2012 est a vous

IMMIGRATION : le débat impossible ?

Le 13 septembre 2005, Naomi débarque en France, comme bon nombre d’étudiants à chaque rentrée. Elle laisse derrière elle son Mexique natal, sa famille, ses amis et son poste de secrétaire de rédaction pour réaliser son « rêve d’enfance » et recommencer sa vie à zéro. L1 et L2 de socio, L3 et M1 d’info-com à la Sorbonne Nouvelle, puis M2 de gestion éditoriale et de communication Internet à Lyon. Pour vivre, à côté de ses études, elle enchaîne les petits boulots. La préfecture ne lui permet pas de travailler plus de 60 % d’un temps plein.

Lors de l’émission Les jeunes dans la présidentielle du samedi 21 janvier 2012 sur France Inter, la sociologue Catherine Withol de Wenden, directrice de recherche au CNRS, présidente du Comité de recherche “Migrations” de l’Association Internationale de Sociologie, interroge le discours médiatique sur l’immigration et les politiques migratoires. Vos réactions, vos commentaires à cette rencontre face à trois étudiants ?

Sujet sensible, clivant, médiatisé : ruons-nous dessus. Aujourd’hui, les étrangers ressortissants d’un pays membres de l’Union Européenne ont le droit de voter, dans un pays qui n’est pas celui de leur citoyenneté, aux élections municipales et européennes. Demain, les socialistes aimeraient que les étrangers dits non-communautaires puissent, sous des conditions drastiques - notamment le paiement de l’impôt et la résidence dans le pays depuis un certain nombre d’années -, bénéficier de ce même droit.

Stupeur. Fureur. Lassitude. C’est à peu près dans cette ordre que surviennent nos émotions, à la vue des pseudo-chiffres, à force d’entendre les mêmes discours, à mesure que nous sommes, entre les lieux communs qui s’opposent, écrasés pour avoir tenté de faire jour et d’exprimer une réalité plus nuancée. L’immigration ne fait pas dans le détail.

Aujourd’hui, seul Mélenchon défend encore, dans ses paroles du moins, une immigration libre et la naturalisation à grande échelle. Sans avoir à aller jusqu’au FN, de nombreux partis réfléchissent à une immigration « raisonnée » qui répond mieux aux besoins de notre pays. Si quelques moralisateurs s’indignent encore qu’on « ouvre les portes quand on en a besoin et qu’on les referme quand on en a plus besoin », l’électorat semble de plus en plus favorable à un ralentissement des flux migratoires.

La loi SRU est adoptée sous le gouvernement Jospin le 13 décembre 2000. Elle modifie en profondeur le droit de l’urbanisme et du logement. En particulier, et c’est ce qui m’intéresse ici, l’article 55 qui oblige toute les communes supérieures à 3500 habitants (1500 en Île de France) à disposer de 20% de logements sociaux afin de concourir aux logiques de solidarité nationale et régionale et de favoriser un mélange des populations.