Il faut des preuves pour vous sanctionner

Au Lycée X, l’heure c’est l’heure avec Madame L., une des professeurs d’espagnol. Mais, pour Anaïs, élève de terminale, la ponctualité n’est pas vraiment une priorité. Elle arrive toujours quelques minutes en retard.

Impolitesse, manque de sérieux ; les retardataires dérangent le cours, c’est un manque de respect caractérisé ! Madame L. lui fait la morale. Anaïs ne voit pas où est le mal. Alors Madame L. se met en colère : niveau catastrophique, démotivation, lacunes et arrogance en plus ; voilà le mal ! Anaïs ne comprend toujours pas et les larmes lui montent aux yeux.

Thomas, le délégué de classe demande la parole : jamais il n’a vu une prof aussi cruelle; elle méprise les élèves ; et puis ses cours d’espagnol sont à mourir d’ennui… Il a osé… Toute la classe médusée enveloppe son délégué d’un silence approbateur et admiratif.

Injure, insulte, agression ! Madame L. éructe. Elle surgit dans le bureau du proviseur en exigeant illico l’exclusion définitive de Thomas : un élève comme ça n’a rien à faire dans ce lycée. Le proviseur réfléchit. Certes, il faut envisager une réprimande ; mais pas une exclusion. Il prononce une convocation en Commission de vie scolaire pour discuter du cas et étudier une punition proportionnée à la faute.

Madame L. veut absolument une exclusion expéditive. Elle perdrait son autorité si elle ne l’obtenait pas illico puisqu’elle a dit qu’elle la voulait. D’ailleurs, puisqu’on ne lui donne pas satisfaction, elle refusera l’élève en question dans ses cours. La voilà qui ameute toute la salle des profs contre le dangereux Thomas et son complice sournois qu’est le proviseur.

La Commission se tient une huitaine de jours après. Madame L. a refusé de venir discuter considérant que c’était sa parole contre celle d’un élève de dix-sept ans et qu’elle n’avait pas à s’abaisser en répondant aux questions d’une commission bidon. Le représentant des parents souligne que l’interdiction de cours par le professeur d’espagnol, n’est pas réglementaire. De son côté, un élu des élèves remarque qu’on ne peut pas appeler injure, insulte, agression les mots prononcés par Thomas… Après deux heures de tergiversations alambiquées, le proviseur finit par arrêter une décision. Thomas ne sera pas exclu du lycée ni interdit de cours en espagnol. En revanche, il reçoit un avertissement non mentionné à son dossier administratif pour avoir parlé sur un ton véhément à l’un de ses professeurs.

Madame L. se doutait bien que la commission avait pour fonction de donner tort aux professeurs consciencieux : c’est une exclusion qu’il fallait, pas une pantomime. Le lycée X est en train de perdre sa réputation… Continue reading

Si vous êtes bon pour le conseil de discipline

Petite scène de la vie courante dans un lycée70 % des élèves reconnaissent avoir déjà triché au cours de leur scolarité.

 

D’après les professeurs de terminale S 4, la triche a atteint un niveau scandaleux. De temps à autre quelques élèves se font pincer. Quatre heures de colle tombent, doublées d’une note désastreuse. Les délégués de classe ont une explication : trop de travail, trop difficile… alors on copie les uns sur autres pour s’en sortir !

Durant un devoir surveillé de SVT Arthur et Estéban qui étaient côte à côte se sont fait surprendre en train de consulter un mobile. Il y avait des antisèches en mémoire… Le professeur a dit qu’il allait faire un rapport et demander un conseil de discipline… http://www.letudiant.fr/bac/triche-au-bac-et-aux-examens-quels-risques-12268.html

 

 

Vous aussi, vous êtes bon pour le conseil de discipline ? Dans un lycée, les punitions scolaires et les sanctions applicables aux élèves sont prévues dans le règlement intérieur et personne n’a le droit d’en proposer d’autres. Le proviseur peut réunir le conseil mais il n’est pas obligé : il est autorisé à prendre seul des sanctions comme l’avertissement, le blâme, l’exclusion temporaire de l’établissement ou de certaines activités (au maximum de 8 jours). Il peut aussi imposer du travail scolaire ou des tâches d’intérêt général. En revanche, l’exclusion définitive de l’établissement ne peut être décidée qu’en conseil de discipline.* Continue reading