Les mots qui font l’actu (suite): Synode, ovocyte, celebgate…Ebola.

 Ebola.

En décembre 2013 débute une épidémie de la maladie à virus Ebola qui alarme aujourd’hui particulièrement les occidentaux, à la suite de cas individuels identifiés aux Etats-Unis ou encore en Espagne.

Ce virus est appelé Ebola en référence à une rivière qui passe près de Yambuku ( République Démocratique du Congo), ville où fut localisé un premier cas de fièvre hémorragique. Il n’ ya pas de traitement attesté pour cette maladie dont le taux de létalité peut atteindre 90% pour l’homme. A ce jour, Ebola a officiellement tué 3 439 personnes en Afrique de l’Ouest.

Assurément les grandes épidémies ont marqué profondément notre mémoire collective, par l’ampleur des ravages qu’elles provoquaient. La peste noire du xive siècle a fait en Europe environ 25 millions de victimes. Beaucoup plus récemment, la grippe espagnole a tué, selon les estimations de l’Institut pasteur, 30 millions de malades en une année (1918-1919).

Ainsi l’apparition d’un mal inconnu, d’un virus au nom inquiétant suffit à laisser revenir le refoulé. La précarité sanitaire serait en effet le véritable signe de l’effondrement et de l’échec de notre civilisation. Ce qui se révèle être notre hantise, comme en témoigne l’abondance de ces fictions où quelques survivants résistent héroïquement à un mystérieux virus qui transforme l’humanité en morts-vivants (Walking Dead, World War Z,  etc.).

Commémoration.

 

Avec le 11 novembre, nous voici à nouveau convié à réfléchir sur le sens des commémorations, sur leur utilité et leur portée idéologique.

 

La commémoration, c’est par définition une pratique de mémoire collective. Elle est destinée à conserver la conscience d’un évènement majeur de l’Histoire du groupe, elle joue par conséquent un rôle de premier plan dans la construction d’une identité collective. Il s’agit le plus souvent de célébrer un évènement heureux ou fondateur, comme par exemple l’Armistice de 1918. Ces commémorations euphoriques sont depuis quelques années concurrencées par des commémorations imposées par un « devoir de mémoire » et qui portent notamment sur des évènements malheureux. Elles sont destinées à entretenir un sentiment de responsabilité collective. Le président de la Commission pour la modernisation des commémorations publiques, l’historien André Kaspi, soulignait dans son rapport une tendance à la multiplication de ces commémorations : Jusqu’en 1999, il y avait six commémorations nationales. Depuis 1999, six autres ont été ajoutées (…) La multiplication des commémorations diminue l’effet de chacune d’entre elles. Et il poursuivait en précisant que cette inflation pouvait conduire en fait non pas à créer une mémoire collective mais bien à opposer des mémoires différentes. Il faut prendre garde à ne pas organiser la concurrence des mémoires. Et pour ce faire l’historien proposait une réduction de moitié du nombre des jours fériés liés à une commémoration et d’associer toutes les mémoires dans un « Memorial Day », inspiré des Etats Unis.

 

Ready made

L’exposition consacrée à Marcel Duchamp cet automne au Centre Pompidou à Paris, nous conduit à revenir sur ce que l’artiste appelait ses « ready-made » et dont certains sont exposés.

André Breton définit dans son Dictionnaire abrégé du surréalisme le ready made comme un objet usuel promu à la dignité d’objet d’art par le simple choix de l’artiste. Ainsi accomplit-il une véritable révolution politique et réaffirme- t ’il  la toute-puissance de la liberté de l’artiste moderne. Le geste créateur revient à l’acte de nommer. « Roue de bicyclette » ( 1913) ou « Porte-Bouteilles » ( 1914) sont les premiers ready made. Ils ont vocation à provoquer le regard et à sortir l’amateur de son conformisme. Ils deviennent alors selon le mot de l’artiste lui-même des « objets dards ».Assurément l’art désormais est partout mais surtout, comme l’exprime directement Andrew Marbot, le personnage de Wolfgang Hildesheimer : La vérité de l’œuvre d’art, c’est celle de l’artiste et non du sujet représenté.

Qu’est-ce qui fait une œuvre d’art ? Quels sont les caractères de la modernité ?

 

 

 

Synode .

S’est achevé  il y a quelques semaines le synode sur la famille réuni à Rome le 5 octobre par le Pape François.

Qu’est-ce qu’un synode ? Le mot désigne une assemblée délibérative d’ecclésiastiques. Etymologiquement, il s’agit de « demeurer ensemble » donc de se réunir. A l’origine synode et concile sont bien des synonymes, le second dérivant du latin quand le premier vient du grec. Historiquement, le premier synode a été convoqué par Victor 1er en 190 pour fixer la date de Pâques. Au XXème siècle, la tendance des Eglises est à spécialiser le mot « synode » à des assemblées locales ou régionales et celui de « concile » aux assemblées œcuméniques, extraordinaires et universelles. Le synode est plus régulier, d’une certaine façon plus « banal », moins solennel . On y traitera plus volontiers de questions de société, laissant la théologie ou la politique internationale aux Conciles.

Le mot et ce qu’il découvre sont mobilisables dans une réflexion sur la religion comme « administration du sacré ».

 

 

Ovocyte

Les salariées de Facebook et d’Apple sont invitées à faire congeler leurs ovocytes pour remettre à plus tard leur maternité et donc ne pas ralentir leur carrière.

Un peu de SVT…une fois n’est pas coutume. L’ovocyte est une cellule sexuelle féminine dont la maturation et la division dans l’ovaire donnera un ovule.

L’incitation à congeler ses ovocytes là-bas quand ici la PMA et la GPA font polémique et divisent la société montre à quel point les débats de demain vont se cristalliser sur la question de la manipulation du vivant. Au fond il s’agit toujours de la question de l’émancipation de l’espèce humaine à l’égard de la nature et du prix qu’il faut consentir à payer pour cette liberté. Certes, la proposition de Facebook et d’Apple a des allures de provocation ; elle pose toutefois à notre société une vraie question, celle de l’égalité des femmes et des hommes dans leurs perspectives de carrière et dans l’exercice de leur liberté..

Une dissertation consacrée à l’opposition nature-culture, au progrès, à la liberté et à l’égalité des femmes et des hommes accueillera ce débat avec le plus grand profit.

Celebgate.

Jennifer Lawrence dont des photos dénudées piratées par des hackers ont circulé sur le web parle à ce sujet de « crime sexuel » et mobilise l’opinion publique pour que les liens menant à ces photos soient supprimés , menaçant Google d’un retentissant procès : on ne plaisante pas avec le « Geai Moqueur » !

Sergei Kholodovskii, responsable du piratage des photos intimes de la star d’Hunger Games mais aussi de nombre d’autres actrices se défend et entretient le scandale. On parle alors du Celebgate comme autrefois du Watergate ou du Monicagate.

Jusqu’à quel point les personnalités « publiques » peuvent revendiquer des droits sur leur image ? une protection de leur vie privée ?

Le débat porte sur la relation vie privée-vie publique mais aussi sur la liberté moderne des échanges que symbolise le web .

 

 

 

 

 

 

 

 

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