Ce dialogue imaginaire est composé de paroles réellement prononcées et saisies à la volée lors d’un débat entre deux candidats à l’élection présidentielle, et reconstruites par l’auteur. Toute ressemblance avec des personnages existant ou ayant existé ne saurait être fortuite…

Deux pupitres, côte à côte. UN et DEUX entrent chacun par un côté de la scène. Ils se saluent de loin. UN montre le pupitre devant lui à DEUX. DEUX fait de même. Ils avancent, se croisent au milieu de la scène, se saluent, et chacun s’assoit à un pupitre.

UN (sans regarder DEUX) : Bonjour.

DEUX (même jeu) : Bonjour.

UN (tourne la tête vers DEUX) : Je n’ai pas grandi sur tes genoux.

DEUX : Chacun a sa clarté. Mais nous sommes amis.

UN : Oui.

Un temps.

DEUX : Il faudra discuter avec une très grande franchise.

UN : Sommes-nous capables de croire en notre destin ?!

DEUX : C’est la condition pour nous en sortir.

UN : La compagnie Air France peut acheter des Airbus mais aussi d’autres avions.

DEUX : C’est la condition pour nous en sortir.

UN : Chacun a sa clarté. Mais nous sommes amis.

DEUX : Personne ne respecte plus les règles environnementales.

UN : Mais nous sommes amis.

DEUX : Même si je n’ai pas grandi sur tes genoux.

UN : C’est ce que l’on appelle le défaut partiel.

DEUX : Le 7 mai, j’irai voir madame Merkel. Ma volonté restera intacte là-dessus.

UN : Un vrai moment !

DEUX : On voit les dégâts du libre-échange.

UN : Une page d’histoire !

Un temps. Chacun se lève, repoussant son pupitre vers le fond de la scène. Retour au centre. Debout, face à face au centre de la scène.

UN : On se moque du monde. Il faut que les Français le sachent.

DEUX : Je n’ai pas de preuve à faire, je le fais tous les jours.

UN : Chacun a sa clarté.

DEUX : Qu’est-ce qu’on fait ensemble pour notre industrie ?

UN : Venez, venez, produits chinois, prendre nos emplois !

DEUX : Mais nous sommes amis.

UN (montrant au loin) : Aujourd’hui, la menace est là.

DEUX regarde où UN montre. Etonné.

DEUX : J’ai fait de l’école la grande priorité.

UN : La grande question, c’est la peur !

DEUX : Je préfère l’expression de mon père.

UN : Mais nous sommes amis ?

DEUX : Bien sûr !

UN : On a voulu nous diviser.

DEUX : Moi, je veux du neuf.

UN : Le redoublement, c’est deux milliards cinq à la fin du quinquennat.

DEUX : C’est la condition pour nous en sortir.

UN : J’entends votre inquiétude !

DEUX : L’Europe, c’est la Vénus de Milo : elle n’a pas de bras.

UN : Et je suis fier qu’elle m’ait donné sa confiance.

DEUX : Je me battrais pour cette Europe !

UN : J’ai été à toutes les réunions.

DEUX : Nous sommes amis.

UN : Bien sûr !

DEUX : L’Europe, c’est la Vénus de Milo : elle n’a pas de bras.

UN : La solidité, c’est aussi la clarté.

Un temps. Ils se font face.

DEUX (amoureux) : Tous les pays doivent se développer.

UN (en minaudant) : Je suis pour l’économie ouverte, pas pour l’économie offerte.

DEUX (séducteur) : Il faut un état stratège.

UN (se reculant) : C’est votre idée, ce n’’est pas la nôtre.

DEUX : Je suis quelqu’un qui me bat.

UN : Nous sommes amis.

DEUX (dans la séduction) : Je suis pour une stratégie offensive.

UN (repoussant les avances) : On voit les dégâts du libre-échange !

DEUX (s’écartant) : Pour moi, la constance, c’est essentiel.

De plus en plus rapidement.

UN : Le 7 mai, j’irai voir madame Merkel.

DEUX : Quelqu’un qui rassure ! Qui réconcilie !

UN : Ma volonté restera intacte là-dessus.

DEUX : Je n’ai pas grandi sur tes genoux.

UN : Je préfère l’expression de mon père.

DEUX : Je suis un homme de la ténacité.

UN : Ce sera mesuré par les Français eux-mêmes.

DEUX : Nous allons connaître une vraie espérance.

UN : Empapaouter !

DEUX : Voilà ce que l’Europe doit faire !

UN : Il faut des actes.

DEUX : J’ai cru, j’ai été et je suis encore Européen.

UN : La solidarité !

DEUX : Je fixe clairement un chemin, et je dis où je veux aller.

UN : Une mondialisation sans règle, c’est une mondialisation qui écrase les faibles et qui n’épargne pas les forts.

DEUX : Voilà ce que l’Europe doit faire !

Ils se calment et retournent s’assoir derrière leur pupitre.

UN (serein) : Ils ont pensé qu’en imposant une austérité aux Grecs nous pourrions nous en sortir.

DEUX : Ce fut un moment chaleureux sur le plan démocratique.

UN et DEUX : Nous sommes amis. Merci.

Ils se lèvent, se saluent et partent. RIDEAU

Camille Rouaire
19 ans, étudiant, auteur

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