Si au hasard d’une soirée bien arrosée, vous vous mettez à parler de politique, il serait presque courant, voir normal, qu’à un moment donné le mot « primaire » fasse son apparition. Alors non, il ne s’agit pas de la réforme de l’école primaire. Non, il n’est pas question de mélange de couleur (quoi que). Et encore non, on ne parle pas de Tarzan ou autre créature jugée moins intelligente.Il s’agit plutôt de la primaire socialiste, aussi appelées primaires citoyennes. Pourquoi citoyennes ? Déjà parce que le Parti Radical de Gauche participe au processus. Et à la différence des années précédentes, le vote ne sera pas réservé qu’aux détenteurs d’une carte du parti. Tous les citoyens qui le souhaitent pourront voter.

Tous électeurs ?

Pas tous, mais bien quelques millions. Vous pourrez voter à plusieurs conditions :

1. Vous êtes ou vous vous sentez « de gauche »

Pour vérifier tout cela, chaque électeur devra signer « l’engagement de reconnaissance dans les valeurs de la Gauche », avec un grand G s’il vous plaît ! L’énoncé est tout simple : « Je me reconnais dans les valeurs de la Gauche et de la République, dans le projet d’une société de liberté, d’égalité, de fraternité, de laïcité, de justice et de progrès solidaire. » Autrement dit, il faudra avoir une sacrée dent contre la Gauche pour ne pas être d’accord avec cette proposition.

2. Vous devez être inscrit sur les listes électorales de l’année dernière (2010)

Si vous n’avez pas fait cette démarche auparavant, vous ne pourrez donc pas venir voter aux primaires PS. De même si vous êtes mineurs en 2011 et majeur en avril 2012, à moins que vous ayez pris la peine de vous pré-inscrire avant le 13 juillet. Ceci dit, ça n’empêche pas d’ouvrir sa gueule, d’exposer ses idées politiques devant ses parents, ses amis et autres penseurs.

3. Vous devez payer 1 euro !

Et non, ce n’est pas gratuit. Certains seront scandalisés de l’apprendre. D’autres, comme moi, vous diront qu’au moins ce sera vraiment un vote réfléchi. Le parti socialiste, lui, invoque le coût de l’organisation des votes. Selon les chiffres du trésorier du parti, cela devrait coûter 3,5 millions d’euros. Faîtes donc le calcul : si autant de personnes participent aux primaires, le coût est amorti. PS (aha) : si vous êtes adhérent, vous payez aussi.

On vote à quel endroit ? Sur Internet ?

Que nenni ! Le vote sera à l’ancienne, avec des bouts de papier (si, si). En revanche, pour savoir à quel endroit voter, vous êtes quasiment obligés de passer par le site Internet en cliquant sur ce lien qui s’affiche en bleu sur votre écran (je dis ça pour les plus de 65 ans). Il suffit d’entrer votre code postal dans la bonne case, de valider, de retrouver votre bureau de vote habituel et le tour est joué ! En tout, ce sont 10 000 bureaux de votes qui sont installés pour l’occasion, contre 64 000 aux élections présidentielles. Comme en général les bureaux sont assez vides, je doute qu’il y ait des problèmes de places.

Et c’est quand ?

Très bientôt. À savoir, le 9 octobre pour commencer (9h à 19h) et le 16 octobre en cas de deuxième tour. Le scrutin est basé sur les mêmes règles démocratiques que l’élection présidentielle, à peu de choses près. Si un des candidats dépasse 50% au premier tour, il est directement élu.

On peut voter pour qui ?

En tout, six candidats sont dans la course. Du plus jeune, au plus vieux : Arnaud Montebourg, Manuel Valls, François Hollande, Ségolène Royal, Martine Aubry et Jean-Michel Baylet. Candidats à grignoter prochainement au petit-déjeuner dans « candidats sur le gril ».

Si je vais voter ?

Tout comme pour la primaire écologiste (fin juin, début juillet 2011), j’irai m’exprimer à la primaire PS. À chacun de voir si ça vaut le coup de participer !

Ludovic Chataing
Jeune journaliste. Suivez-le sur Twitter @networkludo et Google+

Crédit photo : Ludovic Chataing

Share and Enjoy:
  • Facebook
  • TwitThis