Journal du lycée : peut-on tout dire ?

Petite scène de la vie courante dans un lycée

Sur mon bureau, le CPE a posé en faisant une grimace le « numéro de rentrée du journal du lycée ». En page une, un certain Éralikhor préconise de faire sauter la cantine avec de la nitroglycérine car « la bouffe est dégueu… ». Dans toutes les marges Wauc a barbouillé des dames dépoitraillées façon mangas. Que dire le l’avant dernière page intitulée « Comment pécho ? Pécho une meuf, pécho un mec, pécho en boîte, pécho au bahut, pécho en tout temps et en tout lieu… ». Pire ! En double page du milieu, il y un reportage « de notre envoyé spécial » sur les profs les plus mal fringués du lycée. Certes, on ne voit aucun nom propre, mais les descriptions sont si précises que l’on reconnaît parfaitement les enseignants les moins élégants.

Vous reconnaissez un peu les traits de votre journal du lycée ? La feuille de choux vous fait bien rire, mais peut-elle perdurer dans ces conditions ?

Tout n’est pas permis…
La liberté d’expression a ses limites. En 2002, l’équipe de rédaction, constituée de lycéens des classes préparatoires du lycée Henri IV a publié un numéro spécial de Ravaillac, avec en couverture les élèves de la rédaction photographiés nus comme des vers. Le proviseur a interdit le journal. Les exemples de ce genre sont nombreux. Quelques années auparavant, dans deux numéros consécutifs du journal des élèves du lycée Merleau-Ponty de Rochefort-sur-mer, des professeurs et des membres de l’administration se sont fâchés. Trois élèves ont été exclus par le conseil de discipline tout en étant parallèlement poursuivis devant un tribunal pour injure. Dans la même période, au lycée Ronsard de Vendôme, le journal des lycéens a consacré deux pages à la légalisation du cannabis. L’élève majeur ayant distribué le journal a été condamné pour incitation à l’usage de drogues… Continue reading