J’ai besoin de sécurité ! Voilà des mots que j’ose clamer haut et fort mais qui me semblent tabous chez beaucoup de jeunes aujourd’hui. Je suis étudiante et je pense que notre société manque cruellement de sécurité, notamment pour les filles. Combien d’entre nous ont changé leurs itinéraires suivant le moment de la journée ? Dès qu’il commence à faire nuit, il faut éviter les zones non éclairées, les endroits déserts, les parkings, etc., quitte à faire des détours et mettre 15 minutes de plus pour arriver à destination.

Combien de jeunes femmes se sont privées de sorties ne sachant pas par quels moyens rentrer ? Les Noctiliens ou les trains sont souvent mal fréquentés la nuit et sont régulièrement une source d’angoisse. Et les filles se sentent plus menacées que les garçons : une preuve supplémentaire de l’inégalité homme – femme.

Mettre un gros pull pour avoir la paix ?

En étant constamment confrontée à ce sentiment d’insécurité, on finit par s’y habituer. C’est en changeant d’environnement que j’ai compris que ce n’était pas normal. Dans mon ancienne ville (en proche banlieue parisienne), il m’était impossible de me promener en jupe ou en short en été (je ne parle pas de vêtements vulgaires), sans que des personnes me lancent des regards malveillants, des remarques désobligeantes ou des insultes quel que soit l’endroit ou le moment de la journée.

Faut-il sortir son gros pull même par beau temps pour avoir la paix ? Mais attention : évitons les clichés : il n’y a pas que la banlieue qui renferme des villes ou des quartiers dit « chauds ». Et ce n’est pas parce qu’on traverse le périph’ que c’est la jungle, comme le pensent trop souvent les Parisiens.

Un droit universel, une liberté

Actuellement, dans ma nouvelle ville (toujours en banlieue parisienne), je me sens plus en sécurité, c’est un réel plaisir que de se promener dans la rue. C’est une plus petite ville où il fait bon vivre. Contrairement à certains jeunes de mon âge qui se sentent oppressés par une présence policière, car surveillés, moi je m’y sens mieux, car en sécurité, tout simplement. Et je ne pense pas que mon cas soit isolé.

Quand je dis vouloir plus de sécurité on m’a accusé d’être « Sarkoziste ». Or, c’est un droit universel en tant qu’homme ou femme que de ressentir de la tranquillité d’esprit inspirée par la confiance, de ne pas avoir le sentiment d’être menacé : le manque de sécurité est une entrave à la liberté. Les responsables politiques parlent souvent de protéger les individus et notamment les femmes. Ne faudrait-il pas commencer par sécuriser notre environnement quotidien ? Comme dit un certain François Hollande : « Nous devons lutter contre toutes les peurs et n’avoir peur de rien pour nous-mêmes. »

Laura, 21 ans, étudiante

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