La Parole : Questions particulières de linguistique générale.

La parole en tant qu’énoncé signifiant dont la grande valeur est reconnue par le groupe a toujours fait l’objet d’études, de commentaires, d’explications : commentaires de la parole divine mais plus généralement les gloses.

Qu’est-ce qu’une glose ?

Glose.

C’est un commentaire ajouté en marge ou entre les lignes d’un texte, pour expliquer un mot étranger ou rare. Peu à peu les gloses sont remplacées par des renvois qui sont destinés moins à expliquer un texte qu’à en prolonger la lecture par des mises en perspectives variées et inattendues.

Par extension, le mot a fini par être synonyme de « commentaires inutiles ». Néanmoins il ne faut pas confondre « glose » et « paraphrase ».

Enfin, on appelle « glossaire » une collection de gloses, c’est-à-dire une série de de définitions qui explicitent des termes obscurs.

 

En revanche l’étude de la parole entant qu’elle se définirait comme expression de la langue est assez récentes, elle remonte au début du XXème siècle.

Ferdinand de Saussure, professeur à l’Université de Genève jusqu’à sa mort en 1913, invente la linguistique et la sémiologie. Son enseignement, divulgué après sa mort grâce à la publication de son Cours de linguistique générale, influencer grandement la pensée des structuralistes et des sémiologues de la seconde moitié du siècle.

La linguistique procède à l’étude de la langue. Mais à l’inverse de la Grammaire elle n’est pas prescriptive. Elle demeure toujours descriptive.

La sémiologie étudie les signes et leurs significations.

 

                                                               Pour une théorie du Signe.

 

Saussure, pour qui la langue est un ensemble de signes, définit le signe par la relation qu’il repère entre deux éléments : le signifié d’une part, le signifiant d’autre part. Par « signifié », il faut entendre la représentation mentale, le concept. Quant au « signifiant », c’est ce que Saussure appelle l’image acoustique du mot. C’est l’élément matériel du signe (un son, un dessin, un geste etc.) alors que le « signifié » est immatériel (puisque c’est une représentation mentale). Le signe linguistique est ainsi constitué de la relation artificielle entre un élément immatériel et un élément matériel. On « fait » littéralement signe.

On l’a compris : cette relation est arbitraire, elle n’a aucune forme de nécessité et demeure strictement conventionnelle.

Un symbole est un signe au sein duquel la relation signifiant-signifié repose sur la logique : le second est déductible du premier. Les deux morceaux de la poterie (c’est à l’origine ce que signifie le grec sumbolon) doivent s’emboîter parfaitement pour que, ainsi restauré, le signe soit opérationnel. C’est alors un signe de reconnaissance, un véritable « mot de passe ».

Est-ce à dire que ce qui lie le signifiant au signifié n’a rien de conventionnel et qu’une puissante nécessité les attache l’un à l’autre ? assurément mais dans le cadre d’une même culture. Le cochon, par exemple, symbole de prospérité en Chine, devient pour les peuples sémites signe d’impureté.

Pour un indien d’Amérique, comment déduire que le rameau d’olivier est symbole de paixdans les pays de la méditerranée

  Les Fonctions du langage       

Mais la linguistique étudie aussi quelles sont les fonctions du langage. A quoi sert le langage, ce système de signes ?

C’est au linguiste Roman Jakobson que l’on doit d’avoir formulé précisément les différentes fonctions du langage :

Il y a tout d’abord la fonction référentielle : on utilise en effet le langage pour « faire référence » à quelque chose, pour parler de quelque chose. La fonction émotive quant à elle permet d’exprimer la position de l’émetteur par rapport à son message. C’est la fonction du « je ». La fonction conative en revanche est dirigée vers le récepteur. La fonction métalinguistique vérifie que l’émetteur et le récepteur se comprennent bien (« Tu vois ce que je veux dire ? »). La fonction poétique s’inscrit dans un usage esthétique du langage.

Et puis, il y a cette fonction « phatique », que l’ethnologue Malinovsky  a décrite  à l’occasion des palabres dont il fut le témoin parmi les populations primitives qu’il étudiait. Le langage remplit cette fonction « phatique » quand il n’a pas d’autre fin que de prolonger ou d’établir la communication entre le locuteur et le destinataire sans servir évidemment à délivrer un message : « Allo » accomplit par exemple cette fonction phatique.

Cette fonction phatique touche par exemple au pathétique dans les pièces de Beckett, quand les personnages sont réduits à cet unique usage : parler ou plutôt émettre des monosyllabes qui se répondent et n’ont d’autre finalité que d’assurer l’autre d’une simple présence.

 

 

 

 

 

 

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>