Contraception d’urgence : « Pilule du lendemain » au lycée ?

Petite scène de la vie courante dans un lycée

La douzaine d’élèves du « club santé » animé
par l’infirmière vient de lancer un questionnaire. Deux par deux, des filles et des garçons munis d’un formulaire  et d’un stylo passent dans les
couloirs, la cour, le réfectoire, les couloirs, le préau…  Ils sondent leurs camarades : ton âge, ta classe, ton sexe ? Garçon ? Fille ? L’enquête porte sur la distribution du NorLevo  plus connu sous le nom de « pilule du lendemain ».

 «  Que penses-tu de la pilule du lendemain
que l’infirmière du lycée peut donner gratuitement et sans avertir les parents des lycéennes même si elles sont mineures? ».

Les réponses des élèves fusent : Continue reading

L’ennui mortel en classe ?

Petite scène de la vie courante dans un lycée

Deux CPE stagiaires sont au lycée depuis la rentrée. Pour leur mémoire professionnel  ils ont lancé une enquête sur « l’ennui scolaire ». Ils réunissent de petits groupes d’élèves qui donnent leur avis sur la question…

-Certains cours sont ennuyeux : pas pour leur contenu, mais à cause des professeurs qui ont l’air d’être là parce qu’ils n’ont pas pu faire autre chose dans la vie…

-On ne s’ennuierait pas si les profs nous laissaient aller chercher des parties du cours sur Internet, passaient des films, organisaient des sorties, nous faisaient réfléchir…

-Le professeur seul a le droit de parler. L’élève doit se taire et s’il pose une question il faut que ce soit celle que le prof attend. À la fin ça lasse…

Ce qui amène l’ennui ce sont les discours sans intérêt des professeurs. Ils font  des raisonnements sans aucun rapport avec le cours. Leur biographie n’intéresse personne…

-C’est du bourrage de crâne. La seule chose que demandent certains profs c’est de nous asseoir et d’écrire. C’est mortel ! Continue reading

Etre élève militant

Petite scène de la vie courante dans un lycée
Paulin se donne à fond comme élu au conseil d’administration, vice-président du comité de vie lycéenne, trésorier du foyer, rédacteur du journal, animateur de débats et organisateur de tournois de ping-pong. Son agenda est over-booké. Lundi : sondage sur les horaires de récré. Mardi : rencontre avec l’intendant sur l’état des W C. Mercredi : comptabilité de la cafétéria. Jeudi : distribution du journal. Vendredi : tractage sur le manque d’ordinateurs en libre accès. Le week-end, à la maison : multiples SMS et divers e-Mails…
L’administration du lycée aime bien Paulin, on le salue, on discute avec lui, on le consulte… Le Conseiller d’Éducation lui abandonne même ses propres fonctions : « vous direz à vos camarades que ce formulaire pour le Bac est à rendre complété dans quarante-huit heures… »…Parallèlement Paulin bénéficie de menus privilèges : un minuscule local avec photocopieur et cafetière. Parfois, quelque enseignant syndicaliste l’approche pour le convaincre de revendiquer, avec lui, « plus de postes et moins d’élèves par classe ». Les lycéens « de base » aussi lui tournent autour et lui demandent des conseils. C’est un expert pour négocier les reports d’interro, faire améliorer des moyennes tangentes et renvoyer aux calendes grecques les menaces disciplinaires…

En général, les organisations de lycéens se comportent comme des syndicats au même titre que ceux que l’on trouve dans les entreprises. Au niveau de chaque établissement, des militants se font élire sous leur étiquette comme délégués de classe et représentant des élèves en conseil de la vie lycéenne, au conseil d’administration, à la maison des lycéens et dans de multiples groupes ou instances parfois au niveau académique. En réalité, les organisations de lycéens ne sont pas de véritables syndicats (au sens du droit), mais des associations et n’ont pas les mêmes possibilités concernant la mise ne place de grèves, la protection de leurs délégués ou la signature d’accords… Continue reading