Notes de lectures : Sept leçons de vie , Comment survivre aux crises. Jacques Attali, 2009.

Jacques Attali décline la crise sous tous ses aspects, passant ainsi la revue de toutes les « catastrophes » qui semblent nous attendre . Crise démographique tout d’abord :
L’évolution la plus certaine – et sans doute la plus bouleversante- de la prochaine décennie est l’augmentation prévisible de la population mondiale : elle passera de 7 à 8 milliards d’individus, soit autant que l’augmentation de la population de la planète entre le début de notre ère et la seconde guerre mondiale.

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Vive la Crise ?

J’entends marcher…on vient. Voici l’instant de la crise. C’est par ces mots que Figaro conclut son long et célèbre monologue de l’Acte V, scène III, annonçant que l’action va se précipiter, que l’affrontement avec le comte est devenu inévitable. L’instant de la crise est semble-t’il toujours dramatique. Comment peut-on « vouloir la crise » souvent porteuses de souffrance et d’inquiétude ?
La « crise » est un « état critique » ( sic)…

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Notes de lecture, Effondrement de Jared Diamond( traduit en français en 2006).

Jared MasonDiamond est né en 1937, il a enseigné principalement la géographie en Californie ( UCLA).
Dans cet essai Jared Diamond décrit et analyse des décisions politiques et religieuses qui sont à l’origine de véritables « catastrophes » écologiques et démographiques. Au nombre d’entre elles figure en bonne place le sort de l’île de Pâques.
Découverte un jour de Pâques 1722, par l’explorateur hollandais Jacob Roggeveen, l’île, au grand large du Chili, n’a cessé d’étonner non seulement pour ses statues gigantesques et mystérieuses, disposées sur des plate -formes creusées à même les falaises, mais surtout pour son extrême dénuement, conséquence manifeste de l’effondrement brutal d’une civilisation qui semblait avoir été pourtant capable de produire sur le plan technique et spirituel des réalisations peu communes : La construction et l’érection des statues exigeaient non seulement de grandes quantités de nourriture mais également de grandes quantités de grosses cordes grâce auxquelles cinquante à cinq cents hommes pouvaient remorquer des statues pesant de dix à quatre-vingts dix tonnes, ainsi qu’un nombre important de grands arbres solides dans lesquels on pouvait tailler les traineaux, les rails et les leviers.

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Qu’est-ce qu’une « catastrophe naturelle » ?

On entend volontiers parler de « catastrophe naturelle » pour désigner un évènement destructeur dans lequel les hommes n’ont aucune part…
Tsunamis, tremblements de terre, éruptions volcaniques, lorsqu’ils font des victimes humaines, sont perçus souvent comme des catastrophes en ce ces « tragédies », précisément, nous semblent inévitables . Les hommes ne sauraient ainsi être tenus pour responsables. Ils sont les jouets – non plus des Dieux comme dans la tragédie antique – mais de la Nature. Celle-ci endosse alors le costume de la Fatalité, du Destin. On se souvient ainsi des accents déchirants et rageurs d’un Voltaire, révolté par le tremblement de terre de Lisbonne :

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La vérité – Sujet de dissertation. Un indice ?

Il y a quelques temps, le jury des Sciences Humaines proposait au concours d’entrée des admissions parallèles d’HEC : « La Sincérité ».
Revenons d’ailleurs sur le sens de ce mot :
Pureté, absence de mélange, la sincérité est gage d’un caractère entier et cohérent. Sans retenue ni réserve, ou ambiguïté.
Un ami sincère, c’est un ami qui « n’hésite pas » dans la manifestation de son amitié.
La sincérité est-elle pour autant un critère de vérité ? Si la sincérité dit évidemment la vérité du sujet ( il n’y a pas de doute) elle n’empêche pas ce dernier de se tromper dans ses jugements le cas échéant. La sincérité s’oppose alors à la « mauvaise foi ». Un homme sincère ne se ment pas à lui-même.
Se mentir à soi-même et précisément chez Sartre se dissimuler sa liberté , telle est la « mauvaise foi ».
Le chapitre II de L’Etre et le Néant est consacré entièrement à la « mauvaise foi » :
Certes pour celui qui pratique la mauvaise foi,, il s’agit bien de masquer une vérité déplaisante ou de présenter comme une vérité une erreur plaisante. La mauvaise foi a donc en apparence la structure du mensonge. Seulement, ce qui change tout, c’est que dans la mauvaise foi, c’est à moi-même que je masque la vérité. Ainsi la dualité du trompeur et du trompé n’existe pas ici. La mauvaise foi implique au contraire par essence l’unité d’une conscience.

Qu’est-ce que la Véracité ?

La véracité, c’est, en quelque sorte, la vérité que l’on croit. C’est bien de l’intention caractérise les personnes, celles qui ne sont pas trompeuses.
Si la notion de vérité s’applique, nous l’avons vu, à des énoncés, la véracité dont il est question, l’intention de dire la vérité et de l’exigence morale qui s’y trouve attachée.. ainsi pour Kant : La véracité est un devoir formel de l’homme à l’égard de chacun. Ce qui nous reconduit au débat Constant-Kant. Au philosophe allemand pour qui la véracité est un devoir absolu et inconditionné l’homme politique français répond : Le principe moral que dire la vérité est un devoir, s’il était pris d’une manière absolue et isolée, rendrait toute société impossible. Benjamin Constant est catégorique : Tout le monde n’a pas droit à la vérité. Continue reading

Quelle est cette épreuve dite de « Questions contemporaines » ?

L’intitulé de l’épreuve et son format sont des points de départ indispensables pour définir la méthode.

– L’intitulé « Questions contemporaines » restreint l’approche : ce qui est contemporain est de notre temps ! Inutile de remonter à l’Antiquité, ni même aux Lumières. Les références attendues sont celles de notre époque et si on évoque telle ou telle œuvre littéraire plus lointaine ( Mary Shelley pour Frankenstein ou Balzac pour La Recherche de l’absolu) c’est à titre d’accroche, de contrepoint ou encore en guise de conclusion. D’autre part, l’intitulé est assez explicite : il ne s’agit pas d’une épreuve de philosophie, ni même de « Culture Générale ».
– Trois heures ! C’est le temps qui vous est imparti. Ce format inhabituel doit vous rassurer : personne n’attend de vous que vous fassiez la démonstration d’une érudition académique, ni que vous vous transformiez en quelques semaines en experts de la Science et de la Justice. Ce format de trois heures peut également vous conduire à faire le choix d’un plan en deux parties, beaucoup plus maniable.

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Notes de lecture, Quand la ville se défait de Jacques Donzelot , Seuil, 2006.

Voici quelques notes de lecture, concernant un ouvrage très important pour saisir l’actualité du développement de nos villes.
En un demi-siècle, la ville est passée du registre de la solution à celui du problème.
La France longtemps trop rurale et dont les villes sont vétustes développe dans les années 60 au nom de la modernisation un vaste programme d’urbanisation.
Thèse de l’auteur : Cette ville des années 60, résolument moderne à l’époque aujourd’hui se défait sous l’action de trois types d’évolution des comportements .
Les minorités et les pauvres subissent un processus de relégation dans les cités d’habitat social ; les classes moyennes, petites, intermédiaires et aisées se réfugient dans les communes rurales avoisinantes qui s’urbanisent ainsi et reçoivent l’appellation générique de péri-urbaines (…) Les centres sont affectés par la gentrification, cette expression anglaise servant donc à désigner l’investissement des centres anciens par une population cultivée, soucieuse d’un accès privilégié aux avantages de la centralisation, que ce soit pour le travail, le plaisir ou l’éducation de leurs enfants. Continue reading

La Culture Générale selon De Gaulle

La puissance de l’Esprit implique une diversité qu’on ne trouve point dans la pratique exclusive du métier, pour la même raison qu’on ne s’amuse guère en famille. La véritable école du commandement est donc la Culture Générale. Par elle la pensée est mise à même de s’exercer avec ordre, de discerner dans les choses l’essentiel de l’accessoire, d’apercevoir les prolongements et les interférences. Bref, de s’élever à ce degré où les ensembles apparaissent sans préjudice des nuances. Pas un illustre capitaine qui n’eût le goût et le sentiment du patrimoine de l’esprit humain. Au fond des victoires d’Alexandre, on retrouve toujours Aristote.

Charles De Gaulle, dans Le Fil de l’Epée.