Homophobie au lycée : à qui parler

Monsieur le proviseur,

Je vous écris parce que mon fils Ronan (17 ans) souhaiterait s’inscrire dans votre établissement. Il a été exclu de son ancien lycée il y a trois semaines pour un baiser. Ce baiser a fait scandale. Les deux fautifs ont eu huit jours de mise à pied.
À leur retour, ils se sont fait discrets, mais pas assez sans doute, puisque un surveillant les a surpris main dans la main dans le parc de l’établissement. Cette fois, il y a eu un conseil de discipline et exclusion définitive des deux coupables.
Dans le règlement intérieur, il n’est pas interdit aux élèves de s’embrasser ou de se tenir par la main. Les autres lycéens ne sont jamais punis pour ce motif. En fait, Ronan et Grégoire ont été exclus parce que ce sont des garçons.
Quelques uns de leurs camarades de classe les ont soutenus, ont crié à l’injustice et ont réclamé une grâce au proviseur… en vain.
Les enseignants, eux, sont restés passifs, même si l’un d’eux a déploré de perdre deux très bons élèves qui auraient pu, en juin prochain, obtenir une mention au bac et contribuer ainsi à la bonne image de l’établissement.
Je vous prie, Monsieur le proviseur… etc.

Les manifestations d’homophobie qui existent en milieu scolaire peuvent entraîner pour ceux qui en sont victimes, mésestime de soi, difficultés scolaires, tentations suicidaires. Lutter contre ce type de discrimination est un enjeu de citoyenneté, de réussite scolaire et de santé publique.

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