Correction du sujet d’histoire n°2.

 De l’économie-monde américaine à l’économie-monde multipolaire

Introduction :

Dans le contexte de la mondialisation, on assiste à l’émergence de pôles économiques puissants notamment depuis la fin de la Guerre froide en 1991. La part des Etats-Unis dans l’économie mondiale reste la première mais se réduit, laissant davantage de place à l’Europe et au Japon, puissances traditionnelles mais aussi aux émergents comme la Chine. L’économie-monde américaine semble céder la place à une économie-monde multipolaire. Une « économie-monde » est un concept définissant un espace économique autonome centré sur une ville ou un Etat qui regroupe l’essentiel des fonctions de commandement économique mondial. Ce centre intègre des périphéries plus ou moins vastes. Rappelez brièvement l’origine du concept et le rôle de l’historien français Fernand Braudel. Problématique : Vous pouvez garder le sujet tel quel car il est en soi problématisé. Il semble qu’il y ait  plusieurs pôles aujourd’hui capables de constituer des économies-mondes.  On peut insister sur le déclin relatif des Etats-Unis en posant la problématique suivante : dans quelle mesure le déclin de l’économie-monde américaine est-il relatif ? Il faudra préciser ensuite dans l’introduction que le but de la composition sera de montrer que l’économie-monde américaine reste la plus importante face à l’émergence d’autres puissances économiques qui sont en train de constituer elles-mêmes des économies-mondes indépendantes.

Annonce du plan

  1. Une hégémonie économique américaine encore bien réelle
  2. Une puissance industrielle, commerciale et financière

Le PNB américain est de 16 000 milliards de dollars (2 fois plus que la Chine). Le PNB/hab. est 9 fois supérieur à celui de la Chine. 3e exportateur mondial. Agriculture : 1er exportateur et le 2e importateur. 1ère industrie mondiale : 20% des actifs, hautes technologies, secteur militaro-industriel, aéronautique, électronique (microsoft, IBM,…), chimie, consommation : Nike…Le dollar reste la monnaie de référence : plus de la moitié des prêts et des dépôts. Prix des principales marchandises : brent (pétrole), céréales (bourse de Chicago). Dollar : 87% des transactions internationales.

  1. Le pays de l’innovation

Produits technologiques de consommation de masse : iphone, tablette…navette spatiale dans les années 1980. RD : +2,6% du PIB. Silicon Valley en Californie : les universités comme Stanford sont associées aux entreprises et aux laboratoires de recherche. Cela crée une synergie et la formation de  clusters qui dynamisent l’innovation.

  1. La puissance du softpower américain est écrasante

Ce dynamisme et l’image des Etats-Unis attirent. Le Brain drain y est puissant: les Etats-Unis captent 20% des étudiants qui partent étudier à l’étranger, 40% des doctorats délivrés aux Etats-Unis sont attribués à des étrangers. Les Etats-Unis restent en général le premier pays d’immigration.

Culture américaine : vêtements, musique, cinéma (80% du marché). Dans le domaine de la culture et du softpower, certes d’autres puissances ont de réels atouts comme la France, l’Italie, l’Europe en général, le Japon (concept de Cool Japan) et mais aussi les émergents comme le Brésil perçu comme une puissance sympathique mais aussi la Chine. Un des vecteurs qui facilitent la diffusion de cette culture reste la puissance des entreprises dans le domaine de la culture (les maisons de production de films et de séries par exemple) et aussi l’anglais.

  1. Les fragilités américaines
  2. Les signes d’affaiblissement économique

A partir de 1965 : jamais moins de 3 millions de chômeurs.  En 1948, les Etats-Unis produisent 85% des voitures de tourisme et 41% à la fin des années 1960. 1M de voitures sont alors importées : Dans les années 1990, la moitié des voitures aux EU est japonaise. Même chose pour les machines-outils, le matériel électronique…Crise de la Rust Belt dans les années 1970-1980 : crise des industries de la Première révolution industrielle (sidérurgie, secteur minier…). Surproduction agricole : revenu des fermiers s’affaisse = ½ du revenu des non agricoles. Inflation dans les années 1970 de 14%

  1. Un lourd déficit commercial

Déficit budgétaire et de la balance commerciale à partir de 1971 : 5 milliards en 1974. Le déficit n’a cessé de se creuser depuis. Pas de réelle remise en cause du modèle cf. George Bush : « le mode de vie des Américains n’est pas négociable ».  Poids de la guerre du Vietnam (engagement en 1965) : 20 milliards de dollars par an. Dépenses militaires 5 fois plus élevées que les dépenses sociales expliquent le déficit budgétaire. Le marché intérieur américain ne peut absorber toute la production > achat à crédit. Endettement : dettes des ménages autour de 120% du PIB, dette publique de 16 000 milliards (110% du PIB) en 2013.

En 1962, 40 millions d’Américains sous le seuil des 3000 dollars/an pour mener une vie décente. Personnes âgées en particulier : 8 millions de personnes .  ¼ des pauvres sont des noirs. ½ des familles noires sont pauvres. + 5M de chicanos et 1,5M de Portoricains ont des problèmes de malnutrition = émergence du quart-monde dans les années 1980 aux Etats-Unis.  10 millions de chômeurs en 1982. Crise urbaine aux EU dans les années 1970 débute fin 1960 : centre-ville se vide et se ghettoïse. = Crise du modèle américain et de l’American way of life. 1968 président Johnson reconnaît que la société est « une maison divisée ». Contestation : phénomène hippie, non conformisme et marginalité. Désengagement du Vietnam à partir de 1968 (paix en 1973) ne suffit pas : en 1971, dollar dévalué 2 fois en 1973 ! fin du mythe du dollar stable et dominateur.

  1. Les concurrences régionales (Unasur, U.E)

Les années 1970 voient aussi la réduction des écarts de niveau de vie avec le Japon et l’Europe. Les Etats-Unis représentent alors 14% des exportations mondiales / UE 25%. PIB global européen = PIB des Etats-Unis. 6 des 10 premiers exportateurs de marchandises sont des pays de l’Union européenne. secteurs : aéronautique EU +70% de part de marché en 1962 > 58 en 1979. idem automobile, électronique. Contestation de l’hégémonie américaine dans le contexte de la Guerre froide en Amérique du Sud, en Afrique, au Moyen-Orient.

III.          Emergence d’un monde multipolaire

  1. La mondialisation crée la multipolarité

Fondée sur le libéralisme et l’ouverture aux échanges : accords de libre-échange bilatéraux (en préparation entre UE et Etats-Unis), ALENA, OMC. Libéralisation des échanges avec la fin de la Guerre froide : IDE 25 milliards de dollars en 1970 > 1700 milliards en 2010. La Nouvelle Division Internationale du Travail, la NDIT : exemple Boeing 787 est assemblé avec des éléments produits par différents pays dans différents endroits de la planète. Progrès dans les transports réduisent l’espace et le temps : avion pour les longs déplacements Paris-Sidney 24h ; conteneurisation. Numérisation. Echanges immatériels : 2M d’internautes sur la planète.  Tout cela est facteur d’accélération des échanges et favorisent l’émergence de nouveaux pôles économiques sur la planète. Méthode de travail : après le taylorisme et le fordisme, le toyotisme : dans les années 1960. production en flux tendus. 0 stock, 0 délai, 0 défaut. Triade : 80% des échanges : Europe-Eu et Japon mais il faut ajouter : littoral chinois et Corée du Sud.

  1. Les nouvelles puissances : les émergents…

Ces « nouveaux pays » attirent des investissements étrangers : Michelin au Brésil, Apple en Chine. Délocalisations. BRICS en tête : Brésil, Russie, Inde, Chine et Afrique du Sud :  20% du PIB mondial en 2011. = moteur de l’économie mondiale, tirent la croissance. Firmes des BRICS arrivent sur les marchés de la Triade : Embraer, Tata, Cinopec, Huawei,…

Place à part de la Chine, 2e puissance mondiale depuis 2010, devant le Japon qui avait occupé cette place depuis 1968 : 1978 programme des 4 modernisations de Deng Xiaoping et les ZES sur le littoral.

G20 « remplace » le G8 en 1999 : 85% du commerce mondial, 2/3 de la population mondial et 90% du PIB. Eclatement du Tiers-Monde : émergents, Tigres, dragons, PMA, PED…variation dans l’intégration à la mondialisation : fracture numérique. Sud : la moitié de la production industrielle mondiale aujourd’hui. 1/3 de la consommation mondiale et attire ½ des capitaux.

  1. Des acteurs autres que les Etats : FTN, Organisations internationales, ONG, mafias

Lieux de la mondialisation : les métropoles jouent un rôle essentiel. Elles polarisent les investissements et son des vitrine de la mondialisation et de la réussite de certains pays comme les émergents : Shanghai, quartier de Pudong. Singapour 1er port de conteneurs du monde.  FTN certaines sont plus puissantes que des Etats : Exxon Mobil aussi riche que la Nouvelle-Zélande. Wal-Mart = Slovénie.  ONU rassemble plus de 190 Etats, siège à New York. Créée à San Francisco en juin 1945. OMC remplace le GATT(1947) en 1995 : favoriser l’ouverture commerciale, liens de dépendance entre pays, complémentarité pour éviter les guerres, les conflits. Impose des réglementations libérales : Russie membre de l’OMC depuis août 2012 : contrats privés, libéralisation de certains secteurs économiques. Chine membre de l’OMC depuis 2001.  ONG : Médecins sans frontières (1971, environ 3000 volontaires dans des missions à l’étranger), Greenpeace (1970, 1500 salariés).

Conclusion : Les Etats-Unis restent la première puissance mondiale et l’économie-monde américaine, demeure une des plus structurées et la plus puissante malgré l’émergence de nouvelles puissances qui structurent des économies-mondes rivales. Celles-ci se chevauchent et ne remplacent pas l’économie-monde américaine. Depuis la crise de 2008, les BRICS ont rencontré des difficultés et la crise a révélé les fragilités structurelles des économies des émergents. Certains spécialistes ont donc douté de la pérennité de l’émergence. Le Japon et la Corée par exemple malgré leur ascension n’ont jamais accédé à la première marche mondiale et n’ont pas généré autour d’eux des économies-mondes. La place des Etats-Unis est donc encore solide. Pourtant, l’espace le plus dynamique aujourd’hui est désormais l’Asie de l’Est et la zone Pacifique. Cela est aussi révélateur de la montée en puissance de la Chine qui malgré un ralentissement a glissé sur la crise de 2008.

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