Y a-t-il des leçons à tirer de l’Histoire?

MUNGENEVOn commence à connaître un peu le fameux « point Godwin » qui consiste, dans une discussion, à se référer à Hitler ou aux nazis pour critiquer son interlocuteur quand on n’a plus d’arguments. Et c’est vrai que dans n’importe quel débat, ça revient assez souvent : c’est l’argument qui tue, et qui ne vaut rien. Mais là, quand même, en observant les grandes manœuvres de l’armée Russe en Crimée qui semble sur le point d’envahir l’Ukraine, on a quand même du mal à ne pas penser aux débuts de la Seconde Guerre Mondiale.

1936 : J.O. de Berlin, 1938 : annexion de l’Autriche « germanophone » ou « germanophile », puis de la Tchécoslovaquie. Accords de Munich pour éviter la guerre, et puis, en fait, non…Et aujourd’hui, alors ? J.O. de Sotchi, « annexion » de la Crimée « russophone », etc. Bref, on serait tenté de dire que l’Histoire se répète, et qu’il serait bon de s’inspirer des erreurs du passé pour ne pas les reproduire dans le présent – et par exemple, ne pas chercher à éviter la guerre à tout prix. Après tout, Machiavel nous avait déjà prévenus.

« On ne doit jamais laisser se produire un désordre pour éviter une guerre, car on ne l’évite pas, mais on la diffère à son désavantage. »

Le Prince, chapitre V.

hegel

Portrait de Hegel par Schlesinger (1831)

Alors, y a-t-il des leçons à tirer de l’Histoire ? On serait tenté de répondre : « oui ». D’abord, parce qu’on se dit que la connaissance du passé permet de mieux comprendre le présent. On imagine peut-être que c’est même le but ou du moins, l’utilité de l’Histoire. D’ailleurs, c’est un peu le sens du slogan d’un fameux magazine sur l’Histoire : « explorer le passé pour comprendre le présent ». Ensuite, ça se confirme un peu quand on regarde le cours de l’Histoire qui semble montrer un certain progrès : c’est une grande idée du philosophe allemand Hegel (1770-1831). D’après lui, il y a un sens de l’Histoire, et notamment, un progrès des hommes vers la liberté, voire, un progrès moral : c’est bien des crimes de la Seconde Guerre Mondiale qu’est sortie la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme.

Oui, mais voilà : comme tout le monde le sait, on a surnommé la 1ère Guerre Mondiale, la « Der des Ders », et pourtant, il y en a eu une autre. Donc, on n’avait pas appris grand-chose. Les hommes semblent incapables de tirer des leçons de l’Histoire, et ça, Hegel le savait aussi.

« Mais l’expérience et l’histoire nous enseignent que peuples et gouvernements n’ont jamais rien appris de l’histoire, qu’ils n’ont jamais agi suivant les maximes qu’on aurait pu en tirer. »

La raison dans l’Histoire.

Russia's Prime Minister Putin attends the World Health Organization meeting on healthy lifestyle in MoscowEst-ce qu’il faut le regretter ? Est-ce qu’il faut que ça change ? Ce n’est pas ce que dit Hegel. En fait, on se trompe en croyant pouvoir tirer des leçons de l’Histoire, pour la bonne raison que chaque situation est unique, particulière : « Nul cas ne ressemble exactement à un autre ». Au fond, ce serait plutôt une erreur de chercher à agir aujourd’hui, comme on aurait dû le faire hier. Si ça se trouve, dans les circonstances actuelles, il faut faire exactement l’inverse. Ce n’est pas à coup de vagues ressemblances qu’on peut comparer différentes situations. La Crimée n’est pas l’Autriche, et Poutine n’est pas Hitler. Ça laisse un petit espoir…

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3 Comments

Filed under Philosophie de l'actu

3 Responses to Y a-t-il des leçons à tirer de l’Histoire?

  1. palsecam

    point godwin dés la 2eme igne de l' »argumentaire ». Et le scribouillard semble meme en avoir conscience
    Winner

  2. l’etude de l’histoire nous permet d’avoir la connaissance et de développer notre esprit

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