La fin des cours approche : trois mois sans rien faire, le top !
Le conseil de classe du troisième trimestre est programmé pour le 6 juin et le 7, c’est plié, fin des cours, place aux bacheliers !
Vous êtes en vacances jusqu’au 3 septembre prochain ! Panique généralisée à la maison, « Que va-t-il/elle faire de tout ce temps libre ? C’est absurde ! Indécent ! Parlons-en des rythmes scolaires !! » On vous presse de vous organiser, de vous trouver dare-dare des occupations. « Tu ne vas pas passer trois mois à ne rien faire ! » Consultation frénétique des sites offrant qui des séjours linguistiques, qui des remises à niveau en maths, qui des stages de tennis… Tout sauf la glandouille !
Vous ne pouvez pas savoir à quel point la seule idée de vous imaginer sans activité est insupportable à vos parents. Cela est parfaitement irrationnel, soit, mais vous ne pourrez y échapper, d’autant que tout ce qui vous sera proposé sera pour votre bien naturellement ! Comment admettraient-ils qu’il s’agit avant tout de calmer leurs angoisses ?
Pour déjouer les plans les mieux intentionnés, le mieux est pour vous de prendre les devants.
1/ Première possibilité : le job d’été. La chose demande pas mal d’anticipation. Vous n’allez rien dégoter à cette période de l’année et, à 16 ans, vous êtes trop jeune pour les emplois classiques (vendeur/euse chez Decathlon, serveur/euse dans un café, caissier/ère au supermarché…). Ce n’est donc que le piston et/ou le réseau familial qui vous sauveront la mise. Le tonton viticulteur en Beaujolais, quelle aubaine ! Il y a toujours quelque chose à faire dans les vignes. Des amis de la famille qui ont une entreprise et pas mal de paperasse en retard. Vous êtes sérieux/se, organisé(e) et pas les deux pieds dans le même sabot, vous allez passer le mois de juin, voire juillet à classer, ranger, réorganiser le listing des clients. En plus, vous êtes naturellement à l’aise avec l’informatique, vous saurez débrouiller quelques situations compliquées et mettre de l’ordre dans les fichiers. Le plan « Je propose mes services à grand-mère pour repeindre ses volets » avec un(e) copain/copine peut être apprécié également. Bref, une large palette s’offre à vous, si vous avez fait preuve de réactivité.
2/ Le séjour linguistique plutôt cool.
Pratiquer les langues, oui, se pourrir l’été, non ! Selon les défaillances constatées, vous êtes d’accord pour améliorer votre pratique de l’anglais ou de l’espagnol. Un mois en Angleterre ou en Espagne, pourquoi pas ? Cohérents dans leurs choix, vos parents risquent d’opter pour le séjour le plus encadré possible, avec cours le matin et temps libre dans votre famille d’accueil le reste de la journée. Montrez-vous inventif/ve et proposez un plan B plus à votre goût. Par l’assistante d’anglais du lycée (qui est en fait écossaise), vous avez entendu parler d’un chantier de restauration d’un château médiéval en Ecosse encadré par une association du cru. C’est ouvert aux jeunes à partir de 16 ans (dans la limite des places disponibles), quelle que soit leur nationalité, la sélection se fait sur dossier et la motivation est déterminante. Pas difficile de convaincre vos parents de la valeur ajoutée d’un tel séjour : bain culturel, socialisation dans la langue du pays d’accueil, coût très raisonnable (le gîte et le couvert au prix d’une auberge de jeunesse), activités physiques garanties.
Autre plan : votre meilleur pote dont la famille est originaire de Valencia vous invite à la cueillette des fruits sur l’exploitation familiale. Les cousines espagnoles seront sur place, si vous voyez ce que je veux dire… De la cueillette à conter fleurette il n’y a qu’un pas. Il y a moyen, si vous êtes une fille, d’aller faire connaissance avec les cousins.
3/ Refusez tout de go le stage intensif de maths qui ne sert à rien si ce n’est qu’à engraisser les officines privées qui se font des sous sur le dos de parents anxieux pour l’avenir de leur progéniture ! Prenez plutôt l’engagement de revoir votre cours de maths de seconde dès la mi-août et de refaire les exos qui vous ont donné du fil à retordre. De même pour la physique. Et puis, si vous vous destinez à la série L, ne lésinez pas sur les « folio », mangez-en à tous les repas !
ire
Bel été à vous !
Je n’aime pas la LV2 que j’étudie depuis la quatrième, puis-je en changer pour le bac ?
Manque de chance, le collège de votre secteur n’offrait que l’espagnol en LV2 mais c’est le russe qui vous attirait parce que c’était la langue de la grand-mère que vous adoriez ! Elle a bercé votre enfance et sa petite musique vous est familière, bien qu’il n’y ait plus personne avec qui la parler à la maison, d’où votre envie bien légitime de la faire revivre.
Bah ! Restrictions budgétaires obligent, il n’y a plus assez de candidats pour le russe, donc exit le russe !
Ou encore, le prof d’allemand de votre collège avait tellement prêché pour « sa paroisse », à coups d’interventions sauvages dans les réunions parents-professeurs que vos parents se sont laissés convaincre et ont fini par vous convaincre vous que décidément l’allemand avait l’avantage sur les autres langues proposées. Culturellement au top et pas si dur qu’on le dit. Pensez donc la langue des grands philosophes, de Kant à Hegel !
Pire encore, c’est en primaire qu’on est venu vous cueillir et l’allemand est votre LV1 ! Ce choix élitiste devait vous placer en haut du panier et rapporter gros le jour de l’examen.
Résultat, vous voilà hispaniste ou germaniste contre votre gré et pour encore deux ans ! Vous rongez votre frein.
Les langues, c’est comme la pratique d’un instrument de musique, vous voulez jouer du trombone et on vous colle devant un piano… pour votre bien.
Dans l’un et l’autre cas, votre seule consolation sera de vous dire que plus on pratique des langues ou des instruments de musique plus les nouvelles/nouveaux sont faciles à apprendre.
Résumons-nous. Vous aurez à présenter deux langues pour le baccalauréat GT et même pour certains baccalauréats professionnels (secteur du service). Les compétences orales comptent désormais autant que l’écrit et sont évaluées selon un référentiel européen (le cadre européen commun de référence pour les langues).
Le système permet malgré tout quelques sorties de secours. Les voici :
1/ Triste consolation, direz-vous, il vous sera toujours possible d’inverser la LV1 et la LV2 à l’examen. D’ailleurs, en première, ces deux appellations n’ont plus cours, puisque l’enseignement de chaque langue est organisé en groupe de compétences, sans que l’on tienne compte de vos années d’apprentissage.
2/ Autre possibilité intéressante, vous pouvez présenter à l’examen une autre langue que celles étudiées pendant votre cursus. Les textes sont formels sur ce point : « Les candidats ne sont pas tenus de passer les épreuves de LV1, de LV2 et de LV3 dans les langues qu’ils ont étudiées pendant leur cursus. Ils peuvent choisir la langue dans laquelle ils souhaitent être évalués à ces épreuves du baccalauréat. Une trentaine de langues étrangères et régionales peuvent être présentées au titre des épreuves obligatoires de LV1, LV2 et LV3 et une cinquantaine de langues étrangères et régionales au titre des épreuves facultatives de langues vivantes » (www.education.gouv.fr/cid206/les-langues-vivantes-etrangeres.html). Voir aussi : www.eduscol.education.fr/cid60505/les-nouvelles-modalites-des-epreuves-de-langues-vivantes.html
A cela une contrainte tout de même ; vous devez justifier de notes pendant l’année dans l’étude de cette langue. On vous demandera donc la preuve d’une inscription au CNED ou dans tout autre organisme associatif, consulaire.
C’est l’occasion de retrouver vos racines, de valoriser la culture de vos ancêtres. Inscrivez-vous à un cours de russe, d’arabe, de persan. Ces langues ne vous sont pas étrangères, il vous suffit de les transformer en objet d’étude pendant deux ans. Elles seront un atout certain pour plus tard. Tout plutôt que de rester dans la détestation de l’allemand ou de l’espagnol !
3/ Si les deux propositions précédentes ne vous emballent pas, faites-vous plaisir avec une LV3 complètement optionnelle. Ce peut être le russe de grand-mère ou l’italien appris au cours de séjours réguliers dans votre famille paternelle/maternelle. Vous n’avez rien à y perdre, seuls les points au-dessus de la moyenne seront comptés. Et l’oral est de plus en plus valorisé.
S’il n’y a pas un intérêt affectif et/ou culturel dans l’apprentissage d’une langue, à quoi bon ? On apprend tellement plus vite quand on aime !
Les langues anciennes, Ã quoi bon ?
Pour faire plaisir à vos parents, vous aviez accepté de conserver le latin en seconde. Vous n’aviez pas vraiment d’arguments contre ; votre enseignant de collège était absolument génial, vous buviez ses paroles et, mine de rien, vous avez acquis une sérieuse culture antique. Vous aviez également tenté le grec mais il ne vous avait pas laissé un souvenir aussi inoubliable. Le choix entre ces deux langues fut vite fait. (Admettons qu’il aurait pu être l’inverse si l’enseignant de grec vous avait fait vibrer à la langue d’Homère).
Cette année, ce ne fut pas tout à fait la même paire de manches. Primo, on vous avait collé les heures de latin (3) le samedi de 8h à 9h et en fin de journée, très dissuasif… Secundo, sous prétexte que les langues anciennes sont les enseignements que vous pouvez conserver en première et en terminale, quelle que soit la série du baccalauréat choisie, l’enseignant prend sa matière très au sérieux (trop !) et fini les bons moments passés en compagnie d’Héraclès ou de la belle Didon ! Il faut trimer, apprendre du vocabulaire (200 mots nouveaux à acquérir dans l’année), le latin finit par vous barber, vous voulez arrêter. (Considérons toujours que la situation aurait pu être identique pour le grec). D’autant que les copains ne vous épargnent pas avec leurs commentaires à deux balles : matières élitistes, savoirs inutiles, voire réacs, et j’en passe !
Que penser de votre décision ? Elle mérite qu’on s’y attarde.
Vous serez sans doute surpris d’apprendre que seulement 16% des élèves de la série L prennent le grec ou le latin en épreuve facultative, contre 65% des scientifiques. Foin de la noblesse du geste, foin des Humanités, la raison est hélas purement utilitaire. Les langues anciennes seraient donc plutôt choisies de manière tacticienne pour servir de bonus et augmenter sa note à l’examen, puisque chaque point au-dessus de la moyenne est multiplié par 3 (par exemple, vous obtenez un 12/20, cela vous apportera 6 points supplémentaires). A prendre en considération tout de même.
Cependant, mécontent de cet état de fait, Monsieur le ministre de l’Éducation a pris l’engagement de rééquilibrer tout ça et de redonner du sens à ces enseignements. Preuve en est : leur intitulé a évolué, nous sommes passés depuis quelque temps de langues mortes à langues anciennes et aujourd’hui à « Langues et cultures de l’Antiquité ». Le ton est donné, outre le rappel que ces langues-là sont à l’origine des nôtres et qu’elles favorisent indubitablement l’apprentissage de langues étrangères par la gymnastique syntaxique qu’elles nous imposent, on insiste sur l’importance du monde gréco-romain dans notre culture politique, philosophique et morale. Notre littérature est imprégnée de ces références, nos modèles politiques sont calqués sur ceux de la Grèce et de la Rome antique, si bien que les textes d’il y a 2500 ans et plus interrogent sur le monde actuel de façon plus pertinente parfois que certaines œuvres contemporaines. Jeux de parallèles, d’identités et d’altérités très féconds pour la réflexion.
On ne s’étonnera donc pas que certaines grandes écoles de commerce et de management proposent une option de langue ancienne à l’écrit, voire à l’oral de leur concours d’entrée.
Selon les études vers lesquelles vous vous engagez, conserver une langue ancienne peut représenter un véritable plus. C’est certainement le cas pour tous les métiers de la culture (archéologie, bibliothèque, médiation culturelle, patrimoine) mais aussi pour des études de philosophie, de sciences ou de médecine.
Et puis, si tous ces arguments sérieux ne vous ont pas convaincu(e), en voici de plus frivoles :
« Je suis en première S et je trouve que le latin c’est super chouette. Ça me permet de voir mes copines de première L avec lesquelles je m’éclate. Ce que j’aime, c’est pouvoir frimer dans ma famille avec toutes les origines des mots. »
Mes résultats sont en baisse, que faire?
Ça y est, le découragement vous gagne ! Vous aviez l’impression en début d’année que tout roulait, que c’était cool la seconde, et puis, plus vous avancez, moins ça va. Aux contrôles, vous partez confiant(e), vous avez même l’impression d’avoir réussi et puis non, vos résultats s’effondrent en histoire, en français et en maths.
Vous vivez mal la course aux notes, la pression avant les fins de trimestre. En anglais, comme vous n’êtes pas très bon(ne), vous êtes dans un groupe faible et, au lieu d’améliorer votre oral, vous perdez le peu d’entraînement que vous aviez en troisième. « Cette année, il n’y a que les bons qui parlent ! », dites-vous.
Vous faites votre mea culpa : « Je me réveille un peu trop tard », « J’aurais dû m’accrocher plus », etc.
Vous sentez bien qu’il n’y aura d’autre perspective pour rester en voie générale que le redoublement.
Vous êtes en colère contre vos enseignants de collège qui vous ont décrit la voie professionnelle comme une voie de garage car vous, vous regrettez sincèrement de ne pas l’avoir choisie ! Vous avez la mauvaise surprise de découvrir que cette seconde indifférenciée est déjà la première marche vers le bac général, ni plus ni moins. Vous ne vous y attendiez pas, en troisième, on vous avait parlé d’enseignements d’exploration pour découvrir des domaines variés, prendre le temps de choisir ce qui vous plaît vraiment. Que nenni, on ne semble vous juger que sur trois matières, toujours les mêmes. Et en plus, pas de quartier, le niveau d’exigence est important. Vous ne vous attendiez pas à ce que ce soit si difficile.
A l’inverse de vous, votre copine Mélanie est une vraie crack en maths, elle pige tout tout de suite ! Mais elle a son caractère et son franc parler ; quand elle n’aime pas un prof, elle peut être insupportable en classe. Résultat, elle a encore été exclue temporairement la semaine dernière. Et, au conseil de classe, c’est elle évidemment qu’on oriente vers la voie professionnelle pour la guérir de son insolence… Mais ce n’est pas du tout son choix, elle veut travailler dans la santé ! Cherchez l’erreur…
Preuve, s’il en est, que la voie professionnelle n’est jamais proposée pour les bonnes raisons. On y envoie de préférence les trublions et vous qui aimez travailler la matière devriez exercer vos talents en dehors des heures de classe ! N’est-ce pas le monde à l’envers ?
Cela mérite d’être entendu dans les hautes sphères. Une suggestion : envoyez votre témoignage, ainsi que celui de Mélanie, au ministre de l’Éducation, (www.education.gouv.fr/vie-lyceenne) cela donnera du grain à moudre à ses conseillers… Peut-être qu’un jour enfin en France on arrêtera de maintenir les élèves dans la voie générale, au risque de les faire échouer.
En attendant, vous avez pris la bonne décision en refusant le redoublement. Vous vous cherchez une formation plus concrète qui vous convient mieux. Quant à Mélanie, elle apprend à se montrer plus docile pour rester dans la voie générale…
L’oral me stresse !
Il va falloir vous y faire et le plus tôt sera le mieux car le bac 2013, revu et corrigé par Vincent Peillon, fait la part belle aux oraux. On connaissait l’épreuve orale en français et les TPE qui faisaient l’objet d’une présentation orale en groupe, et ce, en classe de première (épreuves anticipées). Vous serez désormais évalué(e) dans vos capacités langagières, tout au long de l’année de terminale, en langue (LV1 et LV2). On ne peut que saluer cette évolution, la France faisant figure de ringarde par l’importance (tout à fait disproportionnée) qu’elle accorde à l’écrit dans l’enseignement des langues et pas que dans cet enseignement ! Par ailleurs, beaucoup de séries technologiques ont l’obligation d’avoir une deuxième langue vivante, c’est dire l’importance renforcée donnée au parler et à l’ouverture sur les autres ! Vous aurez enfin la possibilité de présenter à l’examen une langue différente de celles étudiées au lycée, dans ce cas, il y aura un examen oral spécifique.
Autre surprise qu’on vous réserve en terminale, une soutenance orale de 20 à 30 minutes selon les matières choisies et la série : cela s’appliquera entre autres à l’épreuve Sciences de l’ingénieur, Informatique et Sciences de l’ingénieur.
Si vous êtes du genre à avoir toujours les bonnes réponses sans être capable de lever le doigt pour les donner, terrorisé(e) à l’idée d’intervenir devant tout le monde, si en cours d’anglais ou d’espagnol (c’est rarement les deux à la fois), vous tournez sept fois votre langue dans la bouche avant d’en sortir un son, si, en bref, le moindre exposé vous noue l’estomac, vous sèche la gorge, vous rend les mains moites et met vos boyaux en folie, prenez en considération les conseils dispensés ici, pour vous préparer bien en amont à l’exercice très calibré de l’examen. Demain, c’est le bac mais après-demain, ce sera un entretien de motivation pour entrer dans la formation de vos rêves.
Premier constat : le stress au moment d’une épreuve est normal. Pour le combattre, votre corps secrète une hormone appelée l’adrénaline, on parle ainsi de « poussées d’adrénaline », la plupart du temps, elles nous sont salutaires car elles endiguent la peur tout en nous donnant un sérieux coup de pouce. En excès, elles peuvent littéralement figer notre activité cérébrale et motrice (cette sensation bien connue de ne plus rien savoir, d’avoir le cerveau vide).
Un conseil, pour éviter tous ces désagréments, le plus sûr est de connaître son sujet, surtout pas d’impasses ! Savoir où l’on va et y aller avec assurance, sans se laisser déstabiliser. Poursuivre son idée, imperturbable ! Plus vous serez hésitant(e) sur les contenus, plus vous perdrez vos moyens et serez débordé(e) par le trac. Ce sera aussi la meilleure façon de fâcher un examinateur récalcitrant qui ne vous laissera passer aucune erreur et vous enverra au diable à la moindre bourde ! Reconnaissez alors en votre for intérieur qu’il aurait suffi de bien baliser le terrain pour ne pas vous laisser surprendre…
Connaître à fond toutes les parties du programme, c’est la solution idéale bien sûr, on peut aussi tendre vers cet idéal ; se débrouiller pour ne pas laisser de zones d’ombre et conserver une vue d’ensemble.
D’aucuns conseillent même d’apprendre par cœur son plan, pour avoir la trame de son discours en tête, d’autres suggèrent de mémoriser son amorce pour éviter les blancs et démarrer bille en tête. Cela a sûrement de gros avantages en langue où il faut se couler dans une autre construction syntaxique ; une fois le départ donné, on est plus à l’aise. A vous de voir ce qui est le plus efficace pour vous.
J’ai souvenir d’un professeur bienveillant qui, sentant l’un ou l’autre en train de s’égarer, lui demandait simplement : « Que voulez-vous dire ? Quelle est votre idée ? » et cela avait le don de remettre en marche la machine à penser, l’élève s’appropriait son savoir à mesure qu’il parlait.
Mais certains examinateurs n’ont pas cette délicatesse et peu leur importe de faire accoucher les esprits, il faut se préparer à cette éventualité et savoir qu’on peut être rudoyé(e).
Et puis, si tout cela ne marche pas, essayez le yoga !
Je n’arrive pas à lire les pavés imposés en français !
Laissez tomber pour un moment les pavés prescrits par votre professeur et courez acheter en folio (ou empruntez à une bibliothèque) le délicieux, merveilleux » Comme un roman » de Daniel Pennac. Voilà qui va vous revigorer, quand vous saurez que, parmi vos droits imprescriptibles de lecteur (sic), il y a celui de sauter des pages, de grappiller et surtout celui de ne pas finir un livre. Quelle que soit votre histoire avec les livres (histoire d’amour « toujours » ou histoire d’amour déçu), vous vous reconnaîtrez dans les portraits présentés. Et quelle libération de voir écrit noir sur blanc par un ancien professeur de français que c’est hélas la façon dont on vous a conduit vers les livres qui est à incriminer et non votre soi-disant inappétence à la lecture !
Vous ne m’entendrez donc pas entonner le refrain habituel : « Ils ne lisent pas, comment voulez-vous qu’ils aient leur bac ? ». De votre côté, inutile de vous flageller et de vous répéter que « Germinal » en quinze jours, vous n’y arriverez jamais. Suivez les conseils de M. Pennac. Les classiques de la littérature ne sont pas toujours digestes ; on peut être rebuté par des mots, des tournures aujourd’hui inusitées, des descriptions interminables de lieux, de personnages. Quand c’est trop long et que ça vous barbe, zappez et reprenez quand de nouveau l’intérêt revient. Les Zola, les Balzac, les Hugo s’y entendent pour vous maintenir en haleine malgré l’épaisseur de leurs ouvrages. Ce sont des bons. Vous vibrerez pour Étienne Lantier, pour Eugénie Grandet et les métamorphoses de Jean Valjean vous fascineront, quand bien même quelques épisodes vous auront échappé(e)…
Cette lecture « vagabonde » mais personnelle vaudra toujours mieux que de vous ruer sur les « digests » d’œuvres en vente dans le commerce ou libres d’accès sur la Toile. Parce qu’en vous privant d’un accès direct au livre et de la possibilité de vous laisser embarquer par un auteur, vous faites de la lecture à tout jamais un exercice rébarbatif et contraignant.
Comme l’examen n’est que l’an prochain, prenez le temps d’aller d’un auteur conseillé à un autre, abandonnez l’un pour mieux vous saisir de l’autre, à votre guise. L’essentiel est de rencontrer le/les textes qui comptera/compteront pour vous.
D’ailleurs qu’attend-on de vous exactement à l’examen ?
Il est toujours bon d’avoir l’information la plus exacte possible sur la question. Pour cela, le Bulletin officiel (spécial n°7 du 6 octobre 2011) est irremplaçable et consultable sur Internet. Y est décrite précisément l’épreuve anticipée de français que vous aurez à passer en première (elle est commune à toutes les sections, seul le coefficient change). On y lit notamment que les épreuves ont pour but « de vérifier les compétences acquises en français tout au long de la scolarité. Elles portent sur les contenus du programme de la classe de première ». Parmi les compétences et les connaissances évaluées, il y a l’ « aptitude à mobiliser une culture littéraire fondée sur les travaux conduits en cours de français, sur des lectures et une expérience personnelles ». Tout un programme, me direz-vous !
A y regarder de plus près, il s’agit ni plus ni moins de mettre à profit TOUTES vos lectures, et pas forcément les Å“uvres au programme et plus largement de faire travailler votre réflexion personnelle sur lesdites Å“uvres. Et ce n’est pas parce que vous ne serez pas venu(e) à bout des « Misérables » que vous ne saurez pas en transmettre quelque chose.
Je ne sais pas ce que je veux faire, et alors !
Vous passez pour un extra-terrestre, tous vos copains ont l’air de savoir ce qu’ils veulent faire plus tard, pas vous. L’entretien avec le COP n’a rien donné de concluant ; il vous a fait passer des tests, vous avez coché des cases, discuté avec lui de vos goûts, de vos rêves d’avenir mais quant à transcrire cela en filière, série et autre dénomination barbare, rien à faire, vous vous bloquez. Les BTS qu’il vous propose sont loin de vous motiver ; on dirait même que cette indétermination joue très fort contre vous ! On vous cantonne à des emplois intermédiaires parce qu’on vous croit sans ambition et peut-être même un peu limité intellectuellement… Pour un peu, vous passeriez pour un idiot ! Tout ça parce que vous n’arrivez pas à vous projeter de manière concrète dans des études, un métier.
Et pourtant, on se demande pourquoi on s’inquièterait pour vous. Vous vous portez très bien, merci, vous avez plein de potes dans la classe, les résultats sont loin d’être cata, sans crever le plafond. Vous êtes une nature heureuse, curieux de tout, ouvert à beaucoup de domaines, sans doute un peu immature mais à 16 ans, fichtre, vous avez le droit à l’insouciance ! Vos parents ne se faisaient pas de souci jusqu’au jour où ils sont rentrés défaits d’une réunion organisée sur l’orientation en fin de seconde. Ils ne se doutaient pas non plus qu’il fallait se déterminer aussi vite sur l’avenir, le vôtre. Ils vous voyaient encore jouer aux voitures et aux Barbie. De grâce, rassurez votre monde, vous allez choisir une voie suffisamment généraliste pour ne pas vous bloquer par la suite, la série ES, tiens, savant dosage de sciences humaines et de sciences dures sans excès, vous conviendra tout à fait. Et puis tant de choses peuvent se passer entre cette demi-année de seconde et la rentrée prochaine ! Il suffit parfois d’un rien : un job d’été qui vous révèle à vous-même (vous vous trouverez alors doué(e) pour le respect des plannings, à l’aise dans les contacts, aimant vous occuper des gens et très autonome au point qu’il vous sera sans doute difficile plus tard d’obéir à un chef, toujours bon à savoir). Une rencontre avec un professionnel qui vous fait partager sa passion pour son métier et tout à coup des pistes s’ouvrent ! Et puis surtout, vous aurez mûri et le monde adulte commencera à avoir un intérêt pour vous ; vous pourrez entrevoir la possibilité d’en faire partie un jour, c’est ainsi que peu à peu vos idées se mettront en place sur la voie à choisir pour l’avenir.
Demandez aux donneurs de leçons, qui vous serinent que vous prenez bien votre temps, comment ils ont fait eux pour arriver où ils en sont aujourd’hui. Vous obtiendrez les récits les plus divers mais rarement un parcours rectiligne.
Mes profs sont trop top !
Parions que cette année de seconde restera le meilleur souvenir de toutes vos années sur les bancs de l’école ! Vous êtes plus d’un à évoquer une bonne décennie plus tard, presque les larmes aux yeux et en tout cas le sourire aux lèvres, vos premiers enseignants de lycée, ceux qui vous ont fait grandir et ne vous ont jamais traité(e) comme un bébé. Vous êtes devenu(e) en peu de temps un(e) vrai(e) interlocuteur/trice.
En effet, on ne saurait dire à quoi ça tient – changement d’établissement ? Maturité personnelle ?- mais cette année, tout roule , les profs sont top, l’ambiance de la classe est bonne.
Et si la classe de seconde, loin d’être une fiction, c’était vraiment ça ? Que du bonheur…
Prenons la matière qui fait peur à tout le monde : les maths. Il n’est pas rare de s’y sentir nul(le) et à force, on ne fait plus l’effort de suivre… Sauf que cette année M.B., qui sait qu’il ne va pas faire partager sa passion du calcul à toute la classe, a quand même l’ambition de débloquer les plus réfractaires, afin que sa matière ne soit plus un handicap à certains. Il vous prend avec toutes vos lacunes du collège, se donne la peine de vous expliquer où il veut vous conduire comment et pourquoi. M.B. n’est pas obnubilé par le programme, tout en sachant où il va, et c’est super rassurant pour vous. Du coup, il y a vraiment des choses que vous savez faire en mathématiques et qui vous semblait impensable l’an dernier.
Quant au professeur de français, vous savez la chambrer quand elle s’enthousiasme un peu trop à votre goût sur un vers de Verlaine, une réplique de Molière. Vous ne partagez pas forcément ses amours littéraires mais vous reconnaissez qu’elle s’y entend pour vous rendre accessibles ces textes d’un autre temps. Mme S. a l’art et la manière de jeter des ponts entre les préoccupations d’hier et les vôtres aujourd’hui. Surtout, elle n’est pas méprisante quand vous sortez une grosse bêtise sur un auteur ou sur une œuvre censée être connue de vous. Bien au contraire, elle se montre bienveillante et vous donne quelques tuyaux simples pour vous repérer dans les œuvres, les auteurs et les siècles. En conclusion, elle sait faire aimer sa matière.
Comme vous avez tiré le gros lot, même les sciences humaines ne vous rebutent plus. A cela, une raison bien simple : comme le programme en histoire est copieux et que vous seriez susceptible de vous y noyer, votre enseignant annonce simplement, à chaque début de séance, ses objectifs et le plan du cours. Il vous donne des repères en problématisant les événements, sans jamais donner l’impression de déverser sur vous tout son savoir. Quand vous avez à analyser un document, il explique précisément ce qu’il attend de vous. Et ce n’est pas le genre à donner des interros surprise, il trouve ça vicieux ! Plus carré tu meurs mais au moins vous savez où vous allez !
En langues, comme vous êtes très nombreux dans la classe, il serait facile au prof de faire son show, sans se préoccuper de vous entraîner à l’oral ! Mais il a toutes sortes d’astuces pour vous rendre actif et acteur, plutôt que spectateur du cours. Il sait aussi jouer sur toute la palette des compétences à faire travailler et chacun d’entre vous y trouve son compte. On peut avoir une excellente écoute, mémoriser très vite un dialogue mais avoir peur de parler. On n’apprend pas tous de la même manière et le prof en tient compte.
Il n’y a guère qu’en SVT que ce n’est pas folichon car le programme n’est pas emballant mais respect à l’enseignant, il explique bien et donne des contrôles accessibles. Du coup, il n’y a pas le bordel en classe.
Fin de la fiction ou réalité ? On voudrait tellement y croire…
Je suis bon(ne) en tout, je choisis quoi ?
Ne pas croire que le choix en est plus aisé ! Essayons pour voir de se mettre à la place de ceux qui paraissent les mieux lotis. Vous vous posez sûrement des tas de questions et on doit vous seriner de prendre sans hésiter la voie royale, la série S, qui mènera à tout. En ce qui me concerne, je vous proposerai plutôt de vous faire plaisir, puisque vous en avez la possibilité ! Il sera toujours temps de bifurquer, d’emprunter diverses passerelles (elles sont de plus en plus nombreuses) pour aller vers plus de sciences, plus d’économie, que sais-je ?
Par exemple, vous trouvez aberrant de vous engager dans des études scientifiques alors que vous êtes tenté(e) par les sciences politiques, le droit international, la finance. La série ES avec un enseignement spécifique en sciences économiques et sociales (5h par semaine) et beaucoup d’histoire-géographie, sera, c’est sûr, plus en correspondance avec vos centres d’intérêt.
N’hésitez pas ! Même si, pour une raison ou une autre, votre cursus futur vous impose de muscler votre niveau en maths et de faire plus de statistiques (pour des études dirigées vers la finance par exemple), vous n’aurez aucun mal à combler certaines lacunes, puisque vous êtes à l’aise dans cette matière. Et des stages de remise à niveau vous seront proposés dans bon nombre d’universités.
Ou alors, comme vous n’avez aucune stratégie particulière (et vous refusez même d’en avoir une !), vous suivez votre cœur et décidez de poursuivre dans les lettres, parce que les cours de littérature comparée offerts en série L vous attirent particulièrement. Pourquoi pas ? Sachez seulement que les études supérieures scientifiques seront un peu compliquées à envisager mais jamais impossibles ! Pour acquérir le niveau d’un bac S, il vous faudra rattraper des parties entières du programme en maths, en physique et en SVT, mais on en a vu parcourir en six mois deux années d’un cursus complet pour arriver à leurs fins !
A l’inverse, vous avez écouté vos parents, vos professeurs et vous êtes sur le point de choisir la série S pour rassurer tout le monde. Vous n’êtes pas sûr(e) d’adorer les maths et la physique au point d’y passer le plus clair de votre temps. Pas de souci ! Testez-vous en première et si jamais ça vous saoule au bout d’un an, vous pouvez changer de voie en fin d’année, grâce aux stages-passerelles. Vers la série ES, si l’actu et la politique vous branchent, vous n’aurez pas grand mal à travailler les sciences économiques et sociales. Vers la série L, si vous avez un goût marqué pour le maniement des concepts et le raisonnement abstrait (8 h de philo quand même par semaine !).
La bifurcation peut s’opérer également après le bac. Vous serez sans doute étonné(e) d’apprendre que 20% des bacheliers de la série S se dirigent vers une classe préparatoire littéraire (la fameuse hypokhâgne) et que le mariage des lettres et des sciences sociales est de plus en plus encouragé (l’option BL en classe préparatoire le permet).
Alors, laissez-vous porter par ce que vous aimez et oubliez les stratégies ; elles servent souvent d’écran à l’accomplissement de soi et ne sont que des mesures dilatoires pour retarder de vrais choix. Combien ont tout plaqué au bout de quelques années d’études subies pour enfin se réaliser ! L’attitude tacticienne, c’est de la poudre aux yeux !
Orientation, je suis perdu (e) !
Un truc à savoir : c’est le conseil de classe qui vous permettra, ou non, de poursuivre dans la filière générale (séries L, ES, S). L’accès aux autres filières (technologique et professionnelle) prend le joli nom de « réorientation », c’est tout dire de la valeur qu’on attache dans notre pays à ces formations ! Mais oubliez pour un instant ces finasseries…
Plusieurs critères sont à considérer. En voici quelques-uns.
1/ Allez vers vos rêves de toujours, vers vos envies, certaines sont tenaces « je veux travailler dans le tourisme depuis… ». N’hésitez pas, même si votre entourage n’est pas convaincu, foncez, cherchez la doc, le baccalauréat idoine, les établissements, la durée des études, TOUT sur le tourisme ! La motivation est le moteur essentiel. Vous serez surpris(e) de l’énergie que vous pouvez soudainement déployer pour arriver à vos fins, alors que, jusqu’à présent tout vous était indifférent à l’école.
2/ Des déclics libérateurs : le dessin ou rien !
Voilà que l’entrée au lycée vous a changé(e). Vous avez mûri, votre personnalité s’affirme, vous savez mieux faire le tri entre ce que vous aimez et ce que vous n’aimez pas. Auparavant, vous laissiez les autres choisir pour vous (vos parents), vous n’aviez aucune idée de votre avenir. Soudain, ça se précise, d’autant que vous comprenez mieux de quoi il retourne. La moitié de l’année de la seconde est derrière vous et honnêtement, vous ne vous sentez pas la force de mener de front toutes les matières générales jusqu’au baccalauréat. L’effort que cela vous demande est trop important. En revanche, vous le savez désormais, impossible de vivre sans le dessin. Un diplôme qui vous permettrait d’allier culture générale et enseignement concret (13h d’arts appliqués !) voilà qui est séduisant ! Sautez le pas et dirigez-vous vers un bac technologique STD2A !
3/ A l’inverse, vous vous ennuyiez au collège mais, au lycée, ce n’est plus pareil ; vous vous prenez au jeu parce qu’enfin, on vous prend au sérieux ! Les maths vous aimez ça, la bio vous aimez ça, l’espagnol aussi. Il vous a fallu du temps pour vous révéler mais vous êtes accroché(e). Vous sentez que c’est parti pour un moment et les études supérieures ne vous font plus peur. Formidable, la série S est pour vous !
4/ Études longues ou études courtes ?
Vous ne savez pas quoi faire. Vous n’avez pas d’idées encore sur l’avenir, ce qui est bien légitime à votre âge. Vos résultats, moyens, ne sont pas de très bons indicateurs. Ce qu’il faut tester c’est votre intérêt pour l’étude. Vous avez du plaisir en cours ou vous êtes là par obligation ? Combien d’années avez-vous envie de consacrer à votre formation ? Sachez qu’à l’université, vous en prenez pour 3 ans au minimum, voire 5 et qu’il faut s’accrocher. Une attitude dilettante est déconseillée car elle vous fait perdre du temps. Vous risquez d’abandonner en deuxième année et vous vous retrouverez alors sans rien, ce qui est malheureusement trop fréquent.
En revanche, un BTS (brevet de technicien supérieur) ou un DUT (diplôme universitaire de technologie) se prépare en deux ans et offre un nombre important de spécialités dans TOUS les domaines ! Il y en a de sublimes, allez-y voir : stylisme de mode, viticulture-œnologie, design-espace, musique&son… Alors ?
5/ Près de chez moi
Contrairement à votre camarade qui veut se lancer dans le tourisme pour voyager, vous êtes plutôt casanier et ce qui vous fait peur c’est d’avoir à aller étudier loin de chez vous. Le trop inconnu vous fait peur, pas de mal à ça. Une seule solution : passez au crible les ressources de votre ville, votre région. Choisissez ce critère comme prioritaire sur le site de l’Onisep (onisep.fr = une mine !)
Ces moments cruciaux sont une invitation à mieux se connaître, à s’obliger à un vrai travail d’introspection, en prenant des avis extérieurs mais seulement des avis car la décision vous revient !













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