h30. Fin de la journée entre 18H30 et 20H30. Comptez une demi-journée de « formation » (entendez par là, demi-journée de repos) par semaine. On débute parfois par un cours théorique de 20 à 30 minutes dont la fréquence hebdomadaire et le contenu varie selon les services. En pratique, l’activité quotidienne est séparée en 2 vacations, une le matin et une l’apres-midi avec généralement une pause suffisante le midi pour se rendre tranquillement au self avec les autres internes du service. Ces vacations sont thématiques (spécialisé sur un organe, urgence, interventionnel) ou non. Elles ne concernent qu’une seule modalité radiologique : échographie, radiologie standard, scanner ou IRM. Elles se font sous l’égide d’un senior présent ou non en continu, généralement disponible pour répondre à nos interrogations (radiologie standard, écho et interventionnnel) ou à défaut pour relire nos comptes-rendus (scanner ou IRM).

M.M : Pourrais-tu nous décrire le déroulement d’une garde ?

B.B : Début à 18H30 en semaine, d’une durée de 24H le samedi et le dimanche. Le repos de garde est acquis dans la majorité des services. Elles se font seul, sous le contrôle d’un senior présent ou d’astreinte ou sous forme de demi-garde jusqu’à minuit selon les services et l’ancienneté de l’interne. Un certain nombre de service ne propose pas de garde aux internes. En général, la fréquence mensuelle est de 3 à 5. L’activité varie énormément selon les services. En CHU, on peut espérer dormir 3 heures discontinues par nuit en moyenne. Les urgences scannographiques s’articulent autour des TDM cérébrales, des urgences digestives et des suspicions d’EP. En échographie, c’est la recherche d’une cause obstructive devant une insuffisance rénale, d’une cholécystite et d’une thrombose veineuse profonde qui prédominent. Les radiographies de thorax et de traumatologie sont interprétées au fur et à mesure ou en différé.

M.M : Quel classement faut-il avoir pour espérer pouvoir choisir la spécialité que tu exerces ?

B.B : Pour exercer en radiologie à Paris, prévoyez d’arriver dans les 1000 premiers, visez les 500 pour être sûr.

M.M : Comment sont organisés les cours théoriques de ta spécialité ? Est-il nécessaire de s’inscrire à des DU (Diplômes Universitaires) ou DIU (Diplômes Inter-Universitaires), si oui quels sont les plus intéressants ?

B.B : Le DES se valide par des cours théoriques se déroulant au cours de demi-journées ou de semaines dédiées. Les cours sont aisément accessibles par la suite sur le site du collège des enseignants (CERF). Les enseignements fondamentaux sont obligatoires et validés par une épreuve de QCM en fin d’année. Les autres enseignements varient selon les régions. A Paris, il faut aussi valider 9 modules parmi la dizaine proposés. La plupart d’entre eux se valide par la présence. Ces cours servent d’initiation et d’approche aux différentes sous-spécialités radiologiques et répondent aux objectifs de niveau 1 dictés par le CERF (l’indispensable à maitriser à la fin de l’internat). Ces formations s’intégrant aux DES, elles sont par définition gratuites.

A cela se rajoutent de nombreux DU parisiens reprenant les thèmes des modules précédemment cités mais dans un objectif de perfectionnement. Leur contenu est inégal et loin d’être indispensable à la formation de base d’un interne. Comptez plusieurs centaines d’euro par inscription.

M.M : Quels sont les points négatifs de ta spécialité ?

B.B : Faites une croix sur la thérapeutique (hors interventionnel). On se sent parfois comme un prestataire de service, une profession paramédicale. Oubliez aussi la pratique au lit du malade, le seul contact physique que vous aurez avec le patient sera lors de la réalisation d’échographies. C’est un internat long (5 ans) et les 2 stages hors radiologie peuvent sembler être une perte de temps.

M.M : Quels sont les différents modes d’exercice possibles de ta spécialité ? Lequel privilégieras-tu ?

B.B : La majorité des radiologues exerce en libéral au sein d’associations. Ils y participent financièrement en payant une part de l’investissement immobilier, administratif et surtout technique. Prêt d’un quart travaille à plein temps en milieu hospitalier et seulement un cinquieme exerce une activité mixte. La plupart des radiologues sont spécialisés dans un domaine et sous spécialisés dans quelques sous domaines comme la neurologie, l’ostéo-articulaire, le digestif, l’interventionnel, la sénologie, la pédiatrie… La forme actuelle du DES nous pousse à adopter cette forme d’activité. Pour le moment, j’aimerais opter pour une pratique mixte hospitalo-libérale mais je ne me suis pas encore trouvé de domaine de prédilection !

 

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