Antoine Dannepond, interne en chirurgie plastique

M.M : Bonjour Antoine, quelle spécialité as-tu choisi d’exercer et pour quelles raisons ?

A.D : J’ai choisi d’exercer la chirurgie générale et plus précisément la chirurgie plastique reconstructrice et esthétique. Il s’agit d’une spécialité très vaste. Le chirurgien plasticien prend en charge une multitude de pathologies.
Si on sort des clichés télévisuels, cette spécialité regroupe la prise en charge des brûlés (incisions de décharge à l’arrivée et reconstruction des séquelles dans un second temps), la reconstruction de membres avec toute sorte de lambeaux, la chirurgie cancérologique dermatologique et gynécologique avec la reconstruction mammaire notamment, la chirurgie de la main, le transsexualisme, la chirurgie post bariatrique et l’esthétique qui finalement occupe une place assez limitée à l’hôpital.
C’est donc très agréable de toucher à tout, les journées ne sont pas du tout monotones et chaque chirurgien a quelque chose à nous apprendre

M.M : Quelle est la maquette de ta spécialité ?

A.D : Je suis avant tout dans le cursus de la chirurgie générale, je dois donc valider un semestre de chirurgie orthopédique et un semestre de chirurgie digestive.
Après, je dois réaliser 5 semestres dans ma spécialité et 3 semestres au choix (cancérologie, chirurgie maxillo-faciale…).
On doit en tout réaliser 10 semestres de chirurgie puis faire deux ans de post internat pour valider son DESC de chirurgie plastique, reconstructrice et esthétique.

M.M : Pourrais-tu nous décrire ta journée type ?

A.D : Il s’agit d’une journée classique de chirurgie. Visite le matin vers 7h30, bloc opératoire dans la foulée jusqu’à 16-17h, puis il faut aller voir les patients opérés dans la journée pour s’assurer qu’il n’y a pas de complications post opératoires immédiates. 3 fois par semaine il y a des staffs en fin d’après midi. En général, la journée se termine vers 19h30-20h. Un peu plus d’une garde par semaine et 1 à 2 week end par mois.

M.M : Pourrais-tu nous décrire le déroulement d’une garde ?

A.D : En chirurgie plastique à Bordeaux, nous avons 2 lignes de garde. La première est une vraie garde où l’on dort sur place. Il s’agit d’une garde au SOS main du service. Tout dépend de la garde mais ça va de la bobologie à la réimplantation de plusieurs doigts avec une chirurgie de plusieurs heures sous microscope.
La journée nous sommes dans le box de consultation dans lequel nous accueillons les patients. Nous les examinons et réalisons des radios selon les pathologies. À 18h nous montons au bloc pour relayer notre co interne qui était au bloc pour finir les urgences mains s’il y en a . Et comme chaque garde est différente, on peut aller se coucher très tôt comme très tard…

La 2ème ligne est une astreinte (on dort chez nous avec le téléphone d’astreinte). On est réveillés si il faut reprendre un patient du service (saignement la plupart du temps) ou si un grand brûlé arrive dans le service de réanimation. Nous aidons au pansement après avoir évalué si un geste chirurgical était nécessaire (incisions de décharge).

M.M : Quel classement faut-il avoir pour espérer pouvoir choisir la spécialité que tu exerces ?

A.D : C’est une spécialité très demandée, mieux vaut arriver dans les 1000 premiers pour espérer l’exercer.

M.M : Comment sont organisés les cours théoriques de ta spécialité ? Est-il nécessaire de s’inscrire à des DU (Diplômes Universitaires) ou DIU (Diplômes Inter-Universitaires), si oui quels sont les plus intéressants ?

A.D : Plusieurs DIU sont pratiquement obligatoires. Celui sur la main. En effet à Bordeaux ce sont les plasticiens qui prennent en charge la chirurgie de la main.
Le DIU de microchirurgie est également nécessaire. Il faut savoir travailler et opérer sous microscope afin de pouvoir réaliser des réparations nerveuses, artérielles ou pour réaliser des anastomoses afin de réaliser des lambeaux libres. Enfin le DIU sur les lambeaux est également fondamental. Il permet d’apprendre à la fois de manière théorique et pratique (dissection sur cadavres) les techniques de couverture de perte de substance.

M.M : Quels sont les points négatifs de ta spécialité ?

A.D : Les stéréotypes véhiculés par les médias et les séries. Un internat de chirurgie parfois prenant avec plusieurs gardes par semaine et des week end de garde et d’astreinte, mais c’est aussi comme ça qu’on apprend…

M.M : Quels sont les différents modes d’exercice possible de ta spécialité ? Lequel privilégieras-tu ?

A.D : Le mode hospitalier qui permet d’avoir le plus grand recrutement de patients. La diversité des pathologies est infinie, l’approche pluridisciplinaire.
Le mode d’exercice libéral restreint les possibilités de prise en charge, l’esthétique devient prédominant, les assurances augmentent, les charges aussi et il faut savoir gérer sa petite entreprise. Le salaire augmente également. J’ai encore quelques années devant moi avant de choisir alors pour l’instant j’apprends !

 

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1 Comment

Filed under A chacun sa spé, interview d'internes !

One Response to Antoine Dannepond, interne en chirurgie plastique

  1. Bon courage 🙂 Une spécialité d’avenir …

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