Contraception d’urgence : « Pilule du lendemain » au lycée ?

Petite scène de la vie courante dans un lycée

La douzaine d’élèves du « club santé » animé
par l’infirmière vient de lancer un questionnaire. Deux par deux, des filles et des garçons munis d’un formulaire  et d’un stylo passent dans les
couloirs, la cour, le réfectoire, les couloirs, le préau…  Ils sondent leurs camarades : ton âge, ta classe, ton sexe ? Garçon ? Fille ? L’enquête porte sur la distribution du NorLevo  plus connu sous le nom de « pilule du lendemain ».

 «  Que penses-tu de la pilule du lendemain
que l’infirmière du lycée peut donner gratuitement et sans avertir les parents des lycéennes même si elles sont mineures? ».

Les réponses des élèves fusent :


-Les jeunes auront moins de problèmes vis à vis des parents, toutes les filles ne communiquent pas vraiment avec eux et ça évite certaines situations catastrophiques !


-Il faut  faire attention à ce que cela ne devienne pas trop courant ni
trop facile d’obtenir cette pilule afin de limiter le dévergondage.


-Le NorLevo rend un grand service à nous les ados, car même si on prend des précautions des accidents peuvent arriver et ce serait bête de foutre en l’air sa jeunesse avec une grossesse.


-C’est une bonne idée parce que ça permet aux jeunes de ne pas  prévenir
leurs parents


-Il n’y a n’a pas que des bons cotés avec cette pilule existe il faut prendre
en compte que les maladies sont toujours là. Il ne faut pas oublier le Sida…

       -Ça évite aux filles de  révéler aux parents ce problème assez personnel…

Chaque année en France, 18 000 jeunes filles mineures se retrouvent enceintes. Un taux qui reste contant depuis des années, malgré l’accès plus facile aux diverses méthodes de contraception. Seules 30 % d’entre elles mènent cette grossesse à terme, donnant naissance à  4 500 bébés par an. Sur les 230 000 IVG annuelles pratiquées en France,  29 000 concernent des mineures dont environ 10 000 ont moins de 16 ans.

Il y a déjà 14 ans, au mois d’octobre 2000, l’Assemblée nationale et le Sénat ont adopté une loi qui contient un seul article :  » Les médicaments ayant pour but la contraception d’urgence … peuvent être … délivrés aux mineures désirant garder le secret. Ils peuvent être administrés
aux mineures par les infirmières en milieu scolaire. « 
Article unique L’article L. 5134-1 du code de la santé publique est complété par deux alinéas ainsi rédigés :
– Proposition de loi sur la contraception d’urgence (commission des affaires
culturelles). Assemblée nationale.

La contraception d’urgence, autrement dit, la pilule du lendemain (connue sous le nom commercial de NorLevo)est efficace à 95 % dans les 24 premières heures et à 58 % entre la 48ème et la 72èmeheure. Sa distribution gratuite et totalement confidentielle  est autorisée dans les collèges et les lycées, uniquement par une infirmière scolaire qui reçoit toute élève demandant une pilule du lendemain et analyse la situation avec elle. L’infirmière assure un suivi de l’élève concernée et prend contact avec le centre de planification familiale pour la mise en place d’une contraception régulière adaptée ainsi que le dépistage d’une éventuelle maladie sexuellement transmissible.

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3 thoughts on “Contraception d’urgence : « Pilule du lendemain » au lycée ?

  1. La Pilule du lendemain est une avancée considérable pour les jeunes femmes. Néanmoins, elle ne doit en aucun cas, remplacer les moyens de contraceptions réguliers. Les campagnes de communication ne doivent pas cesser pour les autres méthodes de contraception plus classiques (pilule contraceptive, stérilet, implant, l’anneau…)

  2. C’est assez rassurant de voir que les jeunes sont au courant en ce qui concerne la pilule du lendemain.
    ce qui me dérange plus, c’est que beaucoup utilisent le pretexte de ne pas « le dire aux parents ».

    la pilule du lendemain peut aider beaucoup de jeunes, mais la communication doit rester importante

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