Vers une campagne de p’tites phrases et d’insultes ?
Dans: POLITIQUES : des egos, des idées ?
Invité de l’émission de Sciences Po TV « Témoins de Campagne », le député vert et ancien candidat à la présidentielle Noël Mamère condamne à sa manière les propos de Claude Guéant sur les civilisations. « Petite crapule », « petite frappe » : les injures fusent et le ministre de l’Intérieur en prend pour son grade. Claude Guéant confiera dimanche au Figaro envisager de poursuivre Mamère et trouver « regrettable que le niveau politique arrive à ce niveau ».
Deux réflexions. La première, c’est que les trois acteurs de la semaine méritent un carton jaune. Carton jaune orangé pour Claude Guéant, qui incarne depuis sa prise de fonction la droitisation d’une partie de l’UMP, orchestrée depuis l’Elysée par l’énigmatique conseiller Patrick Buisson. A coups de petites phrases borderline savamment distillées dans les médias, l’ancien secrétaire général de l’Elysée cherche à imposer des thèmes d’extrême-droite dans la campagne présidentielle. Le but : rééditer le hold-up sur les sympathisants FN réussi par Sarkozy en 2007. Mais le jeu est risqué : en plus de provoquer un climat délétère et de brouiller les repères républicains, cette stratégie risque de faire fuir les électeurs de sensibilité centre-droit. En outre, elle menace fortement la cohésion du parti présidentiel, dont l’implosion en cas de défaite semble de plus en plus probable.
Carton jaune pour le député Letchimy, qui a atteint le Point Godwin à l’Assemblée en rapprochant assez bêtement les propos de Claude Guéant de la barbarie nazie. Carton jaune enfin pour Noël Mamère, dont les insultes de cour de récré ne font pas honneur au débat politique. En deux déclarations, les députés de gauche auront réussi l’exploit d’offrir au ministre de l’Intérieur une issue de secours en or massif. Au cœur de la polémique en début de semaine, Claude Guéant peut aujourd’hui adopter une position de victime. La deuxième réflexion, c’est que si l’injure en politique n’est pas un phénomène nouveau – rappelons-nous la diatribe de Victor Hugo contre le futur Napoléon III en 1851 (« Parce que nous avons eu Napoléon le Grand, il faut que nous ayons Napoléon le Petit »), la pression médiatique en accentue aujourd’hui les effets dévastateurs.
Qu’elles soient en off (le « sale mec » de François Hollande au sujet de Nicolas Sarkozy au mois dernier) ou en public (le « Casse-toi pov’ con » de Sarkozy), les insultes provoquent à coup sûr une tempête médiatique, tant les observateurs politiques (dont l’équipe de Sciences Po TV assume pleinement faire partie) raffolent de ces petites phrases. Parce que nous aimons la politique quand elle devient un spectacle, nous retiendrons plus volontiers un débat musclé entre Cohn-Bendit et Bayrou pendant les européennes de 2008 qu’un débat cordial et ennuyeux entre Martine Aubry et François Fillon il y a quelques jours sur France 2.
Oui mais voilà, c’est oublier que l’immense majorité des Français attendent des solutions à leurs problèmes et se désespèrent de voir leurs élus s’écharper de façon aussi triviale. De ce point de vue, la multiplication des injures telles que celles proférées par Noël Mamère sur notre antenne, et leur couverture médiatique disproportionnée, sont un élément d’explication de la perte de confiance et de la défiance des Français à l’égard des hommes et des femmes politiques, mises en évidence par de récents sondages. Carton jaune pour nous aussi.
Nicolas Davila, étudiant à Sciences Po Paris, chef du service politique de Sciences Po TV
















Tout est question de point de vue. « Petite frappe », « sale mec », c’est des insultes pour vous ? Si on peux encore les écrire, c’est que ça ne vole pas bien haut (niveau insulte).
Pour les concours de petites phrases sans raison, juste pour tacler, celles de l’UMP au lendemain du meeting de François Hollande au Bourget sont assez révélatrices du niveau de débat qu’on peut avoir avec eux. Je cite les personnes concernés : Valérie Pécresse, Eric Besson, Xavier Bertrand et d’autres sûrement(Copé).
Ce lundi là, M. Alain Juppé continuait de faire son travail de ministre des affaires étrangères. Les autres n’avaient semble t-il rien à faire… C’est pas comme s’ils étaient ministre dîtes donc !
Et puis franchement, Claude Géant n’a pas à être défendu. Car par le fait de placer l’action de Noël Mamère au même niveau que ce qu’à fait Claude Géant à notre pays (et Hortefeux et Besson, cf Sarkozy derrière), c’est tout simplement se voiler la face. Et puis quoi ? Il faudrait que M. Mamère aille s’excuser auprès de Guéant ? Ces mots « petites frappes », il les mérite 1000 fois.
L’histoire le jugera et les parallèles entre la seconde guerre mondiale et l’action de Claude Géant seront largement établis par les professeurs d’histoire-géo au lycée. Les mots ne sont pas choisis pour rien. Ceux de Noël Mamère reflètent une partie de l’expression du peuple français. Une colère envers ce membre de l’UMP plus proche du FN que jamais.
Le 22 avril, pensez aussi à votre contre ses ministres là !