Débat des primaire PS : le debrief de Sciences Po TV
Spécial debrief : voici les points à retenir du second débat de la primaire PS selon Nicolas Davila, étudiant, chef du service politique de Sciences Po TV, la télé des élèves de Sciences Po Paris.
1. Un débat plus musclé
Les concurrents ont su se montrer plus agressifs que lors du premier débat sur France 2. Ils ont clivé, affiché les différences. Les attaques les plus marquantes :
- Aubry à Hollande: “Tout ne s’achète pas par l’argent”. La réponse : “Dans une société où tout est gouverné par l’argent, si.”
- Montebourg à Valls : “Je ne voudrais pas laisser dire qu’il serait naturel [...] de faire dans une primaire de gauche des propositions de droite.” La réponse : “Arnaud, personne ici n’a le monopole de la gauche.”
- Montebourg à Aubry : “Lorsque Guérini fait des bêtises et qu’on dit ‘Il faut attendre que la justice passe, le résultat [...] c’est un drame pour nous.” La réponse : “Une démocratie qui ne croit plus en la justice est en grand danger.”
2. Un gagnant : le PS
La cote de chacun des candidats progresse, selon un sondage TNS Sofres pour i>Télé. C’est le signe que la droite a perdu le combat idéologique qu’elle avait lancé contre les primaires. L’opinion adhère au processus, qui n’est plus une machine à perdre. La droite y viendra inévitablement, en 2017.
3. François Hollande gère son avance
41 % des sondés ont trouvé que François Hollande avait été le plus convaincant. Hollande n’a pris aucun risque. Il s’est contenté de prendre de la hauteur, d’apparaitre comme l’homme de la synthèse. Faisant même mine de juger ses camarades. Attention, son attitude peut agacer.
4. Martine Aubry s’est trompée de rendez-vous
Martine Aubry était ailleurs ce soir. Beaucoup de “nous”, peu de “je”. Comme si elle avait encore oublié de ranger ses habits de première secrétaire du Parti Socialiste pour enfiler son costume de candidate.
5. Le virage à gauche de Ségolène Royal
Ségolène Royal était au rattrapage. Après un premier débat en demi-teinte, elle a tenté de reprendre de l’avance sur Arnaud Montebourg, qui la talonne dans les sondages. Virage à gauche toute. Royal a parlé blocage de prix, interdiction des licenciements boursiers, intervention de l’Etat… assumant volontiers un discours rétrograde, là où Montebourg semble faire du neuf. Pas sûr que ça fonctionne.
6. Manuel Valls et Arnaud Montebourg, l’ascension se poursuit.
Depuis le premier débat, Manuel Valls et Arnaud Montebourg sont sur une pente ascendante. Les deux jeunes premiers du PS, dans des styles opposés, ont été bien inspiré de se présenter à la Primaire. Ils séduisent. Ils sont encore ceux dont la cote a le plus progressé ce soir. Cap sur 2017 pour les deux hommes.
7. L’inutile Jean-Michel Baylet
On n’a toujours pas compris l’utilité de la candidature de Jean-Michel Baylet. A plusieurs reprises, le président du PRG a pris ses distances vis-à-vis du projet socialiste. Pourquoi vouloir représenter le PS aux élections présidentielles alors ? On touche aux limites du concept de “primaire ouverte”.
8. Sur le fond, on retiendra surtout le retour de la TVA sociale
La proposition de Manuel Valls fait également débat à droite. En 2007, défendue par Jean-Louis Borloo, elle avait coûté soixante sièges à la majorité aux législatives. Le serpent de mer est de retour.








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Ce billet a 4 commentaires
septembre 29th, 2011
Jean-Michel Baylet ne sert pas à rien. Il voulait que cette primaire soit ouverte, au delà d’un seul parti. Car jusqu’à preuve du contraire, il n’y a pas que le PS comme parti à gauche. Les primaires tendraient t-elles vers un bipartisme ?
Sur le fond, la TVA sociale n’est aucunement une valeur de gauche. Taxons, taxons, je croyais que c’était ce qu’on reprochait au PS, faire de nouveaux impôts qui réduirait le pouvoir d’achat des français. C’est le bâton pour se faire battre.
septembre 29th, 2011
Pas mal du tout, ce débrief en 8 points !
L’analyse et bonne, et les petites phrases qu’on a pu manquées croustillantes…
septembre 29th, 2011
Pour la TVA sociale c’est en fait supprimer les cotisations sociales et augmenter la TVA, passer d’un modèle bismarckien à un modèle libéral. Elle n’est pas à mettre de côté: en supprimant les cotisations on augmente les salaires et on baisse les couts de productions, au final le prix reste inchangé lorsque on augmente la TVA mais l’entreprise devient plus compétitive à l’étranger.
septembre 30th, 2011
Bon le point 7 est vraiment inutile pour le coup…
“Cap 2017 pour les deux hommes” Aux dernieres nouvelles ils visent 2012 et Montebourg a largement ses chances ! Les journalistes ne sont pas des madame irma qui peuvent decider a la place des urnes !
Les 3 premiers points sont tres bon.
Pour le 4e point sur Aubry, je pense que c’est une strategie pour montrer justement sa capacite a rassembler.
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