Une bonne constitution doit pouvoir imaginer le Général de Gaulle mis en examen

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« Qui peut imaginer un seul instant le Général de Gaulle mis en examen ? » C’était la fameuse formule de François Fillon faisant allusion aux déboires judiciaires de Nicolas Sarkozy, celle-là même qui lui doit aujourd’hui ses propres déboires.

Mais le problème, justement, c’est de vivre dans un pays où la constitution empêche d’imaginer le Général de Gaulle mis en examen. Parce qu’il s’agit d’un régime présidentiel qui repose sur un homme providentiel qui devrait être irréprochable, parfait ou comme on dit, exemplaire. Une démocratie où l’avenir de tous dépend d’un seul homme qui devrait donc, par conséquent, disposer de toutes les qualités. Kant a écrit que l’homme a besoin d’un maître, parce qu’il est imparfait. Et comme ce maître n’existe pas, il faut des lois et des institutions.

En France, tout dépend de l’élection du Président de la République. C’est de lui dont dépendra la majorité élue à l’Assemblée. Donc, forcément, si le candidat s’écroule, tout son camp s’écroule en même temps. Dans un régime parlementaire, comme en Espagne ou au Royaume-Uni, qui sont pourtant des monarchies et non des Républiques, c’est l’inverse, si bien qu’il n’y aurait pas d’affaire Fillon. Ce sont les élections législatives qui sont déterminantes, et c’est le chef du parti ayant obtenu la majorité qui devient chef du gouvernement. On peut donc imaginer que ce chef soit pris dans des affaires politico-judiciaires. Dans ce cas, pas de problème, il y a un plan B, et même un C, un D, etc. Si le chef du parti majoritaire faillit, on le remplace par un autre, et la majorité reste.

Une bonne constitution serait donc celle où l’affaire Fillon ne serait qu’une affaire, et ne mettrait pas en danger, la campagne, la démocratie, et les institutions. Un régime parlementaire, peut-être, où les défauts et les erreurs, ou même, les ennuis d’un seul – quand bien serait-il « innocent » – ne pourrait nuire à tous. Le problème, c’st peut-être notre drôle de régime qu’on pourrait qualifier de « monarchie représentative ». Dans une bonne constitution, on pourrait imaginer le Général de Gaulle mis en examen sans que ça ne change rien.

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L’horreur publicitaire: est-ce que « l’enfer c’est les autres »?

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Avez-vous vu cette publicité pour le nouveau casque « Bose Quiet Comfort »? Une fille danse « tranquille » (Quiet) dans les rues de Londres vides, désertes. Alors, tout le monde crie au génie pour cette publicité « magnifique », « superbe », etc. C’est vrai que d’un point de vue esthétique, de mise en scène, c’est plaisant. Mais sur le fond – sur le fond du message je veux dire – ne s’agit-il pas plutôt de la pire publicité de tous les temps ? Disons au moins qu’elle a le mérite de poser un problème : est-ce que « l’enfer c’est les autres », comme dirait l’autre (Sartre)?

Tout pour la musique, rien pour les autres

Une fille  danse seule dans les rues de Londres vides. Le slogan anglais dit: get closer, « rapprochez-vous ». De qui? De personne! Rapprochez-vous de vous-mêmes, ou de votre musique. C’est très étonnant ou très gênant – disturbing comme dirait l’autre (Dark Vador). Le slogan français est moins ambiguë ou encore pire – comme on voudra: « plus rien ne s’interpose entre vous et votre musique ». Plus rien, c’est bien, mais ce que montre la pub, c’est surtout que « personne » ne s’interpose entre votre musique et vous, entre vous et vous-mêmes. Le message, c’est: effacez les autres, niez leur existence, retrouvez-vous seul avec vous-mêmes. C’est très bizarre, paradoxal. D’autant que ce qu’on nous présente comme un « rêve » était il y a quelques années encore vécu comme un cauchemar, le paradis était un enfer.

La même scène ouvre le « magnifique » Vanilla Sky (2002) de Cameron Crowe avec Tom Cruise, remake du film Ouvre les yeux de l’espagnol Alejandro Amenabar sorti en 1997: le personnage principal se retrouve dans les rues désertes de New-York, cette fois. Et cette fois, le but est plutôt de faire peur, en particulier, de donner une atmosphère onirique à la scène, dans le sens où l’on ne sait pas trop s’il s’agit d’un rêve ou de la réalité. Plutôt un sentiment de malaise, donc. Ce qui est donc vécu comme le paradis pour notre danseuse, c’est l’enfer pour Tom Cruise. Pendant que l’une se sent plus vivante sans les autres, l’autre se sent rêver. Et pendant que la danseuse cherche à nier la réalité des autres pour se sentir exister, Tom Cruse perd le sens de la réalité en l’absence des autres. Alors, Londres ou New-York déserts, rêve ou cauchemar? Paradis ou enfer? Utopie ou dystopie?

« Connecting people »?

D’abord, reconnaissons à cette publicité le mérite d’être honnête: contrairement à toutes celles qui prétendent que les nouvelles technologies, Smartphones, etc. nous rapprochent des autres – avec le fameux slogan connecting people, « pour relier les gens » – celle-ci admet (ou avoue) qu’elles peuvent nous éloigner des autres; que les réseaux sociaux ne sont pas toujours « sociaux », et les outils de communication, pas toujours très communicatifs -ils peuvent rompre la communication: pendant que je consulte mon Facebook pour voir combien j’ai de « Like », et donc, combien j’ai d' »amis », je ne parle pas à ceux qui sont autour de moi, au bar ou au restaurant. Les moyens de communications peuvent nous couper du monde, et des autres. On a l’habitude de dire que le téléphone portable a tendance à effacer la frontière entre la sphère publique et privée: quand on entrait dans une cabine téléphonique, on ne permettait pas que des inconnus entrent avec nous. La cabine délimitait physiquement notre intimité. Avec le téléphone portable, on connaît tout de la vie des gens, et après une heure de train je connais toutes les histoires d’amour et les heures des rendez-vous médicaux de ma voisine d’à-côté. On pourrait penser que les nouveaux moyens de communication nous rendent exhibitionnistes, un peu trop « ouverts » aux autres. Mais en fait, non! C’est ce que souligne Alain Finkielkraut (qui a ses bons moments) quand il se demande pourquoi les gens qui parlent fort au téléphone portable me dérangent:

« Car, en l’occurrence, ce n’est pas mon confort qui est en cause, c’est ma réalité même. […] Je suis simultanément agressé et aboli par leur inanité sonore. Ils agissent comme si je n’étais pas là, avec un naturel tellement confondant que j’ai envie de crier pour faire acte de présence. »

(L’imparfait du présent).

musée

 Celui qui parle (fort ou pas) au téléphone en ma présence nie ma réalité même. Les moyens de « communication » peuvent nous couper du monde. Mais dans cette fameuse pub pour le casque Bose, on milite carrément pour la négation de l’existence des autres : il faut se couper du monde et des autres. Et toutes ces relations entre réalité, existence, soi-même et les autres posent un problème philosophique fondamental: les autres jouent-ils un rôle dans la conscience que j’ai de moi-même – ou pas? Ma propre réalité ne dépend-elle pas des autres? Est-ce dans la solitude que l’on prend conscience de soi?

Cogito solitaire ou altruiste?

Descartes

Descartes

La réponse n’a rien d’évident. En résumé, Descartes pense que OUI, on peut se passer des autres, et Sartre pense que NON. Donc Descartes aurait bien aimé se retrouver avec un casque sur les oreilles. Vous connaissez le fameux « Je pense, donc je suis »: ça veut dire d’abord que la conscience de soi, la connaissance de ma propre existence, le sentiment d’être là, réel, présent ne dépend de rien d’autre que de moi-même. Comme cette fille, je peux bien me sentir vivant sans que rien ni personne ne vienne s’interposer entre moi- et moi-même. C’est exactement ce que fait Descartes dans son fameux cogito :

« Je me résolus de feindre que toutes les choses qui m’étaient jamais entrées en l’esprit, n’étaient non plus vraies que les illusions de mes songes. Mais, aussitôt après, je pris garde que, pendant que je voulais ainsi penser que tout était faux, il fallait nécessairement que moi, qui le pensais, fusse quelque chose. »

Discours de la méthode.

De son côté, si Sartre peut dire dans Huis Clos que « l’enfer c’est les autres », il montre aussi dans sa philosophie qu’il est difficile voire impossible de prendre

Sartre

Sartre

conscience de soi en se coupant du monde extérieur. Si le monde et les autres n’existaient pas, il serait impossible de se sentir vivant, de sentir vivre et exister. Certes, « je pense, donc je suis »: parce que je suis un être pensant, je peux d’abord penser à moi-même et prendre ainsi conscience de ma propre existence. Mais il faut d’abord avoir quelque chose à penser: si nous n’avions aucune sensation – comme écouter de la musique – nous n’aurions aucune pensée. Et sans le regard des autres, nous serions bien incapable de nous sentir exister. C’est bien ce que révèle la mode du selfie, cet autoportrait photographique destiné à être diffusé sur les réseaux sociaux. Comme quoi, les différents « outils de communication » ne disent pas la même chose de nous.

Ainsi, l’homme qui s’atteint directement par le cogito découvre aussi tous les autres, et il les découvre comme la condition de son existence. Il se rend compte qu’il ne peut rien être (au sens où l’on dit qu’on est spirituel, ou qu’on est méchant, ou qu’on est jaloux) sauf si les autres le reconnaissent comme tel. Pour obtenir une vérité quelconque sur moi, il faut que je passe par l’autre.

L’existentialisme est un humanisme.

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Turbuler (Le Dico des mots de la semaine qui n’existent pas)

Après une remontée fulgurante dans les sondages, François Fillon a largement remporté le premier tour de la primaire de la droite. Faire « turbuler » le système, Jean-Pierre Chevènement en rêvait, Fillon l’a fait. Mais au fait, ça veut dire quoi « turbuler »?

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Au sens large: « Troubler le jeu politique ». Synonyme de « perturber », « déjouer ».

Au sens strict: monter en gamme, ou plutôt en sondage, pour apparaître comme le (ou la) troisième candidat (e) qui vient déjouer tous les pronostics et coiffer sur le poteau (avec son bandana) les deux autres candidat(e)s d’une élection qu’on croyait déjà jouée (notamment à cause des sondages – qui se trompent tout le temps), mais en fait non, et du coup ce qui s’annonçait comme un duel se transforme en un match à trois. Synonyme: « François Fillon ».

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Eh oui! François Fillon aura bien fait « turbuler » la primaire de la droite en arrivant largement en tête au premier tour. Eh non! « Turbuler » ne signifie pas « s’enrouler un turban autour de la tête ».  Et pourtant, c’est un mot qu’on a beaucoup entendu lors de la dernière semaine de campagne pour la primaire de la droite, à propos de l’irresistible ascension de François Fillon. Dans les différentes émissions de débats politiques entre experts (C dans l’air, 24 heures en question), on s’est ainsi plu à rappeler que François Fillon pouvait venir « turbuler » la primaire. Mais d’où ce mot peut-il bien sortir?

chevenementPas du dictionnaire, en tout cas. On n’y trouve que les mots « turbulette » (ou gigoteuse) qui rappelle assez le bandana que certains candidats à l’élection présidentielle portent, parfois. Et sinon, le mot « turbulence » et l’adjectif correspondant: « turbulent », ce qui désigne alors une personne portée  » à s’agiter physiquement, souvent dans un état d’excitation bruyante ». Manifestement, ce n’est pas en ce sen-là que François Fillon a pu « turbuler » la primaire. En fait, ce verbe semble avoir été inventé par Jean-Pierre Chevènement lors de la présidentielle de 2002, qui disait vouloir « turbuler le système » : dans un duel au deuxième tour annoncé entre Lionel Jospin et Jacques Chirac, Jean-Pierre Chevènement espérait alors être le « troisième homme » qui viendrait perturber l’élection, et même, se qualifier au second tour, « déjouant » ainsi tous els pronostics et les sondages. Le résultat, on le connaît: les pronostics ont tellement été déjoués que c’est Le Pen qui s’est retrouvé au second tour

Depuis Jean-Pierre Chevènement, le verbe « turbuler » a été réutilisé lors des différentes élections et primaires pour désigner un candidat plus ou moins inattendu qui pouvait plus ou moins créer la surprise, en particulier parce qu’il se présentait plus ou moins en dehors des partis (mais souvent moins que plus): Ségolène Royale en 2007, Arnaud Montebourg en 2012, et bien sur, le Front National qui a bel et bien « turbulé » le système le 21 avril 2002. Et pour l’élection présidentielle de 2017, à peu près tous els candidats prétendent « turbuler » le système: Macron, Mélenchon, etc.

Le verbe « turbuler » et son Complément d’Objet qui est toujours le même – le « système » – est sans doute revenu à la mode depuis que Donald Trump a été élu à la Maison Blanche, « déjouant » ainsi tous les sondages. Mais finalement qu’est-ce que ça vaut dire « turbuler le système »? Et de quel « système » parle-t-on?

La plupart pense au supposé « système » politico-médiatique: « turbuler » le système signifie alors déjouer les pronostics, faire mentir les sondages, en montrant que les électeurs ne se laissent pas dicter leur vote. Si c’est bien cela, on ne voit pas bien en quoi le système est « turbulé »; le système démocratique » je veux dire: c’est quand même la base du système démocratique que celui qui obtient la majorité prenne le pouvoir. Donc, si on arrive à se faire élire, on a tout simplement bénéficié du système. Sinon, « turbuler » le système – et par-là même, le dénoncer – ce serait donc dénoncer le système démocratique lui-même, le jeu des partis, des élites, etc. Et là, on a envie de dire: si c’est le système démocratique qui vous dérange (et pourquoi pas, il peut y avoir des arguments), quel autre système proposez-vous? Dictature? Monarchie? Tyrannie? C’est vrai que ce serait mieux! On peut s’étonner de ce que les gens se plaignent des élites dans un « système » où existent de nombreux corps intermédiaires (partis, syndicats, assemblée, etc.), et s’imaginent qu’ils seront plus libres et représentés quand ils seront soumis à un seul chef, autant dire, un tyran.

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Mais peut-être « turbuler » le système veut-il tout simplement dire « déjouer les pronostics » autrement dit, créer la surprise et apporter un peu de suspens dans une élection qu’on croyait déjà jouée. Et c’est plutôt cela le vrai sens: « un peu de suspens quoi! » Sinon, c’est trop prévisible, ennuyeux ou « terne » comme on a pu dire. Mais alors, si on demande aux candidats des élections de mettre un peu de « suspens », c’est que la mode du verbe « turbuler » n’est rien d’autre que le symptôme de la politique spectacle soulignée il y a déjà bien longtemps:

« Ainsi se recompose l’interminable série des affrontements dérisoires mobilisant un intérêt sous-ludique, du sport de compétition aux élections. »

Guy Debord, La société du spectacle.  

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La vie est belle: faut-il être vertueux pour être heureux?

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Avant « La vie est belle » de Julia Roberts, il y a eu La vie est belle de Roberto Benigni (La vita e bella, 1997). Mais bien avant cela, il y a eu encore La vie est belle de Franck Capra (It’s a wonderfull life, 1946). Le pitch : un homme a passé sa vie à penser aux autres et faire le bien autour de lui – c’est un homme « vertueux ». Résultat : il est malheureux, ou du moins, il croit l’être. Alors, le « Ciel » lui envoie un ange gardien pour qu’il soit récompensé de ses bonnes actions et trouve enfin le bonheur qu’il mérite. Un classique, un chef-d’œuvre, même qui, sous ses allures de film de Noël pose le problème du lien entre bonheur et vertu.

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Pour ou contre le « coffre-de-toit » ?

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Autant le dire tout de suite: je n’ai jamais apprécié les « coffres-de-toit ». Mais sans trop savoir moi-même pourquoi, sans pouvoir me l’expliquer ni encore moi le justifier. Et pourtant, il faudrait si l’on veut sérieusement faire interdire cette abomination touristique. J’y ai toujours trouvé quelque chose de vaguement vulgaire ou de populaire; un truc de « beauf », comparable au tuning. Pourtant, il y a tellement de monde qui utilise le « coffre-de-toit », et de tous les milieux sociaux, même si on en voit pas mal quand même qui vont au camping. Alors quoi?

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Harry Potter et la lutte contre le terrorisme

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En ce moment, on se demande beaucoup s’il faut « adapter » ou plutôt réduire l’Etat de droit pour lutter efficacement contre le terrorisme, par exemple, en interdisant les gros sacs à la plage – « et bla bla bla, et bla bla bla ». Dans Harry Potter et la coupe de feu (chapitre 27, page 555), c’est Sirius Black qui donne peut-être une réponse en évoquant la lutte de monsieur Croupton contre Voldemort:

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Pourquoi avons-nous intérêt à étudier l’histoire?

En guise de prolongement, d’éléments ou d’orientation de ce beau sujet de ES au bac 2016, un podcast du débat/conférence qui s’est tenu au Grand Palais le 9 novembre 2015 autour de la question: « Quelles leçons tirons-nous de l’Histoire? »

 9novembre

Avec 2 historiens, 1 journaliste et 1 philosophe…

Pour le podcast, c’est ici.

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Tchat vidéo : on répond à vos questions sur le bac de philo

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Révise le bac philo avec le festival de Cannes (2/5)

Dernière ligne droite avant l’épreuve de philo. Alors, chaque semaine, une petite révision de chapitre à partir d’outils un peu originaux tirés de la pop culture. Cette semaine : le festival de CANNES pour traiter le sujet : « le beau est-il relatif ? »  

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Notions : la culture, l’art.

Sujet : « le beau est-il relatif ? »

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C’est toujours pareil avec le festival de Cannes : pendant 10 jours, on n’entend parler que de George Clooney et des stars qui montent le tapis rouge – qu’on appelle de plus en plus « red carpet » pour faire bien. Et à la fin, on remet des prix à des films réalistes, difficiles, sociaux, engagés et philippins, dont on a à peine entendu parler. Cette année, belle moisson de films sociaux : Ken Loach, le client, Baccalauréat, Ma’rosa. Mais il y a une autre spécificité à Cannes : des films écornés, voire étrillés par les « critiques » ont finalement obtenu un prix, comme le Xavier Dolan. A l’inverse, les films plébiscités par la presse sont repartis bredouilles, à commencer par le film de l’allemande, là, on ne sait plus le titre – pendant 10 jours, ont a juste dit : « le film de la réalisatrice allemande… » A la fin, ils sont nombreux à exprimer leur déception – si ce n’est plus – face au palmarès. Alors, qui a raison, qui a tort ? Le jury du festival est-il plus compétent que les critiques professionnels ? Et les critiques professionnels sont-ils plus compétents que le spectateur lambda ? Dans l’art en général, et le cinéma en particulier, est-ce que c’est « chacun ses goûts » ? Ou bien certains ont-ils meilleur goût que d’autres ? Continue reading

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Révise le bac de philo avec les selfies de Nabilla !

Dernière ligne droite avant l’épreuve de philo. Alors, chaque semaine, une petite révision de chapitre à partir d’outils un peu originaux tirés de la pop culture. Cette semaine : le SELFIE pour traiter le sujet : « suis-je ce que j’ai conscience d’être ? »  

philomouv

Notion : le sujet.

Sujet : « suis-je ce que j’ai conscience d’être ? »

 

seul au mondeUn « ami » avait un jour posté un selfie sur les réseaux sociaux. Enfin, pas vraiment un « selfie », mais plutôt ce qu’on pourrait appeler un « feetfie » : une photo de ses pieds étendus sur une plage déserte, face à la mer. Avec ce commentaire : « seul au monde ! » J’avais envie de lui dire deux choses : d’abord, tu n’es pas vraiment seul au monde, puisque tu envoies cette photo pour que les autres la voient – et du coup, pour qu’ils soient un peu avec toi. Ensuite, si tu te sentais si bien « seul au monde » sur ton île déserte, tu n’aurais pas besoin de poster cette photo pour te rappeler aux bons souvenirs de tes connaissances – manière de dire « au secours ! Je suis seul au monde ! »

Qu’est-ce qu’un selfie ? C’est une photo de soi, un autoportrait photographique pris avec un Smartphone. Du coup, le selfie révèle le caractère fondamental de l’ego, du moi – ou du « soi », self en anglais : « je pense, donc je suis ». D’un autre côté, le selfie n’est pas fait pour soi : il a pour destination d’être posté sur les réseaux sociaux. Ce qui montre que les autres jouent aussi un rôle essentiel dans l’image que j’ai de moi-même. En bref, si je suis bien ce que j’ai conscience d’être, cette conscience elle-même passe par le regard des autres – elle est « médiatisée » par le regard d’autrui, comme on dit. Continue reading

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