2012 est a vous

Primaires PS : Comme au théâtre…

Ce dialogue imaginaire est composé de paroles réellement prononcées et saisies à la volée lors d’un débat entre deux candidats à l’élection présidentielle, et reconstruites par l’auteur. Toute ressemblance avec des personnages existant ou ayant existé ne saurait être fortuite…

Deux pupitres, côte à côte. UN et DEUX entrent chacun par un côté de la scène. Ils se saluent de loin. UN montre le pupitre devant lui à DEUX. DEUX fait de même. Ils avancent, se croisent au milieu de la scène, se saluent, et chacun s’assoit à un pupitre.

UN (sans regarder DEUX) : Bonjour.

DEUX (même jeu) : Bonjour.

UN (tourne la tête vers DEUX) : Je n’ai pas grandi sur tes genoux.

DEUX : Chacun a sa clarté. Mais nous sommes amis.

UN : Oui.

Un temps.

DEUX : Il faudra discuter avec une très grande franchise.

UN : Sommes-nous capables de croire en notre destin ?!

DEUX : C’est la condition pour nous en sortir.

UN : La compagnie Air France peut acheter des Airbus mais aussi d’autres avions.

DEUX : C’est la condition pour nous en sortir.

UN : Chacun a sa clarté. Mais nous sommes amis.

DEUX : Personne ne respecte plus les règles environnementales.

UN : Mais nous sommes amis.

DEUX : Même si je n’ai pas grandi sur tes genoux.

UN : C’est ce que l’on appelle le défaut partiel.

DEUX : Le 7 mai, j’irai voir madame Merkel. Ma volonté restera intacte là-dessus.

UN : Un vrai moment !

DEUX : On voit les dégâts du libre-échange.

UN : Une page d’histoire !

Un temps. Chacun se lève, repoussant son pupitre vers le fond de la scène. Retour au centre. Debout, face à face au centre de la scène.

UN : On se moque du monde. Il faut que les Français le sachent.

DEUX : Je n’ai pas de preuve à faire, je le fais tous les jours.

UN : Chacun a sa clarté.

DEUX : Qu’est-ce qu’on fait ensemble pour notre industrie ?

UN : Venez, venez, produits chinois, prendre nos emplois !

DEUX : Mais nous sommes amis.

UN (montrant au loin) : Aujourd’hui, la menace est là.

DEUX regarde où UN montre. Etonné.

DEUX : J’ai fait de l’école la grande priorité.

UN : La grande question, c’est la peur !

DEUX : Je préfère l’expression de mon père.

UN : Mais nous sommes amis ?

DEUX : Bien sûr !

UN : On a voulu nous diviser.

DEUX : Moi, je veux du neuf.

UN : Le redoublement, c’est deux milliards cinq à la fin du quinquennat.

DEUX : C’est la condition pour nous en sortir.

UN : J’entends votre inquiétude !

DEUX : L’Europe, c’est la Vénus de Milo : elle n’a pas de bras.

UN : Et je suis fier qu’elle m’ait donné sa confiance.

DEUX : Je me battrais pour cette Europe !

UN : J’ai été à toutes les réunions.

DEUX : Nous sommes amis.

UN : Bien sûr !

DEUX : L’Europe, c’est la Vénus de Milo : elle n’a pas de bras.

UN : La solidité, c’est aussi la clarté.

Un temps. Ils se font face.

DEUX (amoureux) : Tous les pays doivent se développer.

UN (en minaudant) : Je suis pour l’économie ouverte, pas pour l’économie offerte.

DEUX (séducteur) : Il faut un état stratège.

UN (se reculant) : C’est votre idée, ce n’’est pas la nôtre.

DEUX : Je suis quelqu’un qui me bat.

UN : Nous sommes amis.

DEUX (dans la séduction) : Je suis pour une stratégie offensive.

UN (repoussant les avances) : On voit les dégâts du libre-échange !

DEUX (s’écartant) : Pour moi, la constance, c’est essentiel.

De plus en plus rapidement.

UN : Le 7 mai, j’irai voir madame Merkel.

DEUX : Quelqu’un qui rassure ! Qui réconcilie !

UN : Ma volonté restera intacte là-dessus.

DEUX : Je n’ai pas grandi sur tes genoux.

UN : Je préfère l’expression de mon père.

DEUX : Je suis un homme de la ténacité.

UN : Ce sera mesuré par les Français eux-mêmes.

DEUX : Nous allons connaître une vraie espérance.

UN : Empapaouter !

DEUX : Voilà ce que l’Europe doit faire !

UN : Il faut des actes.

DEUX : J’ai cru, j’ai été et je suis encore Européen.

UN : La solidarité !

DEUX : Je fixe clairement un chemin, et je dis où je veux aller.

UN : Une mondialisation sans règle, c’est une mondialisation qui écrase les faibles et qui n’épargne pas les forts.

DEUX : Voilà ce que l’Europe doit faire !

Ils se calment et retournent s’assoir derrière leur pupitre.

UN (serein) : Ils ont pensé qu’en imposant une austérité aux Grecs nous pourrions nous en sortir.

DEUX : Ce fut un moment chaleureux sur le plan démocratique.

UN et DEUX : Nous sommes amis. Merci.

Ils se lèvent, se saluent et partent. RIDEAU

Camille Rouaire
19 ans, étudiant, auteur

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Commentaires

8 Commentaires to “Primaires PS : Comme au théâtre…”
  1. laure dit :

    Merci pour ce croustillant dialogue à la Beckett, je me suis régalée.

    Laure (professeur de Français)

  2. Camille dit :

    Merci à vous, et content que mon texte vous ait plu.

  3. Rémy Martinache dit :

    Je suis admiratif: l’idée est originale, le tout est très agréablement réalisé. J’espère que ton article gagnera pour qu’il puisse être mis en avant sur les sites partenaires, pour que d’autres gens profitent de cet instant de pur plaisir!

  4. Je vous remercie, content que cela vous ait plu!

  5. Camille dit :

    Je vous remercie, et je suis content que cela vous ait plu. En tout cas, je me suis bien amusé (et c’est bien le but, quand j’écris, la plupart du temps)!
    (Si jamais cela vous intéresse, vous pouvez voir ce que je fais par ici: http://www.edkiro.fr/l-homme.html)

  6. Camille dit :

    Je vous remercie, et je suis très content que cela vous ait plu. Je me suis beaucoup amusé, en tout cas, et j’espère que vous également!

    (si jamais cela vous intéresse, vous pouvoir ce que je publie, sur le site de mon éditeur: http://www.edkiro.fr/l-homme.html)

  7. Poulpypiou dit :

    Haaa Camille et ses dialogues à la Beckett… Toujours aussi bon !!! =D

  8. LDS dit :

    Grandes ressemblances de style avec la pièce de Beckett « En attendant Godot » très bien adaptée aux Primaires du PS. C’est une idée originale bien réalisée, continue ! Laura (Etudiante en 3ème année de Lettres Modernes)

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