Ma vie de lyceen le blog du CPE

Le baccalauréat n’est pas mort

La question de l’utilité du baccalauréat revient régulièrement. Déclaré inutile, on veut le réformer, l’alléger, voire le gommer de notre paysage éducatif. A cette date de votre préparation, j’entends le bruit des stylos qui chutent sur les bureaux, les papiers se froissent prêts à rejoindre les corbeilles qui, gloutonnes, guettent pour engloutir les copies raturées.

Rétablissons rapidement les faits !

Si le baccalauréat ne permet plus comme il y a 50 ans d’accéder aisément à un emploi, il reste la porte d’entrée, presque incontournable, pour accéder aux études supérieures. La réussite de ces études supérieures procure les diplômes qui sont les véritables sésames pour l’emploi. Dans ce domaine, la France est l’un des pays qui attache le plus d’importance aux diplômes. La caissière de supermarché, titulaire d’un diplôme de bac plus 5, que vous connaissez, n’est pas dans la position de pouvoir ébranler les statistiques nationales. Ainsi, indirectement mais clairement, la possession du baccalauréat reste déterminante dans la perspective de votre futur métier.

L’existence du baccalauréat remplit à mes yeux une autre fonction à laquelle nous sommes tous sensibles. C’est un formidable rite de passage. C’est le moment décisif de la fin de l’adolescence où les choses vont basculer. Au travers des épreuves que vous allez franchir, vous aurez accès symboliquement au monde des adultes. « Passe ton bac d’abord » est une formule largement adoptée par la société. Très souvent, on associe l’obtention du baccalauréat au passage tout aussi rituel du permis de conduire. On dit « le permis » et en effet, tout semble devenir permis. Les autorisations de sortie s’assouplissent, on recherche une chambre d’étudiant, beaucoup d’autres choses, jusque là interdites, se trouvent tolérées ou même autorisées.

Le baccalauréat reste donc un important rituel dans un monde où l’on regrette la chute des repères. Les journaux publient les listes de résultats qui sont guettés par la famille entière. Les voisins jettent souvent un œil intéressé sur ces listes. Le plus souvent, les professeurs jouent le jeu en entourant l’événement de toute la solennité nécessaire. Les élèves ne sont pas de reste. Les monômes du baccalauréat, parfois décriés restent bien présents… La France entière tremble et frémit, elle est suspendue au journal de 20 heures qui fait sa « une » avec les sujets de philosophie du baccalauréat …

Non le baccalauréat n’est pas mort !

Je commence à percevoir de nouveau le crissement des plumes de stylos sur les papiers que vous avez rapidement défroissés.

Vous avez raison, le baccalauréat a encore toute son utilité.

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Ils veulent tous que je fasse S !

16 mai 2013 par · 5 Commentaires
Dans: Non classé 

La situation que j’évoque aujourd’hui est d’une navrante banalité et met le doigt sur un paradoxe aux conséquences trop souvent cruelles …

Si vos résultats scolaires en classe de seconde sont satisfaisants dans les disciplines scientifiques, mais si par goût vous êtes attiré(e) par des études littéraires vous risquez d’être confronté(e) à un tir de barrage incessant qui relève plus du harcèlement que de la bienveillance. Une large coalition de votre entourage, vous bombarde sans relâche d’arguments variés afin de vous faire céder : vous ne ferez pas la section littéraire. Parents qui rappellent l’histoire de votre ainé(e), professeurs chevronnés qui évoquent leur expérience, élèves qui répètent ce qu’ils entendent. Bref c’est l’union sacrée aux allures parfois hétéroclites ! Allez-vous résister ?

Examinons l’arme des adversaires. Elle est souvent décisive, elle peut vous déstabiliser, elle en a fait renoncer beaucoup. Elle tient en une phrase : « Avec un bac S, tu peux tout faire ! » Assommé(e) par la violence du coup, vous chancelez. Les membres de l’alliance du S répètent sans se lasser la même phrase : « Avec un bac S, tu peux tout faire…bac S, tout faire…S, tout faire…faire…tout…Tout…TOUT ! » les mots résonnent en écho dans votre tête : un vrai cauchemar !

Que valent vos pauvres petits arguments ? Vous n’avez en mains que des fléchettes …
Oui, vous en convenez, la filière S est certainement la filière qui offre le plus de possibilités… surtout si vos résultats sont bons. Vous pouvez oser l’argument suivant lequel votre niveau actuel dans les matières scientifiques ne garantit pas un bon dossier en fin de classe terminale…
Oui, vous savez que vous pouvez faire une classe préparatoire littéraire avec un bac S…
« Pourquoi attendre ? » Rétorquez-vous prudemment …

Après avoir bafouillé une contre-argumentation hésitante, il va vous falloir aborder la contre-offensive. Organisez votre attaque.

Retenez deux axes :

Le premier axe concerne ce qui pourrait s’appeler… le bonheur. Le terme est presque un gros mot dans la bouche d’un(e) élève. Parlons alors de votre plaisir dans la fréquentation des livres et des langues. Pourquoi s’empêcher de connaître sans attendre ces satisfactions. Vous préférez échanger les horaires de sciences physiques contre ceux de français ou de philosophie…
Ce premier axe garde toute sa force s’il se mêle étroitement à votre deuxième axe : la force de votre projet d’orientation et votre détermination à le mettre en œuvre. Vous souhaitez vous engager dans des études de lettres, vous voulez faire du droit, vous n’envisagez pas du tout une carrière scientifique…

Il est temps de rechercher un allié dans les rangs de l’adversaire. Le front uni qui s’opposait à vous s’effrite légèrement. Ils ne sont pas tous prêts à vous imposer des études qui ne vous plaisent pas. Il serait bien étrange que personne ne sorte du rang afin de vous apporter le soutien nécessaire. Votre famille, bien sûr, mais si elle n’est pas du sérail, elle risque de manquer d’arguments. Le conseiller d’orientation semble bien placé  pour vous aider dans votre recherche argumentaire, mais cela peut être aussi un professeur ou votre CPE.

Viendra alors le temps d’avancer quelques arguments complémentaires :
Vous pouvez imaginer qu’en raison de vos goûts et de votre niveau, vos chances de rentrer à HEC ne sont pas plus faibles par le concours Option Lettres et Sciences Humaines (pour les étudiants de khâgne) qu’elles le sont par le concours auquel se présentent les élèves issus de la section S.

Vous savez aussi que le monde du travail regarde avec un œil nouveau, voire avec les yeux de Chimène, les élèves issus des filières littéraires.

Je vous laisse le soin de nourrir cette argumentation complémentaire.

Résistez si vous êtes déterminé(e) dans vos choix. Ne rejoignez pas le peloton des élèves de section S qui traversent leur scolarité dans l’ennui et la souffrance sans que cela soit compensé, plus tard, par les avantages escomptés.

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Les exigences des professeurs sont-elles justifiées ?

Certains, parmi vous, s’étonnent des exigences de certains professeurs et souhaiteraient mieux connaître les droits de ces enseignants d’imposer certains exercices…

Formulé autrement, ce billet pourrait s’intituler simplement « Les obligations des élèves ».

La première de ces obligations est l’obligation d’assiduité qui s’applique aux enseignements obligatoires, mais aussi aux enseignements facultatifs auxquels l’élève est inscrit ainsi qu’aux séances d’information diverses. De plus, cette assiduité concerne les examens et épreuves d’évaluation organisés par l’établissement. Concrètement, vous ne pouvez pas vous dispenser de participer au bac blanc. L’obligation scolaire s’impose à tous entre 6 et 16 ans, ce qui ne dispense pas d’assiduité les élèves plus âgés, voire majeurs. Après 16 ans, les élèves peuvent renoncer à leurs études, mais inscrits dans un établissement scolaire, ils doivent en suivre l’enseignement.

La seconde obligation, celle qui nous intéresse particulièrement aujourd’hui, n’est pas la plus connue et peut faire l’objet de contestations et de conflits. « Les élèves ont l’obligation d’accomplir les tâches inhérentes à leurs études. » Même si la formulation peut paraître très générale, vous conviendrez qu’elle enveloppe un certain nombre d’activités comme les exercices à rendre ou les leçons à apprendre. Au risque de vous décevoir, votre professeur est fondé d’exiger les travaux qu’il a prévu pour vous ou votre classe. Le seul point qui pourrait être contesté serait de l’ordre de l’inadaptation de ces travaux aux exigences de votre formation. Vos droits vous permettraient alors, par le biais de vos délégués, de soumettre cette situation abusive ou inadaptée au professeur lui-même, puis en cas de « blocage » au chef d’établissement. Comme souvent, la médiation du CPE peut produire des effets très positifs…

Enfin, ces droits et obligations des élèves se trouvent définis par la circulaire du 6 mars 1991 qui précise, de mon point de vue de façon inadaptée, l’obligation suivante : « Les élèves respectent l’ensemble des membres de la communauté éducative tant dans leur personne que dans leurs biens. » Evidemment que les élèves doivent se soumettre à cette obligation, mais cette obligation n’est pas une obligation spécifique aux élèves, elle s’impose à tous les citoyens !
On retiendra donc comme obligations spécifiques aux élèves : l’assiduité et le fait d’accomplir les tâches inhérentes aux études suivies. Comme tous les citoyens, on respectera les lois de la République, le fait d’être élève ne vous en dispensant pas !

Pour en savoir plus : http://cpe.paris.iufm.fr/spip.php?article218

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Les droits collectifs des lycéens

Fête du travail et fête des travailleurs, le 1 Mai peut être considéré comme la date qui symbolise l’extension des droits collectifs. Je profite donc de cette date pour aborder la question des droits collectifs des lycéens.

Ces droits furent étendus et fixés dans un texte célèbre du 6 mars 1991 connu sous le nom de « Droits et obligations des élèves ». On peut considérer que cette circulaire étend au lycée les droits reconnus aux citoyens dans la société.

Le droit de réunion : il a pour but de faciliter l’information des élèves. Les modalités pratiques sont précisées dans le règlement intérieur.
Concrètement, vous devez demander l’autorisation à votre chef d’établissement d’accéder à une salle pour tenir cette réunion. Si le chef d’établissement refuse pour des raisons exceptionnelles (par exemple des raisons de sécurité),  il doit motiver par écrit son refus.

Le droit d’association : des élèves majeurs peuvent créer des associations domiciliées dans le lycée.

Le droit de publication : les élèves peuvent publier et diffuser des textes qu’ils auront rédigés. S’ils n’ont pas l’obligation de soumettre ces textes préalablement au chef d’établissement, cette démarche peut être conseillée. Le règlement intérieur de l’établissement peut prévoir que les textes diffusés soient donnés au chef d’établissement au moment de la diffusion. Ces publications ne doivent pas porter atteinte aux droits des personnes. Des lycéens ont été poursuivis et condamnés pour non respect de ce droit des personnes.

Le droit d’affichage : l’établissement doit mettre à disposition des panneaux d’affichage. Le chef d’établissement précisera les conditions d’utilisation de ces panneaux. Il procèdera éventuellement à l’enlèvement des affiches qui porteraient atteinte à l’ordre public ou au droit des personnes.

On le voit, ces droits sont importants et comparables à ceux qui existent pour l’ensemble de la société. Accorder de tels droits correspond à la volonté de l’Etat de former ses futurs citoyens.

Nous aurons probablement l’occasion de revenir prochainement sur ces droits. Je n’oublierai pas alors d’évoquer les obligations des lycéens…

En savoir plus :

http://www.cpe.paris.iufm.fr/spip.php?article218

http://www.education.gouv.fr/vie-lyceenne/pid525/connaitre.html

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Que faire pendant les vacances de printemps ?

Ces vacances occupent une place importante dans la scolarité des élèves. En effet, elles se situent à proximité du baccalauréat et des conseils de classes qui siègent en conseil d’orientation. Lorsque l’on jette un œil curieux sur l’espace temporel qui nous sépare de ces moments fondamentaux dans la vie des élèves, on découvre qu’ils se situent à un jet de révisions. C’est demain ! Le calendrier du mois de mai est largement perturbé par la présence de ponts. Qui s’en plaindrait ? Celle ou celui qui n’aurait pas anticipé cette situation.

La problématique : se jeter tête baissée dans les révisions ou plonger violemment dans son transat ! Potasser le contenu de ses cours ou reposer son esprit et son corps avant d’aborder les épreuves qui les attendent…

Trop souvent le dilemme se présente sous la forme du « tout ou rien », comme si le choix opéré allait occuper tout l’espace que vous avez choisi. J’aimerais vous rappeler dans ce billet l’art de la nuance et la vertu de la modération. Je clamerai l’éloge de l’équilibre !

La diversité peut devenir le modèle que vous adopterez. Révisez le matin, fréquentez le cinéma ou la plage l’après-midi, alternez les périodes, renoncez à la régularité, cultivez la variété des disciplines.
Fuyez l’uniformité. La multiplicité des approches facilitera la mémorisation tout en vous protégeant de l’ennui.
Le temps de ce billet, je rejoins Antoine Houdar de La Motte qui en 1719 publiait dans ses fables nouvelles ces deux vers :

« C’est un grand agrément que la diversité.
[…]
L’ennui naquit un jour de l’uniformité. »

La fable d’où sont extraits ces vers s’appelle « Les amis trop d’accord » J’espère donc que ce billet ne vous aura pas tous convaincu afin de nous protéger les uns et les autres de l’ennui…

Post-scriptum :

Vous pourriez croire, à la fin de ce billet, que le sort de ceux qui sont obligés de travailler pour participer financièrement à leurs études m’est indifférent. Je ne les oublie pas. Je consacrerai prochainement un billet à cette situation. Mon espoir c’est que leurs horaires soient compatibles avec l’alternance que je prône pour les autres. Malheureusement,  je n’en suis pas certain.

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Absent en cours : c’est mon problème !

Dans ma fonction de CPE,  j’ai parfois été confronté à ces élèves absentéistes qui s’étonnaient de mon acharnement à lutter contre leur comportement.
« Lorsque je suis absent je ne pénalise personne d’autre que moi. D’ailleurs, les professeurs me disent souvent que la classe travaille mieux lorsque je ne suis pas là ! Sur le fronton du lycée est inscrit Liberté, Egalité, Fraternité ! Que faites-vous de ma liberté ?»

Je profite donc de ce billet pour apporter quelques éclaircissements…

En France, il existe depuis 1882 une obligation scolaire qui a évolué au fil des ans et qui maintenant s’étend de 6 à 16 ans. Pendant cette période de la vie, l’élève doit se soumettre à cette obligation. (1)
Comment expliquer cette soumission ?
Dans ses principes fondamentaux, la République s’est donnée comme objectif de former tous ses citoyens dans le but de leur permettre, en théorie, d’accéder de façon égalitaire à tous les postes. Afin de répondre à cet ambitieux objectif, elle a prévu que des avantages seraient liés à ce « statut » d’élève (bourses, allocations familiales, etc.)
A ce stade, ce qu’il faut comprendre, c’est que l’école n’est pas qu’un service public, elle est une institution. A ce titre, elle est comme la justice ou la police. Son but n’est pas seulement de satisfaire les besoins des usagers. La sentence prononcée au tribunal ne vise pas à plaîre à la victime ou au coupable, elle vise à être juste et ainsi permettre le fonctionnement de la société.

A l’occasion des lois de 1989 et de 2005, la situation des élèves a été précisée sous la forme de droits et de devoirs. J’aurai l’occasion de revenir sur les droits, mais voici ce que la loi prévoit pour les obligations :

Les obligations des élèves consistent dans l’accomplissement des tâches inhérentes à leurs études ; elles incluent l’assiduité et le respect des règles de fonctionnement et de la vie collective des établissements.

L’assiduité figure bien dans les obligations des élèves. J’en profite pour souligner le fait que cette présence en cours doit être active et que le professeur est en droit de vous punir lorsque vous n’accomplissez pas les « tâches inhérentes à [vos] études »

A défaut de vous convaincre, j’espère vous avoir éclairé dans la compréhension du cadre juridique de vos obligations scolaires.

Bien évidemment, il y a bien d’autres raisons de fréquenter assidûment le lycée…

(1) En fait, seule l’instruction est obligatoire, elle peut être dispensée ailleurs que dans l’école.

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L’élève systématiquement en retard

10 avril 2013 par · 6 Commentaires
Dans: Non classé 

Je dois vous avouer, non sans une certaine honte, qu’un étonnant type d’élève déclenche chez moi une admiration amusée : l’élève systématiquement en retard de 5 minutes. Chaque jour, notre élève reproduit cet exploit. Mon admiration est cependant altérée par les nombreuses interrogations que provoque ce comportement étrange.
En effet, l’heure étant pour l’essentiel une convention, il m’arrive de penser qu’il est aussi difficile de se présenter à 8 heures 05 qu’à 8 heures. Mon admiration tient au fait que choisir d’arriver à 8 heures 5 minutes plutôt qu’à 8 heures déclenche une suite de conséquences désagréables sous la forme de reproches proférés, voire de punitions infligées, par professeurs et surveillants, moins sensibles que moi à la répétition de l’exploit quotidien. Bien évidemment, j’ai déjà proposé à notre retardataire d’avancer montre, réveil et portable de 5 minutes et ainsi d’être à l’heure tout en préservant la douce impression d’être en retard… Que nenni ! Est-ce la peur de voir disparaître la douce ivresse de la transgression à laquelle aspire notre héros ? Il rétablit sans attendre le cours du temps et se présente à la grille avec les 5 minutes fatidiques qui lui assurent réprimandes et punitions.
Deux fois par an, cependant, un dispositif a été adopté devant permettre d’éclairer notre élève. L’heure d’été et l’heure d’hiver proposent une démonstration exemplaire. En cette occasion, l’élève devrait, à partir de la date du changement d’heure, se présenter 55 minutes en avance ou 1 heure 5 minutes en retard (… ou le contraire, mon admiration brouille un peu mon raisonnement, mais je pense que vous me suivez). Il n’en est rien ! Le mystère reste total. L’horloge biologique de l’élève se cale à nouveau afin de reproduire ses 5 minutes de retard. Face à ce phénomène, sa crédibilité devient irrémédiablement atteinte.

Ai-je l’espoir que ma petite démonstration aide mon lecteur retardataire à corriger son comportement ? J’en doute ! Le fait d’énumérer les inconvénients qu’il collectionne est probablement de même inutile. Pourtant ses dossiers porteront la marque de cet aberrant comportement.

Dans ces conditions, mon admiration s’émousse : « Peut-on raisonnablement agir aussi ouvertement contre ses propres intérêts ? »

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Face à la feuille blanche…

« Cela me rappelait mes dernières vacances en Bretagne. Avec mes amis, nous étions partis pour une courte randonnée tout au long de la côte bordée d’impressionnantes falaises. Nous cheminions sur le chemin des douaniers qui s’agrippait au sommet des vertigineux escarpements rocheux qui plongeaient dans la mer. Nulle végétation n’avait pu s’accrocher sur ses flans. Au-dessous, la mer se fracassait dans un grondement sourd provocant une écume bouillonnante qui s’envolait de ci de là sous l’effet du vent … »

S T O P !

Je reprends mon billet…Aucun élève ne s’est jamais adressé à moi en employant un tel langage romantique. Reprenons !

Notre sujet du jour est une invitation à réfléchir afin d’analyser les attitudes que certains élèves adoptent dans les situations d’apprentissage.

Concrètement, je pense, en particulier, à ces élèves qui lors d’un contrôle – surpris d’avoir trouvé le résultat – refont l’exercice jusqu’à ce qu’ils fournissent une réponse erronée…

Je vous invite donc à réfléchir à ce qui se passe lorsque vous vous trouvez face à la copie le jour des épreuves. Comment découvrez-vous le sujet ? Quelle démarche adoptez-vous pour le traiter ? Avez-vous confiance en vous ? Cette rapide analyse peut être effectuée par vous rapidement à la fin de l’épreuve. Je vous invite ensuite à comparer votre comportement dans les différentes matières afin de déceler s’il s’agit d’une attitude exceptionnelle ou permanente. Enfin, examinez le déroulement de l’épreuve lorsque vous l’avez réussie comme lorsque vous avez échoué. Il peut se faire que vous découvriez alors certaines attitudes répétitives qui nuisent à l’efficacité de votre travail scolaire et qui vous paraîtront irrationnelles. Vous pourrez, je l’espère, plus facilement les corriger. L’assistance de l’un de vos professeurs, de votre CPE, voire de vos parents, peut s’avérer utile.

Vous risquez aussi de percevoir des similitudes entre ce qui se passe lors de ces exercices scolaires et vos réactions dans la vie sociale extérieure. Ces rapprochements pourront vous apparaître particulièrement instructifs…

C’était le sens de mon initial délire lyrique. Reprenons cette histoire exemplaire…

CPE, je m’intéressais dans le cadre des entretiens individuels que je menais au fonctionnement des lycéens dans les situations d’apprentissage. Par exemple, je leur demandais de me raconter le déroulement de leur dernier contrôle de mathématiques.

Voici ce que me racontait, un jour, une élève qui était confrontée à certaines difficultés.

« – Cela me rappelait mes dernières vacances en Bretagne. Avec mes amis, nous étions partis effectuer une randonnée sur le chemin des douaniers. Je marchais en tête du groupe lorsque je me trouvais face à un dilemme. A la suite d’un éboulement au sommet de la falaise, la municipalité avait aménagé, un peu plus haut, un passage protégé par des barrières, tandis que le chemin se poursuivait devant moi, plus étroit. Je sentais derrière moi les regards de mes camarades et j’eus alors l’impression que mon choix allait être important…
J’ai vraiment eu la même impression hier pendant mon devoir de mathématique. J’ai opté pour la résolution qui me semblait la plus risquée.

- Et cet été sur le chemin des douaniers ?

- Vous avez compris, je choisissais le passage du haut de la falaise, le plus risqué. Mais j’ai été prudente ! »

La semaine suivante, elle m’informa que pour la première fois, elle avait eu 16 à son contrôle de mathématiques…

Tout au long de l’année, cette jolie histoire servit de toile de fond aux entretiens que je menais avec cette élève. La question de la confiance en soi et de la prise de risque, problématiques fréquentes, nous accompagna…

Certains soirs, dans mon bureau, il m’arrive parfois d’entendre le bruit des vagues qui se fracassent au pied de la falaise…

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J’imite mon camarade pour réussir comme lui

Sur la lancée du billet précédent, je vous propose une nouvelle histoire vraie qui a la saveur d’un conte. Une belle histoire, mais comme toutes les belles histoires, une histoire un peu triste… à la fin.

Il était donc une fois, un élève qui venait régulièrement rencontrer son CPE à l’occasion d’entretiens de suivi individuel. Comme d’autres élèves, il venait exposer ses projets et tenter d’atteindre ses objectifs. Aujourd’hui, on dirait qu’il bénéficiait de l’assistance d’un coach.

Notre élève était très sérieux, attentif aux conseils, désireux de réussir et vous en conviendrez à la fin de ce billet, il ne manquait ni de finesse, ni de malice.

Un jour – nous étions en début d’année- voilà ce qu’il me confia.

« Vous savez que j’ai comme camarade Adrien, le meilleur élève de la classe. Il semble toujours à l’aise et savoir quand il faut travailler et surtout comment. Moi, de mon côté, je ne sais jamais ce que les professeurs attendent réellement. J’ai remarqué cela l’an passé. Je ne vous en avais pas parlé alors. Pendant les vacances, j’ai pris une décision, avec son accord, mais en gardant secrètes mes motivations.
Je m’installe à tous les cours à côté de lui. Du coin de l’œil, je le surveille. Je prends des notes lorsqu’il écrit dans ses cahiers. J’écoute le professeur lorsqu’il est attentif à ses propos. Bref, vous avez compris, j’agis exactement comme lui. A l’internat, nous partageons la même chambre, ce qui me permet de travailler lorsqu’il travaille et de jouer au football dans la cour lorsqu’il se détend…

Je me suis dit que je n’étais pas plus bête que lui, je pense même être aussi intelligent. Comme il maîtrise parfaitement les méthodes de travail, en travaillant comme lui, je devrais me rapprocher de ses performances… »

Inutile, je pense, de vous dire combien à l’entendre, je fus séduit par son implacable logique et ému par sa naïveté. Il réduisait les processus complexes d’apprentissage à un ensemble d’attitudes et de gestes… Si les résultats attendus par lui ne furent pas à la hauteur de ses espérances, il tira cependant quelques bénéfices de sa tactique.

Cette histoire nous rappelle l’écart qui existe entre les élèves – souvent issus de milieux favorisés – qui perçoivent clairement les attentes implicites des professeurs et ceux qui comme notre élève – issu d’un milieu défavorisé – ont besoin d’une explicitation des consignes.

Chacun tirera certainement une morale de cette jolie histoire… un peu triste.

Pour ma part, elle m’incite à soutenir les démarches d’élèves, en direction des professeurs, afin que ces derniers explicitent leurs attentes. N’hésitez donc pas à demander à votre professeur de préciser les consignes et de transmettre les méthodes de travail. Vous agirez alors dans le sens de la réduction des inégalités scolaires.

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Exclusion de cours : quand le CPE se fâche…

Je vous propose, sous la forme trompeuse d’un conte, une belle histoire vraie.

Il était une fois un CPE qui se plaignait d’accueillir de façon répétée et intempestive un élève qui se faisait exclure de cours de façon aléatoire. Le pauvre CPE, qui comme les autres CPE, n’appréciait pas cette tâche qu’il jugeait inefficace, avait cependant tout essayé dans l’espoir de mettre fin à ce comportement qui perturbait les cours et la scolarité de l’élève. Avertissement, devoir supplémentaire, retenu, exclusion temporaire… Rien n’y faisait. Le lendemain, l’élève exclu, imperturbable, revenait toquer à la porte du bureau du CPE.
Un jour, l’élève de nouveau exclu se présenta à la porte du CPE au pire moment. Le vieux conseiller venait de recevoir une demande urgente du proviseur et se trouvait débordé en cette période de conseil de classe.
« Je ne supporte plus de devoir interrompre mon travail pour t’accueillir à n’importe quel moment ! » cria-t-il soudain. « Je sais que tu seras de nouveau exclu demain ! C’est intolérable ! ».
Et puis, sous l’effet de la colère, le pauvre CPE expérimenté pris une décision qu’il regretta toute la nuit. Il s’empara brutalement de son agenda et proféra l’injonction suivante :
« Fais-toi exclure demain à 11 heures. Je t’attendrais ! ».
Une fois l’élève parti et la colère retombée, il eut conscience de l’aberration de sa décision. « A quoi avaient donc servi ses vingt ans d’expérience ? » songeait-il … « Je viens de demander à un élève de se faire exclure de cours ! Si cela se savait… »

Après une nuit hantée de cauchemars, sa matinée au bureau fut suffisamment chargée pour le distraire de cette préoccupation. A onze heures donc, il s’installa pour accueillir notre élève champion des exclusions. Le temps s’écoulait, personne ne frappait à sa porte…

En fait, il ne se présenta au bureau ni ce jour là ni un autre. Il ne fut jamais plus exclu de cours !

Cette histoire vraie laissa à jamais perplexe notre CPE expérimenté…

Je vous laisse le soin de trouver votre morale à ce joli conte.

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