Aurélien Louvrier, interne en chirurgie maxillo-faciale

M.M : Bonjour Aurélien, quelle spécialité as-tu choisi d’exercer et pour quelles raisons ?

A.L : J’ai choisi la chirurgie maxillo-faciale et stomatologie pour plusieurs raisons, la première étant que j’ai toujours voulu faire de la chirurgie, par la suite j’ai eu la chance de passer pendant mon externat dans presque tous les services de chirurgie ; cela m’a permis de m’orienter sur le choix de cette spécialité. La chirurgie maxillo-faciale et stomatologie est une spécialité qui associe de nombreux aspects de la prise en charge d’un patient avec des pathologies vitales, fonctionnelles et esthétiques, et ce pour des patients de tout âge.

Ensuite c’est aussi une question de rencontres, avec les internes plus âgés et les chirurgiens séniors ; jeune interne, je me suis très rapidement senti bien intégré et bien pris en charge dans ce service. La chirurgie c’est un peu comme le compagnonnage, le savoir est transmis «de maître à disciple ».

M.M : Quelle est la maquette de ta spécialité ?

A.L : Lorsque j’ai passé l’internat, la chirurgie n’était pas encore filiarisée par spécialité ; j’ai donc effectué des stages de chirurgie générale (viscérale, orthopédie, vasculaire) qui m’ont beaucoup appris. Puis à partir de la deuxième moitié de mon internat, j’ai effectué uniquement des stages dans ma spécialité. Il est cependant intéressant d’avoir des connaissances en rapport avec l’extrémité céphalique comme l’ophtalmologie, la neurochirurgie ou bien l’ORL.

M.M : Pourrais-tu nous décrire ta journée type ?

A.L : La journée type est très variable selon les équipes. Dans mon service, on fonctionne par semaine avec un roulement de 4 internes :
– Une semaine d’hospitalisation
– Une semaine de consultation
– Deux semaines de bloc opératoire

Les journées sont bien remplies, ce fonctionnement permet un meilleur suivi des patients lors de leur hospitalisation, cela permet également de ne pas avoir à se disputer les places au bloc opératoire et cela permet de ne pas courir entre les salles de bloc et le service toute la journée.

On réalise également une visite par jour (le soir) avec toute l’équipe pour transmettre toutes les informations et un staff par semaine pour discuter des dossiers, de l’organisation du service et du travail universitaire.

M.M : Pourrais-tu nous décrire le déroulement d’une garde ?

Dans ma région, il n’y a pas de gardes de chirurgie maxillo-faciale et stomatologie, ce sont des astreintes. Les appels peuvent venir :
– Soit du service d’hospitalisation lorsque qu’une infirmière est confronté à un problème avec un patient
– Soit d’un service d’accueil des urgences de toute la région (peu d’hôpitaux périphériques bénéficient d’une astreinte de chirurgie maxillo-faciale), il faut ensuite savoir évaluer la situation par téléphone et l’imagerie transmise via internet pour décider de la prise en charge.

Certaines nuits sont très chargées, d’autres moins, c’est très variable !!!

M.M : Quel classement faut-il avoir pour espérer pouvoir choisir la spécialité que tu exerces ?

A.L : La chirurgie maxillo-faciale est en général une spécialité chirurgicale assez prisée tout comme la chirurgie plastique, l’ORL ou l’ophtalmologie. Mais c’est très variable selon les villes ou les années. Pour être sûr d’accéder à la chirurgie maxillo-faciale en France, il est souhaitable d’être classé dans les 2500 premières places au concours de l’ECN.

M.M : Comment sont organisés les cours théoriques de ta spécialité ? Est-il nécessaire de s’inscrire à des DU (Diplômes Universitaires) ou DIU (Diplômes Inter-Universitaires), si oui quels sont les plus intéressants ?

A.L : Les cours théoriques de chirurgie maxillo-faciale et stomatologie sont organisés par le collège des enseignants en 3 ou 4 sessions par an, notamment lors des congrès. L’organisation est excellente et le contenu de ces cours est très complet et pédagogique.

Par ailleurs, il est utile de s’inscrire à des DU ou DIU pour compléter sa formation, il en existe beaucoup : anatomie, techniques chirurgicales, pédiatrie, cancérologie…. Celui de microchirurgie me parait indispensable dans la formation en chirurgie maxillo-faciale et stomatologie.

M.M : Quels sont les points négatifs de ta spécialité ?

A.L : La chirurgie maxillo-faciale est une jeune spécialité (100 ans) peu connue du grand public et même de certains médecins. Il y a souvent un amalgame fait entre la chirurgie maxillo-faciale et la stomatologie. Les patients ou les médecins ne connaissent pas toujours l’activité d’un praticien de chirurgie maxillo-faciale car il y a beaucoup de pathologies qui se chevauchent avec l’ORL, l’ophtalmologie ou la chirurgie plastique et esthétique.

M.M : Quels sont les différents modes d’exercice possible de ta spécialité ? Lequel privilégieras-tu ?

A.L : La chirurgie maxillo-faciale et stomatologie permet aussi bien un exercice public que privé. L’exercice public permet d’exercer tous les aspects de la spécialité avec notamment la cancérologie/reconstruction, la traumatologie et la pédiatrie. L’exercice privé est souvent dédié à la stomatologie, l’esthétique, l’orthognathique ou encore la dermato-chirurgie. Cependant, ces modes d’exercices ne sont pas cloisonnés, le plateau technique de chirurgie maxillo-faciale n’est pas conséquent comparé à d’autres spécialité telles que la chirurgie cardio-thoracique ou encore la neurochirurgie, et beaucoup d’interventions peuvent être effectuées sous anesthésie locale ou dans le cadre d’une chirurgie ambulatoire.

Pour ma part, j’aimerais exercer en CHU, outre la chirurgie, ce qui me plait c’est aussi l’enseignement et la recherche.

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1 Comment

Filed under A chacun sa spé, interview d'internes !

One Response to Aurélien Louvrier, interne en chirurgie maxillo-faciale

  1. Chatperché

    2500 premiers…j’ai du taff

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