Les matières sont toutes importantes, vraiment toutes ?

 Raphaël obtient une moyenne de plus de 16 /20 dans quatre matières : EPS, Occitan LV3, éducation civique ECJS et option audiovisuel. Il se situe parmi les deux meilleurs élèves de sa seconde dans ces quatre domaines. En revanche, en maths, français, langues, ainsi qu’en sciences, les notes ne dépassent pas 8,5 /20.

En ECJS, Raphaël a toutes les raisons d’être fier de son exposé de trente pages concernant la pauvreté et la précarité en France, qui lui a valu un 18/20. Et en natation, la coupe qu’il a remportée est en bonne place dans la vitrine du hall du lycée … Que dire de l’Occitan ? Il le lit comme un véritable Gascon, lui dont la mère est Lorraine et le père Breton.

Raphaël parle du plaisir qu’il éprouve dans les matières qui lui plaisent et insiste sur les compliments qu’il reçoit des profs concernés. Par exemple, en audiovisuel, il a décroché le prix du rectorat, si bien que son clip au sujet du préservatif est sur le site officiel de l’académie dans la rubrique « Olympiades de l’audiovisuel contre le Sida».

Les matières qui rapportent peu au bac

Officiellement, tout enseignant dit que les matières sont TOUTES importantes et qu’il y a équivalence entre la gym et les maths. Néanmoins, tout le monde se réjouit davantage si un élève réussit mieux en SVT qu’en badminton. Les professeurs ne le disent pas clairement, mais ils savent bien que la réussite dans des disciplines secondaires ne fait pas le succès lorsque les résultats restent bas sans les matières principales. D’ailleurs, ces deux mots sont régulièrement l’occasion de discussions interminables…

Un élève qui est un champion dans des domaines qui ne sont pas décisifs pour le passage en première (et au-delà pour le bac), attire la sympathie, mais pas l’admiration, et parfois il peut susciter une certaine inquiétude chez ses parents et ses professeurs. En classe de seconde notamment, un profil déséquilibré peut poser problème pour l’orientation si aucune note n’est assez convenable dans certains domaines pour envisager une filière générale (S, ES ou L) et que se profilent un redoublement ou un bac pro…

L’idéal serait que les élèves réussissent dans les matières essentielles . Globalement on en connaît la liste : maths (surtout), physique chimie (certainement), français (sans hésitation) et anglais (ou une autre LV1). Les autres disciplines sont tactiques, pour obtenir un bonus au Bac.

Pour comprendre la notion d’importance des matières, prenons l’exemple de la philosophie. Certains baccalauréats ne comportent aucune épreuve dans cette discipline ; pour les autres les coefficients varient entre 7 et 2 … (Voir ci-dessous).

Coefficients de la Philosophie aux baccalauréats

L : 7

ES : 4

S : 3

STG & STI :  2

Bac-Pro (tous) :  pas de philo

 

Les matières principales et les matières secondaires

 On pourrait croire que seul le coefficient aux examens décide de l’importance d’une matière. En réalité la hiérarchisation commence dès l’école primaire. Les travaux de nombreux chercheurs en pédagogie le prouvent. En voici les grandes lignes…

  Matières de base (principales) :

– Elles sont essentielles à la réussite scolaire ultérieure, à la base de tout savoir.

– Elles jouent un rôle capital à cause de leurs dimensions utilitaires.

– Elles garantissent la réussite sociale et professionnelle…

 

On cite souvent en ce domaine…

Français

Mathématiques

Sciences (SVT & Physique Chimie)

Histoire Géographie

Anglais & autre langue 1

Philosophie

Éducation physique

 

Matières secondaires :

– Elles relèvent de la culture et du développement personnel.

– Elles constituent des compléments parfois récréatifs aux matières de base.

– Elles sont un enrichissement sans être indispensables…

 

On cite souvent en ce domaine…

Instruction civique & ECJS

Arts plastiques & audiovisuel

Musique Théâtre Danse

Travaux manuels & technologie

Langues 3 et langues régionales

Éducation à la santé (éducation sexuelle)

 

 

A quel lycée rêvez-vous ?

Sami et Maya aimeraient bien qu’il s’en occupe un peu du lycée. Ils ont eu une réunion mercredi avec d’autres lycéens-citoyens venant de partout en France … Ils ont réfléchi à une question importante : « Le lycée d’aujourd’hui, le lycée de demain … »

 On les prend pour qui les lycéens ?

Quand on lit les tonnes de promesses dans les discours de proviseurs et les projets d’établissements puis qu’on compare aux règlements intérieurs, on voit clairement que les lycées grugent leurs élèves…

Au lycée Jean Paul Sartre, les discours disent : Nous connaissons personnellement chacun de nos élèves… Le règlement précise : Chaque élève doit pouvoir prouver son identité à tout moment grâce à sa carte de lycéen dont il doit toujours être porteur…

Au lycée Antonin Duval. Discours : Chaque élève est traité avec bienveillance quelles que soient ses difficultés et ses résultats … Règlement : La persistance de mauvaises notes malgré l’aide des professeurs est passible du Conseil de Discipline…

Au lycée Anatole France. Discours : Les jeunes peuvent exercer leur esprit critique et nous développons le dialogue entre les élèves et les adultes. Règlement : Une élève ne doit jamais discuter les consignes que lui donne un professeur ou un autre membre du personnel.

Au lycée Casimir Perrier, Discours : Nous développons la responsabilité et l’autonomie de l’élève. Règlement : Les majeurs doivent se plier aux mêmes règles que les mineurs sans aucune exception …

 Un lycée de rêve, un rêve de lycée …

Dans la réunion des lycéens-citoyens, Sami et Maya ont participé à un atelier intitulé :  » Imaginez le lycée de vos rêves ». Certains jeunes, se sont lâchés (surtout ceux de seconde) . Un paper-board entier a été couvert de ratures, de renvois, de rajouts… etc. On pouvait quand même décrypter quelques idées…

-En classe de seconde, au premier trimestre, on essaierait les cours, puis au deuxième trimestre on choisirait les matières que l’on étudierait ensuite jusqu’au bac…

-Plus de classeurs que des tablettes et des ordinateurs.

-Des journées de 4 heures de cours et on travaillerait 4 jours par semaine.

Les contenus et la méthode des cours seraient sur internet avant, pendant et après les cours faits en classe par de vrais profs.

Les équipements pour l’EPS seraient dans le lycée, on ne se déplacerait plus.

-On ne ferait pas la queue à la cantine.

-Plus aucun devoirs ni contrôles. Des dossiers faits avec assez de temps et des documents (à rendre sur clé USB).

A méditer

A la recherche d’un certificat de scolarité…

Une version numérique du livret d’accueil est disponible sur le site internet du lycée. Le but principal de ce document est d’aider les élèves à trouver des réponses à toutes les questions qu’ils se posent sur l’administration.

Par exemple : Pour obtenir un certificat de scolarité ; à qui faut-il s’adresser ?

La réponse est immédiate grâce à un moteur de recherche : « Il suffit de présenter une demande écrite. Il faut qu’elle soit signée par l’élève lui-même, s’il est majeur ou par ses parents s’il est mineur. Il convient d’adresser ou de déposer cette demande auprès du service qui est indiqué au bas du formulaire d’admission dans l’établissement. Si vous n’avez pas conservé ce document, renseignez-vous auprès des assistants de vie scolaire… ».

C’est la récré. La sonnerie, (en réalité une sirène d’alarme) bombarde l’atmosphère de ses longs décibels barbares. Dès qu’elle s’arrête, le relais est pris par les messages gueulards d’un réseau de haut-parleurs convoquant une flopée d’élèves dans divers services : infirmerie, intendance, bureau de la vie-scolaire, secrétariat du proviseur… Au même momen,t une marée de lycéens se répand dans les bâtiments, envahit les couloirs, déferle vers la cour tandis qu’un flux de fumeurs s’agglutine sur le trottoir devant le grand portail de l’entrée. Continue reading

Vive le théâtre au lycée…

Les consignes du ministère sont claires : chaque lycéen doit pouvoir se construire un parcours culturel riche et cohérent. Les établissements peuvent mettre en place différentes actions : concert, spectacles , etc. Un référent culture est désigné dans chaque lycée. Il s’agit d’un professeur volontaire qui s’attachera notamment à la mise en œuvre de projets culturels dans le cadre du temps scolaire…

Madame Louvel, prof de français, aime le théâtre tout autant que l’Éducation nationale, l’enseignement, les élèves, sa matière, son métier… Et chaque année scolaire depuis des lustres, elle concentre toutes ces formes d’amour en un seul jour pour offrir aux élèves, un spectacle culturel de haute tenue. Elle ne choisit pas un divertissement simplet, mais au contraire du solide, avec une mise en scène exceptionnelle.

Il y a pléthore d’offres dans le catalogue de l’académie. On trouve « Le Cid » en version flamenco andalou, mais aussi « Les Mouches » de Sartre, en anglais, pour faire d’une pierre deux coups. Une compagnie joue même « L’Avare » dans une optique freudienne car l’avarice touche à la libido. Après quelques hésitations, Mme Louvel choisit « les Femmes savantes ». Continue reading

Banal blues du bac

 Le calendrier du bac, précis comme un scalpel de chirurgien, va bientôt trancher dans la vie de tous les candidats. À quelques semaines des épreuves décisives, (celles à gros coefficients), une forme de mélancolie mystérieuse envahit les classes. L’ambiance est cafardeuse.

L’administration du lycée peaufine l’organisation des jours « J » en dénouant les derniers problèmes inventoriés (dossier en retard, erreur de planning, oubli d’un détail …).

En classe, il faut finir les programmes, nombre d’enseignants accélèrent le rythme en précisant mille et une fois qu’ils n’auront jamais assez de temps. Leur conscience professionnelle les honore, mais la forme qu’elle prend génère un grand trouble. Quelques-uns sont plus stressés que leurs élèves. Ils multiplient les polycops, assomment de recommandations ou intensifient les corrigés express … ce qui ne détend pas l’atmosphère.

Le taux de maladresse n’est pas moins important à la maison. Les parents sont parfois balourds, comme ce couple qui a déjà pris un rendez-vous « urgent » avec le proviseur-adjoint pour réinscrire leur fils en terminale l’année prochaine au cas où il raterait le bac cette année : « il vaut mieux être le premier sur la liste des redoublants n’est-ce pas ? »

 

L’inquiétude, prend le dessus Continue reading