Introduction à une philosophie de l’action ( suite) 3/6 : Travailler . faire travailler .

                                    Le sol sera maudit à cause de toi

                              C’est à force de peine que tu en tireras

                              Ta nourriture tous les jours de ta vie…

                                                      (…)

                       C’est à la sueur de ton visage que tu mangeras ton pain

                      Jusqu’à ce que tu retournes à la terre d’où tu as été pris…

                          Car tu es poussière et tu retourneras à la poussière.

 

Genèse.

 

Si le travail est un châtiment, comme l’indique la Bible, il est aussi, en même temps,  le moyen par lequel les hommes peuvent vivre dans une nature désormais hostile.

Cette ambivalence que signifie avant tout le texte sacré structure ainsi la représentation de ce que nous nommons « travail ».

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Commander! Introduction à une philosophie de l’action ( suite 2/6)

Pouvoir.

Le substantif vient du verbe. Mais pas n’importe quel verbe :  pouvoir est un auxiliaire.

Le verbe substantivé « pouvoir » conserve toujours sa valeur initiale d’auxiliaire – « je peux faire quelque chose » – , c’est dire que le rapport à l’action s’y trouve toujours transcendé en même temps qu’il demeure dans le vague d’une « capacité de ». H. Arendt propose une typologie des pouvoirs en fonction de l’effet produit par cette capacité.

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Qu’est-ce que l’état d’urgence ?

Etat d’urgence.

Quelques heures à peine après les attentats du 13 novembre à Paris, le Président Hollande décrète « l’Etat d’Urgence ».

Si l’expression peut paraître à un puriste de la langue relever de l’oxymore, c’est-à-dire de la contradiction entre les termes (état suppose passivité et durée alors que l’urgence, c’est ce qui presse, ce qui réclame une action immédiate.), elle n’en désigne pas moins une situation d’exception qui implique un régime d’exception.

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Les mots qui ont fait ce mois d’octobre 2015…

Frugalité.

Navi Radjou, le promoteur de « l’innovation jugaad » passe cet automne par la France pour faire mieux connaître les vertus créatrices de la frugalité.

Jugaad est un mot hindi qui renvoie à l’idée de débrouillardise. C’est cette capacité à improviser avec ingéniosité lorsque les moyens manquent. Le slogan de Radjou : « Faire mieux avec moins ». Le concept s’impose en fait dans les pays émergeants où la nécessité d’innover rencontre celle de la pénurie des moyens. Pour Radjou, le manque est un carburant, un stimulant .Il pousse à l’astuce, il incite à la créativité. Au début du siècle précédent – et dans tout autre contexte – Paul Valéry ne déclarait-il pas que « chausser des souliers trop étroits et trop justes conduit à inventer des danses nouvelles ».

En France on parlera d’innovation frugale, « d’ingénierie frugale », comme le dit Carlos Ghosn qui explore systématiquement dans le sud de l’Inde la solution « low cost » pour fabriquer des voitures. Le groupe « Tata motors » en Inde ( du nom du fondateur Jamshedji Tata ) produit déjà depuis 2008 la Tata Nano, véhicule frugal par excellence ( pas de chauffage, pas de ventilation, pas de radio, pas de direction assistée …) pour environ 1500 euros.

Il faut rappeler enfin que le terme « frugal » associe au peu d’abondance la simplicité, liant ainsi nécessité économique et impératif éthique.

Une réflexion sur la contrainte, la nécessité pourra aisément tirer profit de cet exemple.

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