Démission « forcée » du lycée

Sur un forum pour ados…
Maximus écrit :

« Est-ce que mon lycée peut m’obliger à démissionner. Je souhaiterais connaitre les démarches à suivre pour refuser de partir. Comme je viens d’être majeur, le proviseur me dit que c’est la meilleure solution pour moi puisque je ne suis pas motivé et j’ai trop d’absences… »

Floriane répond:

« J’ai moi-même fait une lettre de démission en 2008 au milieu de l’année de Terminale. Le professeur principal m’avait menacé d’un conseil de discipline à cause de mes absences, alors le CPE m’a conseillé de partir volontairement pour éviter de me faire vider. Comme j’étais majeure, j’ai fait la lettre en cinq minutes. Je me suis sentie libre. Quelques semaines après j’ai regretté, je suis revenu au lycée. Le proviseur m’aurait bien réinscrite, mais le professeur principal à refusé en disant que c’était trop facile de prendre des vacances puis de revenir pour échapper à une exclusion… En ce moment, après quatre ans de galère et de petits boulots je me suis inscrite à des cours gratuits pour préparer mon bac avec une association (deux heures chaque soir et le samedi quatre heures). C’est un vrai soulagement de recommencer à étudier mais c’est dur, les notes sont mauvaises et j’ai du mal à suivre après une coupure si longue… »

Existe-t-il des proviseurs voyous ? Le 18 septembre 2012, plusieurs journaux* titraient sur un lycée qui poussait ses élèves en difficulté à démissionner pour améliorer ses résultats au bac. Les nombreux élèves concernés n’avaient aucun problème de discipline. Une ancienne lycéenne raconte que les responsables de l’établissement lui disaient qu’elle n’avait pas d’avenir dans les études, qu’elle perdait mon temps au lycée et que de toute façon, quoi qu’il arrive l’année suivante elle ne serait pas reprise… L’inspection académique a démenti toute démission forcée, assurant que les élèves étaient volontaires pour abandonner leurs études pour des raisons personnelles (déménagement, entrée dans la vie active, changement de formation…). Continue reading

Journal du lycée : peut-on tout dire ?

Petite scène de la vie courante dans un lycée

Sur mon bureau, le CPE a posé en faisant une grimace le « numéro de rentrée du journal du lycée ». En page une, un certain Éralikhor préconise de faire sauter la cantine avec de la nitroglycérine car « la bouffe est dégueu… ». Dans toutes les marges Wauc a barbouillé des dames dépoitraillées façon mangas. Que dire le l’avant dernière page intitulée « Comment pécho ? Pécho une meuf, pécho un mec, pécho en boîte, pécho au bahut, pécho en tout temps et en tout lieu… ». Pire ! En double page du milieu, il y un reportage « de notre envoyé spécial » sur les profs les plus mal fringués du lycée. Certes, on ne voit aucun nom propre, mais les descriptions sont si précises que l’on reconnaît parfaitement les enseignants les moins élégants.

Vous reconnaissez un peu les traits de votre journal du lycée ? La feuille de choux vous fait bien rire, mais peut-elle perdurer dans ces conditions ?

Tout n’est pas permis…
La liberté d’expression a ses limites. En 2002, l’équipe de rédaction, constituée de lycéens des classes préparatoires du lycée Henri IV a publié un numéro spécial de Ravaillac, avec en couverture les élèves de la rédaction photographiés nus comme des vers. Le proviseur a interdit le journal. Les exemples de ce genre sont nombreux. Quelques années auparavant, dans deux numéros consécutifs du journal des élèves du lycée Merleau-Ponty de Rochefort-sur-mer, des professeurs et des membres de l’administration se sont fâchés. Trois élèves ont été exclus par le conseil de discipline tout en étant parallèlement poursuivis devant un tribunal pour injure. Dans la même période, au lycée Ronsard de Vendôme, le journal des lycéens a consacré deux pages à la légalisation du cannabis. L’élève majeur ayant distribué le journal a été condamné pour incitation à l’usage de drogues… Continue reading