A quel lycée rêvez-vous ?

Sami et Maya aimeraient bien qu’il s’en occupe un peu du lycée. Ils ont eu une réunion mercredi avec d’autres lycéens-citoyens venant de partout en France … Ils ont réfléchi à une question importante : « Le lycée d’aujourd’hui, le lycée de demain … »

 On les prend pour qui les lycéens ?

Quand on lit les tonnes de promesses dans les discours de proviseurs et les projets d’établissements puis qu’on compare aux règlements intérieurs, on voit clairement que les lycées grugent leurs élèves…

Au lycée Jean Paul Sartre, les discours disent : Nous connaissons personnellement chacun de nos élèves… Le règlement précise : Chaque élève doit pouvoir prouver son identité à tout moment grâce à sa carte de lycéen dont il doit toujours être porteur…

Au lycée Antonin Duval. Discours : Chaque élève est traité avec bienveillance quelles que soient ses difficultés et ses résultats … Règlement : La persistance de mauvaises notes malgré l’aide des professeurs est passible du Conseil de Discipline…

Au lycée Anatole France. Discours : Les jeunes peuvent exercer leur esprit critique et nous développons le dialogue entre les élèves et les adultes. Règlement : Une élève ne doit jamais discuter les consignes que lui donne un professeur ou un autre membre du personnel.

Au lycée Casimir Perrier, Discours : Nous développons la responsabilité et l’autonomie de l’élève. Règlement : Les majeurs doivent se plier aux mêmes règles que les mineurs sans aucune exception …

 Un lycée de rêve, un rêve de lycée …

Dans la réunion des lycéens-citoyens, Sami et Maya ont participé à un atelier intitulé :  » Imaginez le lycée de vos rêves ». Certains jeunes, se sont lâchés (surtout ceux de seconde) . Un paper-board entier a été couvert de ratures, de renvois, de rajouts… etc. On pouvait quand même décrypter quelques idées…

-En classe de seconde, au premier trimestre, on essaierait les cours, puis au deuxième trimestre on choisirait les matières que l’on étudierait ensuite jusqu’au bac…

-Plus de classeurs que des tablettes et des ordinateurs.

-Des journées de 4 heures de cours et on travaillerait 4 jours par semaine.

Les contenus et la méthode des cours seraient sur internet avant, pendant et après les cours faits en classe par de vrais profs.

Les équipements pour l’EPS seraient dans le lycée, on ne se déplacerait plus.

-On ne ferait pas la queue à la cantine.

-Plus aucun devoirs ni contrôles. Des dossiers faits avec assez de temps et des documents (à rendre sur clé USB).

A méditer

Dans les coulisses d’un conseil de classe…

En théorie, sur le bulletin trimestriel, les professeurs ne devraient pas se contenter de reporter une note commentée par quelques mots visant parfois plus à faire sourire leurs collègues qu’à informer l’élève et ses parents.

D’ailleurs, la circulaire n° 98-119 du 02 juin 1998, précise très nettement cet aspect des choses : l’évaluation ne saurait se borner à un constat chiffré. Il convient, en effet, de valoriser les acquis, même modestes, les savoirs maîtrisés, les capacités, les compétences, les talents, même non scolaires et, sur cette base, de proposer aux élèves des objectifs personnalisés avec les voies pour les atteindre.

Trois minutes par élève

La première partie du conseil de classe est consacrée aux considérations générales sur la vie de la classe. Le président (proviseur ou adjoint) donne son sentiment général sur les bulletins qu’il a lus avant la séance. Ensuite, le professeur principal parle de la classe : niveau d’ensemble, comportement général, événements du trimestre… Puis, chaque enseignant donne son avis sur toute la classe dans sa matière.

La seconde partie du conseil est consacrée aux résultats scolaires de chaque lycéen. Le président évoque les notes et appréciations portées sur le bulletin ; de temps à autre, demande des précisions à un professeur ; rédige une appréciation sur la qualité du travail et du comportement de l’élève et se faisant a parfois une conversation rapide avec les enseignants et les délégués des élèves ou des parents…

La première et la seconde partie bout à bout durent environ une heure et demie, soit le plus souvent trois minutes par élève. En principe, chaque membre du conseil peut intervenir et apporter ses observations. En réalité, le président utilise la presque totalité du temps de parole avec deux ou trois professeurs dominants. Les élèves et les parents n’ont que très peu de place et restent généralement simples spectateurs tout en prenant quelques notes.

 Au cœur d’un conseil de classe réel Continue reading

Petit lexique des appréciations de vos profs

 Convenable, excellent, moyen, faible, satisfaisant, devoir non rendu, insuffisant, n’a pas le niveau…  À longueur de bulletins, les enseignants utilisent des appréciations en forme de SMS stéréotypés. À bien y regarder, il n’y a que trois sortes d’appréciations. Celles qui sont favorables à l’élève : « Motivée et travailleuse. Bon résultats. En progression constant … » Ensuite, celles qui sont défavorables, voire menaçantes : « N’étudie pas les leçons. Néglige certaines matières. Redoublement conseillé. Trop d’absences. Avertissement… » Enfin, le dernier type d’appréciations rassemble les fanfaronnades des professeurs cherchant à amuser leurs collègues tout en méprisant parfois leurs élèves : « Devrait abandonner les mathématiques puisque les mathématiques l’ont déjà abandonné … » Ou encore : « A touché le fond mais s’enfonce toujours … »

 Lexique des termes utilisés par les professeurs (1) .

Les appréciations ont-elles une importance ? Si leur contenu est lamentable, les rapports entre un élève et ses parents peuvent subir de graves turbulences. Mais, l’enjeu est parfois plus décisif puisque elles sont utilisées en jury du Bac pour les candidats à repêcher ou pas pour la seconde série d’épreuves dites de rattrapage. Elles servent également lors des recrutements sélectif (prépa, BTS, écoles spécialisées…).

Il est parfois difficile d’interpréter les appréciations portées sur un élève. Le vocabulaire utilisé par les professeurs est parfois codé. Voici un petit décodeur.  Continue reading

Les notes ne veulent rien dire (et voilà pourquoi)…

Petite scène de la vie d’un lycée

Le prof d’histoire ne met jamais plus de 14/20. Au-dessus, il estime que le devoir serait parfait alors que la perfection n’existe pas. Il donne quatre devoirs par trimestre et fait la moyenne. Au moment du calcul, des points sont retirés aux élèves qui ne participent pas en classe. Le jour d’une interro, si l’on a une absence, même justifiée par un certificat de maladie, c’est un zéro d’office… Il refuse de donner un sujet de remplacement pour se rattraper. Quinze élèves qui font russe sont partis une semaine à Saint-Pétersbourg avec le lycée. Au retour, ils avaient perdu 3 points à la moyenne du trimestre. Les délégués de classe en ont parlé au CPE. Il a répondu de régler la question avec le prof principal qui nous a dit de se débrouiller avec le prof d’histoire lui-même…

Les professeurs se sentent obligés inconsciemment de mettre un certain pourcentage de mauvaises notes. Les enseignants s’arrangent toujours, sous la pression de la société, pour mettre un certain pourcentage de mauvaises notes. Cette production artificielle de résultats scolaires médiocres entraîne du découragement et du décrochage en fabriquant de mauvais élèves à partir de jeunes qui sont pourtant intelligents et qui ont des réelles capacités. André Antibi, de l’université de Toulouse, explique… « Quel que soit le niveau réel des élèves, les professeurs se sentent obligés de mettre des mauvaises notes pour être crédibles… Un professeur qui donne de trop bonnes notes est immédiatement pris pour un fumiste… ».

La notation au bac est une véritable loterie. Luc Ferry, ancien ministre de l’Education nationale, a déclaré le 13 juin 2008 dans le journal La Croix : « Comme ministre, on a accès aux enquêtes non publiées et je peux vous dire que les écarts de cinq à six points sont archi-fréquents, malgré les commissions d’harmonisation des notes. J’ai pu voir de mes propres yeux la même copie notée 3 par un correcteur et 17 par un autre ! ».

Interdiction aux professeurs de baisser la note ou de mettre un zéro à un devoir en cas d’absence ou de mauvaise conduite. La règlementation est précise. Un enseignant ne peut pas faire ce qu’il veut. Il n’est pas permis de baisser la note d’un devoir en raison du comportement d’un élève ou d’une absence injustifiée… Les zéros doivent également être proscrits.

La stratégie de défense

Quand de toute évidence un enseignant est particulièrement cruel dans sa manière de noter, les élèves ne peuvent compter que sur eux-mêmes. En général, les collègues du prof restent impuissants. Le plus souvent, le proviseur ne bronche pas de peur que le prof en question crée un conflit qui s’étendrait à tous les autres enseignants.
Il reste les associations de parents d’élèves. Leurs élus peuvent constituer un dossier avec la liste des fautes et autre mesquineries commises par le prof, en insistant sur sa manière de refuser d’appliquer les consignes du ministère. Ensuite, il faut communiquer cette plainte au médiateur de l’académie dont on trouve les coordonnées sur le site du ministère de l’Éducation nationale.