Corrigés rédigés des devoirs d’Histoire. Entraînement 1.

Composition 1 : La population active française, reflet des bouleversements économiques et sociaux depuis 1914

La révolution industrielle et les rythmes de croissance et de crise depuis 1914 ont entraîné de profonds changements au sein de la société française. Le visage agricole et rurale de la France s’est transformé pour donner naissance à une France urbaine, industrielle et tertiaire puis à partir des années 1970-1980 à une société post-industrielle davantage fondée sur les services. La population active, son mode de vie et aussi sa composition ont été fondamentalement bouleversés.   Il s’agira de comprendre dans quelle mesure la révolution industrielle et ses prolongements ont transformé radicalement la population active française depuis la Première Guerre mondiale. Ces mutations sont d’abord celles des actifs et de l’emploi salarié qui s’impose comme la norme au cours de la période. Les modes de vie ont été profondément transformés : la période voit le mode de vie urbain devenir la norme et l’apparition de la société de consommation. Enfin, le monde du travail a été aussi changé par le rôle joué par l’immigration.

La mécanisation et l’appel de la ville industrielle ont contribué à vider les campagnes et entraîné un puissant exode rural.  La population est encore majoritairement rurale et agricole en 1914 mais le rapport est en train de s’inverser. La population est à 40% urbaine. La diminution importante du nombre de paysans est le signe du déclin d’un mode de vie dominant jusqu’au XIXe siècle rythmé par les cycles de la nature, par la référence au travail de la terre. L’urbanisation s’accélère et la population urbaine devient majoritaire en France en 1931. Le déclin des campagnes s’accélère après 1945. C’est l’objet du livre « la fin des paysans » de Henri Mendras en 1957. Ce déclin correspond aussi à la formation de la diagonale du vide. Les exploitants familiaux à l’origine pratiquent plutôt la polyculture. On parle désormais d’agriculteurs et non plus de fermiers et de paysans. Une sorte de Révolution silencieuse modifie les campagnes. Avec l’extension des espaces urbains sur les campagnes environnantes, des espaces mixtes se constituent et aujourd’hui les grandes périphéries sont des espaces où les agriculteurs habitent dans des espaces urbanisées et ou des salariés urbains habitent dans des espaces ruraux. La baisse du nombre de paysans accompagne la hausse du nombre des emplois dans le secondaire mais la période est aussi marquée par un essor du secteur tertiaire qui passe de 20% de la population active en 1850 à 75% en 2011. Ce secteur se développe avec l’essor de la société de services dans les transports, les professions libérales. Ce secteur est en fait marqué par des métiers très variés : les coiffeurs, les banquiers, les transporteurs, les assureurs, etc. Les employés sont nombreux dans cette branche. Devenant majoritaire, le secteur des services dessine une société post-industrielle à partir des années 1980. L’essor des services a donné naissance aux classes moyennes, les nouvelles classes bourgeoises. Industrialisation a rimé avec déchristianisation.  Conceptions sociales paternalistes de patron : Idée que l’entreprise est une famille. Avec l’industrialisation, le nombre d’actifs augmente. Le besoin de main-d’œuvre industrielle fait augmenter la population active qui passe de plus de 16 millions en 1850 à 20 millions en 1900. La population active se stabilise ensuite jusqu’aux années 1960. Après la Seconde Guerre mondiale, avec le baby-boom, l’augmentation de l’emploi féminin et l’immigration pendant les Trente Glorieuses, le nombre d’actifs augmente à nouveau pour atteindre 28 millions d’actifs aujourd’hui.  Puis, l’augmentation de la population active ralentit à partir des années 1970. L’autre grande tendance est la généralisation de l’emploi salarié. Au début de la révolution industrielle, il y avait beaucoup de petites entreprises familiales dans l’artisanat, le commerce et l’agriculture limitent le travail salarié : l’emploi salarié représente déjà 53% de la population active en 1900. Il est aujourd’hui la norme et représente 91% de la population active. L’image du travail domestique ou de l’artisan en atelier qui était la norme est remplacée progressivement par celle de l’ouvrier salarié en usine. L’Essor de l’industrie est fort jusqu’en 1975 : de 25% de la population active en 1850, la part du secondaire passe à 30% en 1946 et 39% en 1975.  A partir de la fin XIXe-début XXe, de nouvelles méthodes de travail sont introduites dans l’usine. Elles reposent sur l’Organisation scientifique du Travail : le Taylorisme introduit d’abord le chronométrage et une tâche est dévolue à chaque ouvrier dont les gestes doivent être les plus simples possibles pour être les plus rapides et les plus efficaces. Le fordisme qui est introduit en France à partir de la Première Guerre mondiale notamment dans les usines Citroën met en place le travail à la chaîne et la standardisation. Cas de l’automobile est un bon exemple : au départ petit atelier comme ceux de Rochert-Schneider : ouvriers très qualifiés pour un produit très cher vers 1900 puis le travail en usine. Le monde de l’usine s’organise et toute une hiérarchie apparaît : celui des Cols bleus, les OS et les OQ, les contremaîtres, l’ingénieur, plus tard ceux qu’on appelle les cadres après 1945.  Véritable société et une culture ouvrière : 1950, 6M d’ouvriers. Usine Renault de Flins inaugurée en 1952 compte 22 000 personnes fin des années 1970 : aujourd’hui, 3000. Le début de la révolution industrielle est marqué par des conditions de travail très dures. La durée des journées de travail, les conditions d’hygiène et de sécurité rendent le travail en usines et dans les mines particulièrement éprouvant. Le travail des enfants est fréquent notamment dans les usines textiles. Ainsi, dans le textile à Rouen en 1890, les moins de 16 ans travaillent 12 à 13 heures par jour. Les lois scolaires de la IIIe République font baisser l’emploi des enfants. 1874 loi limitant le travail des enfants de moins de 12 ans à 6h/jour. La situation des salariés a profondément changé au gré des luttes sociales et des réformes du travail. Le combat pour la journée de 8h avant la première guerre mondiale et de meilleures conditions de travail ont été au cœur des revendications des salariés et notamment des ouvriers. Si les réformes du Front Populaire en juin 1936 ont constitué une étape, ce sont surtout les réformes de l’après-guerre de l’Etat-Providence qui ont généralisé la protection sociale, allongé la durée des congés (3 semaines en 1956, 4 semaines de congés payés en 1971) et amélioré les conditions de vie des salariés. Le taux d’activité des femmes connaît d’abord un premier essor avec la 1ère guerre mondiale. 30% des ouvriers sont des femmes en 1936. L’emploi féminin devient banal à partir des années 1960. Le taux d’activité féminin 66% en 2009. Stéréotype sur l’emploi féminin sous qualifié : agent d’entretien, secrétaire s’estompe davantage dans les années 1980-1990. 1983 loi Roudy : égalité professionnelle > plafond de verre. IVG, pilule. Trente Glorieuses de 1945 à 1975 accélère un processus de hausse du niveau de vie. La croissance française est de 5,8% annuel en moyenne de 1959 à 1970. Un peu plus de 19 millions d’actifs jusqu’en 1962 puis un peu plus de 21 millions en 1975. L’industrialisation de la société ouvre aussi l’ère des crises industrielles marquées par le chômage. Il n’est mesuré qu’à partir de 1896 : on est alors à la fin de la Grande dépression. Les années 1930 où le chômage s’élève à 4,5% de la population active et surtout la crise des années 1970 génèrent un véritable chômage de masse persistant en France. L’impact politique et social est très fort car l’inquiétude de la population se traduit par la montée du vote contestataire qui fragilise la démocratie. Ouvriers très peu représentés politiquement : Christophe Thivriez mineur à 10 ans. 1er maire socialiste en 1882, 1er député ouvrier en 1889. Age d’or du PC dans les années 1950. Le taux de chômage dans les années 1970 traduit la crise des industries traditionnelles où l’emploi étaient massif comme la chimie lourde, la sidérurgie, les mines, l’automobile et le textile. Le chômage atteint plus de 12% en 1997 puis de 11% en 2010. Le travail tend à se précariser. La multiplication des CDD, des stages, du travail interim et le temps partiel rendent le travail précaire. Celui-ci concerne 10% des actifs aujourd’hui parmi lesquels davantage de jeunes, de femmes, les immigrés et de personnes les moins diplômés. Les enfants sont en moyenne plus diplômés que leurs parents mais ont davantage de mal à trouver un emploi.Les chocs pétroliers et les années 1970 marquent donc la fin du plein emploi. L’assurance chômage est créé en 1958. Etat-providence à une époque où le chômage est très faible.  Le chômage entraîne un déclassement et une exclusion de la société des loisirs et de consommation.  Avec ces profonds changements, c’est aussi le mode de vie des actifs qui est bouleversé.

 

Entre 1850 et 1900, le pouvoir d’achat des ouvriers double : cela entraîne une modification des dépenses. L’alimentation qui représentait plus de la moitié du budget ouvrier diminue progressivement : les dépenses se diversifient et notamment au profit des loisirs. Le temps de travail diminue : il est divisé par deux en 1 siècle. Le temps de travail diminue aussi avec l’allongement de la durée des études et l’âge de la retraite diminue. Fin du rationnement en 1949 pour le pain, la viande et les tissus marque les grands progrès des Trente Glorieuses. Les deux semaines de congés payés créés en juin 1936 sont par la suite allongés en 1956 (3e), en 1968 (4e) puis en 1981 (5e). En 1880, le salaire d’un cadre est 4 fois plus élevé que celui d’un ouvrier : 2,8 aujourd’hui. Le Revenu par habitant connaît une nouvelle accélération à partir de 1960 : x2 entre 1960 et 1975. 7% des ouvriers ont une voiture en 1955. Ils sont 70% des contremaîtres et des ouvriers qualifiés à en posséder une aujourd’hui. Ces progrès se font aussi à travers des luttes sociales : revendications de la journée de 8h avant 1914. En 1898, les accidents du travail sont désormais indemnisés. Puis en 1910, une 1ère loi sur l’assurance retraite et en 1928 1ère loi sur l’assurance chômage.  Grèves de 1947 dures dans le contexte du début de la Guerre froide. Age d’or du PC dans les années 1950. Ecart entre les 20% les plus riches et 20% les plus pauvres est de 4,5. contre 7,2 en Espagne en 2016. La période est marquée par le passage d’une société de pénurie à une société de consommation : les « Trente Glorieuses »,  expression de Jean Fourastié de 1979. Plusieurs phases : reconstruction de 1945 au début des années 1950 du plan Marshall au Premier plan, la période 1955-1975 : quasi plein-emploi »haute croissance », extension du salariat, société de consommation, fin des paysans, l’importance croissance des loisirs, culture de masse, = bouleversement des modes de vie y compris  individuel et intime. Le niveau de vie a bien plus augmenté que pendant le XIXe siècle (1,5% annuel), ici 2-5% par an. Augmentation des salaires et hausse du niveau de vie se traduisent par l’acquisition massive de biens d’équipements et de biens de consommation : l’électroménager envahit les foyers et la voiture se démocratise et devient symbole de l’indépendance du travailleur. La société entre dans l’ère de la consommation de masse où les achats se font de plus en plus dans les grands magasins. Complainte du progrès de Boris Vian chanson de 1956. Les choses de Pérec en 1965 (prix Renaudot) : un jeune couple goûte « le bonheur des moquettes profondes ». Le premier supermarché Leclerc ouvre en France en 1963. Le mot Prêt-à-porter entre dans le vocabulaire français en 1949. La 4CV présentée en 1946 devient le symbole de l’indépendance du consommateur. Passage de Roland Barthes dans mythologies sur la Citroën en 1957. La modernisation est « un mythe social consensuel majeur » selon Robert Castel. Niveau de vie des Français a plus que triplé entre 1949 et 1979 et dans le même temps la consommation par tête en volume a été multipliée par vingt. Babyboom 1945-1975 soutient la croissance : 33% de la population a moins de 20 ans. La Société des loisirs pour tous, les loisirs de masse apparaît. Elle voit d’abord le développement de la Littérature de gare et des feuilletons en revue au XIXe siècle grâce à la hausse du niveau d’instruction. Le Cinéma et le sport spectacle se développent à leur tour à la fin du XIXe siècle : le Football, le vélo, la boxe deviennent des sports très populaires. Le 1er tour de France est organisé dès 1903. Une culture jeune naît dans les années 1950 avec le babyboom et dans la foulée les Yéyés dans les années 1960 symbolisés par le journal « salut les copains ». C’est la naissance de l’adolescence étudiée en sociologie par Edgar Morin en 1984. L’entrée dans la vie active est ainsi de plus en plus tardive. Henri Mendras ou Jean-François Sirinelli « les vingt décisives » 1965-1985. La société se caractérise davantage aujourd’hui par des comportements hédonistes de consommation. Société des loisirs : extrait du livre d’Edgar Morin l’esprit du temps 1962 sur le touriste.

Le mode de vie de la population française est largement dominé désormais par le mode de vie urbain qui devient la norme. Industrie et urbanisation sont allées de pair. Le taux d’urbanisation est de 24% en 1846. Il franchit le seul de 50% en 1931 et passe à 73% en 1975. Aujourd’hui, 85% de la population est urbaine et périurbaine.  L’attraction de la ville est forte. L’exode rural est favorisé par les progrès des transports. La Ville moderne apparaît. A Paris, les travaux lancés par le baron Haussmann sous le Second Empire symbolisent les transformations de la ville. Paris devient la ville lumière dans les années 1880-1914. L’urbanisation accompagne en effet une certaine homogénéisation des modes de vie. Dans les années d’après-guerre, l’essor des périphéries urbaines transforment encore les villes. Le mode de vie urbain devient la norme. L’urbanisation massive diffuse d’abord le mode de vie de la bourgeoisie urbaine puis celui des classes moyennes après la seconde guerre mondiale. La bourgeoisie diffuse des valeurs : celui d’une société aux mérites, la réussite d’abord par les études, l’enrichissement par l’épargne, la réussite par le travail. L’idée d’ascension sociale se généralise. Ce triomphe de la bourgeoisie est accompagné par la mise en place de l’école gratuite et obligatoire par les lois Ferry de 1881-1882 et par le développement de l’administration et du secteur commercial. Allongement de la scolarité 16 ans en 1959 appliqué à partir de 1967. 1953 la moitié des logements n’a pas l’eau courante et 8% dispose d’une machine à laver. Eugène Claudius-Petit ministre de la reconstruction et de l’urbanisation 1948-1953 : en 1951, il propose un programme de 10 000 logements annuels. 40% des logements neufs. La population active a aussi changé par le rôle de l’immigration en particulier après 1945.

 

L’immigration du début de l’ère industrielle a d’abord été caractérisée par des flux frontaliers venant de pays comme l’Allemagne, la Belgique, la Suisse, l’Italie. La France devient un pays d’immigration contrairement aux autres pays européens. La France choisit le droit du sol par la loi de 1889 qui accorde la nationalité française à tous les enfants nés en France de parents étrangers. Avec l’hécatombe de la Grande guerre (18% de la population active meurt pendant le Guerre) et les classes creuses de l’entre-deux-guerres, l’appel à la main-d’œuvre étrangère est important. Des accords entre le patronat français, l’Etat français et des gouvernements étrangers comme celui de Pologne Entre 1918 et 1939, le nombre d’immigrés double. En 1927, une loi donne la nationalité française aux étrangers qui épousent des veuves de guerre et à leurs enfants. On compte 2.2M d’étrangers en 1936 soit environ 7% de la population. Cependant, la dégradation de la conjoncture économique dans les années 1930 entraîne xénophobie et expulsion. Ces thèmes sont exacerbés par les ligues qui utilisent l’image du métèque comme bouc-émissaire responsable de voler le travail des Français et d’entraîner des maux de la France.  Le slogan « la France aux Français » apparaît. Nombreux sont les étrangers à s’engager dans la résistance comme les membres du réseau Manoukian composés en partie d’Arméniens. En 1944 est créée l’office national de l’immigration, aujourd’hui office des Migrations internationales. Entre 1945 et 2000, le nombre d’immigrés double mais leur part dans la population totale diminue en raison du baby-boom. On compte 1,7 million d’étrangers en 1954, 3,4 millions en 1975, soit 6,5% de la population.  Une nouvelle vague migratoire des années 1950-1960 fait appel aux travailleurs des anciennes colonies du Maghreb et d’Afrique noire. Il s’agit bien d’une immigration de travail composée d’hommes jeunes, célibataires. Leur situation est régularisée sur simple présentation d’un contrat de travail. Leurs conditions de vie sont parfois précaires comme l’illustre le bidonville de Nanterre. Plus de 65% des actifs étrangers travaillent dans le secteur secondaire : la moitié d’entre eux sont manœuvres ou ouvriers spécialisés. Un tiers de l’augmentation de la population française de 1945 à 1973 est dû à l’immigration. On compte 3M d’étrangers en 1974. La crise économique change la politique migratoire mais aussi le regard que la société française porte sur les immigrés. Dès1974, on suspend l’immigration des travailleurs et des familles extracommunautaires. On accorde cependant en 1975 le regroupement familial pour faciliter l’enracinement des travailleurs. Cantonnés souvent dans les métiers les moins bien payés et les plus précaires, ces immigrés viennent grossir des banlieues dortoirs dans les périphéries urbaines.

Dans les années 1980, le thème de l’immigration devient politique et le reste jusqu’à aujourd’hui. Le Front National en fait notamment un thème central et insiste sur les difficultés voire l’impossibilité de l’intégration. Ce parti prend de l’importance à partir des élections européennes de 1984. Le contrôle des frontières devient lui aussi un thème important en insistant sur l’immigration clandestines. Débat sur L’espace Schengen mis en place après la signature de l’Acte unique européen en 1985. Le nombre de clandestins est sujet à polémique et reste difficile à déterminer. Il s’établirait autour de 200 000 personnes.

Conclusion : La société française a été profondément transformée depuis 1850. D’abord par la Révolution industrielle qui a changé les habitudes de vie et en premier lieu le travail. Elle a bouleversé les lieux de vie, les pratiques culturelles, la consommation. Dans un sens, elle a aussi changé le rapport à la vie comme en témoigne l’émergence de la société des loisirs et de la consommation. Si le mythe d’une immobilité, l’immobilisme même des sociétés traditionnelles perdurent comme avec celle du Moyen-Age par exemple, les transformations de la période industrielle et ses prolongements ont été elles radicales. Avec elles, la perception que le monde se transforme à l’échelle d’une vie est importante et introduit dans les mentalités de la fascination pour la science, les nouvelles technologies, les progrès scientifiques mais aussi de l’inquiétude. Dès les années 1950, UDCA en 1955 est forte de 200 000 adhérents : symbolise la résistance sociale à la modernisation. 12% des suffrages en 1956 et 52 députés (11 sont invalidés).

 

Composition 2 : L’économie-monde multipolaire

Considérant la hiérarchie des puissances mondiales actuelles, Bertrand Badie, spécialiste français des relations internationales évoque un « monde apolaire ». Par cette expression, Badie souligne qu’il n’y a plus désormais de véritable timon c’est à dire de puissance hégémonique. Badie faisait notamment référence à l’impuissance stratégique des Etats-Unis  en Afghanistan et en Irak ou à son « minimalisme stratégique » en Libye et en Syrie. Si l’affaiblissement de la puissance américaine est relative, l’ ampleur de la dette américaine, la crise des subprimes et aussi l’émergence de puissances comme la Chine ou la Russie montrent les limites de l’économie-monde américaine d’aujourd’hui.  Il convient de définir les termes du sujet et donc de définir en premier le terme d’économie-monde : En 1949, l’historien français Fernand Braudel développe l’idée que l’Europe a connu une série d’économies-monde du XIe siècle au XIXe siècle. Une économie-monde est un espace caractérisé par l’intensité des relations économiques et commerciales organisées entre un centre et des périphéries. Il s’agit donc d’un espace économique autonome. La notion d’économie-monde évoque donc un espace dominé par une puissance économique. Cette puissance organise un espace plus ou moins vaste, polarise les flux avec des périphéries plus ou moins intégrées et dominées.  Plusieurs centres de gravité ont été ainsi le centre d’économie-monde au cours de l’histoire: Gênes et Venise en Méditerranée, Anvers et  Amsterdam en mer du Nord et Baltique… Le travail de Fernand Braudel La Méditerranée au XVIe siècle sous le règne du roi d’Espagne Philippe II (1556-1598)  a démontré que l’économie-monde s’appuie sur des principes monétaires et commerciaux capitalistes. Les économies-monde successives forment ainsi la genèse de la mondialisation. Le terme de multipolaire signifie que désormais les échanges de la planète sous leurs différentes formes sont centrés sur non plus un mais plusieurs pôles. Une attraction d’abord économique n’est plus seulement exercée par les Etats-Unis mais par l’Europe, la façade asiatique est, les pays émergents…A quelle date peut-on remarquer l’émergence de nouvelles puissances capables de créer autour d’elles des espaces économiques autonomes et cohérents, assez fortes pour exercer à une échelle plus ou moins large une attraction économique suffisante pour concurrencer les puissances traditionnelles et en particulier les Etats-Unis ? Dans quelle mesure est-on passée d’une économie-monde américaine à une économie-monde multipolaire ?

L’émergence de nouvelles puissances date en fait du début de la mondialisation contemporaine. Celle-ci s’est en particulier accélérée avec la fin de la Guerre froide et l’effondrement de l’URSS. La fin de ce conflit planétaire indirect a posé les conditions d’une large ouverture à l’économie de marchés de nombreux pays. La formation d’un monde multipolaire doit aussi sa formation aux difficultés de la Triade composée d’anciennes puissances industrielles. Enfin, la mondialisation a créé une hiérarchie complexe de puissances qu’il conviendra d’établir.

La mondialisation est d’abord un facteur déterminant de multipolarité.  La mondialisation est l’accélération des échanges de biens, d’informations et de la mobilité des hommes à l’échelle mondiale, une mise en relation généralisée et hiérarchisée des différentes parties du monde par l’économie marchande. La mondialisation a permis à plusieurs pays jusque là qualifiés de pays en voie de développement d’émerger et de former des puissances régionales dont le rayonnement économique est en pleine croissance. Ils constituent à l’échelle mondiale de réels concurrents pour les puissances traditionnelles de la Triade. Qu’on songe aux propos du général de Gaulle à propos du Brésil : « le Brésil est un pays d’avenir et le restera encore longtemps ». Les échanges mondiaux ont en effet été multipliés par vingt depuis 1950. En 30 ans, la valeur du commerce mondial a été elle-même été multiplié par 4,5 pour atteindre plus de 15 000 milliards de dollars en 2010. Après la chute du mur et l’éclatement de l’URSS, de très nombreux pays se sont ouverts, se convertissant au libéralisme et accueillant des investissements étrangers nombreux. On peut citer plusieurs Etats d’Afrique comme l’Angola ou le Ghana. Ces Etats constituent autant de nouveaux marchés pour les puissances économiques. L’action de l’OMC (1995) a accompagné le processus en favorisant la baisse les droits de douanes afin de dynamiser le commerce : 20% de la production mondiale de biens et de services sont aujourd’hui exportés contre 8% en 1960.  Pour un indice 100 de la valeur des marchandises échangées en 2010 : 70 concernent les biens manufacturés, 20 les hydrocarbures et 10 les produits agricoles. La part des exportations dans le PIB de la France est de 26%. Les facteurs qui accélèrent les échanges sont multiples et variés : La Nouvelle division internationale du travail : conception, fabrication, marketing et commercialisation ne se font plus au même endroit. Circuits commerciaux deviennent donc plus complexes et s’étendent à l’échelle de la planète pour davantage de produits. IPHONE est ainsi conçu dans les laboratoires d’apple dans la Silicon Valley. L’usine de Foxconn à Shenzhen en Chine le fabrique. On voit donc que les nouveaux circuits de commerce concernent des périphéries intégrées qui fournissent certes des matières premières (le pétrole des monarchies du Golfe pétroliers) et des pays ateliers (Chine, Vietnam) où sont fabriqués ces produits mondialisés. Certaines marges sont elles évitées comme l’arc de crise en Afrique de la Libye au cœur de l’Afrique australe. Cette NDIT se met en place dans les années 1960 par réaction à l’affaiblissement de la croissance et s’accélère après les chocs pétroliers. Le toyotisme dans les années 1960 s’impose aussi comme une nouvelle méthode scientifique de travail. Ce travail en équipe qui intègre ouvriers et cadres se caractérise par des flux tendus de production pour éviter les stocks, les délais. Il insiste sur la qualité des produits pour éviter les défauts. Emploi à vie avec une part d’emploi précaire, progression à l’ancienneté assurée dans l’entreprise associée à un modèle très concurrentiel, automatisation à outrance et flux tendus. L’amélioration des transports joue aussi un rôle. Les années 1980 voit l’apparition des TGV. Sur mer, la conteneurisation (5000 porte-conteneurs, 14 millions de conteneurs) joue un rôle majeur. Ces caissons standardisés long de 7-8 mètres peuvent être déchargés en quelques minutes grâce à des aimants. Cette véritable révolution s’accompagne de l’automatisation des ports. Les ports asiatiques, comme Singapour 1er port mondial pour le trafic de conteneurs s’affirment à l’échelle mondiale. 60% du trafic de conteneurs se font en Asie.  Des navires géants dans le transport de conteneurs mais aussi dans le secteur pétrolier réduisent les coûts désormais. L’essor du trafic aérien relie désormais rapidement toutes les parties de la planète, une vingtaine d’heures pour un Paris-Sidney. La révolution des transports est une « compression du temps et de l’espace » (politologue britannique David Harvey). Enfin, à partir des années 1990, internet permet transactions à la nanoseconde. Le commerce se dématérialise aussi. La dérégulation surtout dans le domaine financier : paradis fiscaux. A la faveur de la fin de la Guerre froide, l’OMC remplace le GATT en 1995. Cet organisme contribue à la baisse des barrières douanières et à la simplification des échanges. Géographie plus complexe : 70 paradis fiscaux, 4000 zones franches.15 micro-Etats : 45% de la flotte mondiale grâce aux pavillons de complaisance (San-Marino).  C’est donc d’abord l’interconnexion entre les différentes parties du monde jouant sur leurs avantages comparatifs qui a entraîné une accélération des échanges.  – La multiplicité des acteurs témoignent-ils d’un effacement de l’Etat ? inquiétude à l’échelle des nations (vote extrémiste). En fait, l’Etat continue d’imposer des normes qui sont respectées.  L’Etat est aussi un acteur important de l’aménagement et de l’activité économique : en France, transports, secteurs stratégiques (armement, aérospatial). – La mondialisation est stimulée par les organisations régionales. Celles-ci contribuent à former des aires régionales de développement économique et structurent autour de puissances régionales les échanges commerciaux : Brésil en Amérique du Sud, Russie en Asie du Nord (Union eurasienne) : Il en existe plus de deux cents. ASEAN, U.E, Alena, Unasur,…ASEAN (née en 1967 dans le contexte de la guerre du Vietnam, simple table ronde). La plus aboutie est l’Union européenne. L’ALENA n’est qu’une zone de libre-échange. – APEC : 21 pays, 40% de la population mondiale, 55% des richesses mondiales. 1980-1990 moteur est l’ampleur des investissements japonais notamment dans la zone Pacifique. – Autres nouveaux acteurs : FTN. 2/3 du commerce mondial, plus du ¼ du PIB mondial, 75 millions de salariés.  Plus puissantes que certains Etats (Exxon Mobil ou General Motors génèrent davantage de valeur ajoutée que le Pakistan ou le Chili d’après une étude des nations Unies. Facebook a un chiffre d’affaires supérieur à une cinquantaine d’Etats. 1/3 des FTN sont désormais des firmes des émergents (l’Indien Tata, le Chinois Sinopec) Dans l’ensemble, quatre cinquièmes de la production industrielle mondiale reposent sur seulement un millier d’entreprises. – ONG : 20-40 000. Green Peace, Amnesty International. Médecins du monde : budget de 205millions d’euros en 2012. Fondation Bill et Melinda Gates fait des dons de 3,6 milliards de dollars. – Institutions internationales : FMI, BIRD, ONU…G8 > 1er sommet du G20 en novembre 2008 : 90% du PIB mondial et les 2/3 de la population

La Triade domine toujours le monde

 

Définition de la Triade : Amérique du Nord, Europe, Japon : Définition de kenichi Ohmae en 1985 CEE, EU, Japon. A l’époque 80% du PIB mondial. Jusqu’en 2000, 80% du PIB mondial. ¾ du commerce, 80% des IDE. Pays développés : 15% de la population  mondiale, 58% de l’industrie.  Triade : 60% de la richesse aujourd’hui. Domination de la Triade moins important depuis 20 ans.  Cependant, la Triade reste le cœur de l’économie mondiale : par les chiffres, par sa capacité d’innovation, sa capacité de formation (universités) Dollar et euro : 87% des réserves monétaires.  Malgré tout, c’est la fin du triumvirat EU-UE-Japon : la Triade ne décide plus de tout. Elle doit tenir compte de l’avis des émergents notamment des BRICS qui n’hésitent plus à dire non : conférence de Copenhague de 2009 sur le climat. Pression sur la Chine pour réévaluer le yuan. Les échanges sud-sud : 25% des échanges mondiaux désormais ( dont 80% en Asie !).

 

Etats-Unis restent la première puissance économique mondiale dans la plupart des secteurs économiques : Alena 1994. 40% des exportations américaines. 75% des exports mexicaines et canadiennes. Souvent le fait de firmes américaines installées chez les voisins : maquiladoras

Europe : Moins dépendante des Etats-Unis depuis les années 1970. 2014 28 pays. Marché unique et monnaie unique. Europe à plusieurs vitesses. Intérêts pas toujours les mêmes : guerre en Irak, Ukraine,…L’Union européenne est la première puissance commerciale et l’espace qui produit le plus de richesse avec +28% du PIB mondial. 25% de la population mondiale début 20e siècle mais 11% aujourd’hui. Dynamisme démographique faible. Ces deux pôles de la Triade : 55% des actifs financiers sont en euro ou en dollar (et 87% des réserves de change), 70% des IDE. + Japon : On ajoute de plus en plus la façade Pacifique de l’Asie en voie d’intégration : littoral chinois et la Corée du Sud. Japon était seul auparavant. Reste la 3e puissance mondiale. Longtemps 2e. On pensait qu’elle allait détrôner les EU. Travail : toyotisme zéro défaut, zéro délai, zéro papier, zéro stock. « Décennie perdue » dans les années 1990. Croissance de 0,6% par an depuis 1990. Fort taux d’investissement productif et de RD dans les entreprises. 20% des investissements mondiaux en RD derrière les Etats-Unis. Entreprise : gym collective le matin, hymne et badge. Cohésion forte. Salaires élevés. Fécondité descend en dessous de 1,3 enfant par femme à partir de 2003. puis 1,4. âge médian le plus élevé du monde avec 45 ans. Fermé à l’immigration : 1,6% de la population en 2012 (France 6,3%). 15 000 naturalisations seulement depuis 2000. Second pôle commercial après Europe. Zone la plus dynamique de la planète (centre de gravité du commerce mondial aujourd’hui).  D’abord entre pays de la région comme pour l’Europe.. Chine et les pays asiatiques : pays-ateliers. Chine atelier du monde. Pas de zone commune de type U.E en Asie.

La hiérarchie des nouvelles puissances est bouleversée aujourd’hui. Les répercutions spatiales de la mondialisation sont larges. Essayons de faire une typologie.  Il y a d’abord les émergents et en particulier les BRICS. S’agit-il d’un groupe cohérent ? Chronologie de l’émergence : d’abord un développement en « vol d’oies sauvages » (Akamatsu) à partir des années 1970. Années 1990 : émergence des BRICS. Qu’est-ce que l’émergence ? sortie de la pauvreté générale. Brésil dans les années 2000 : l’extrême pauvreté de 12 à 5% de la population. Croissance forte : 8% en Turquie. Potentiel de croissance grâce aux ressources : agricole au Brésil (géant de l’agrobusiness, 3e exportateur mondial de produits agricoles), pétrole au Mexique (8e producteur mondial), terres rares en Chine : 90% de la production mondiale de terres rares. Poids démographique : Inde, Chine. Part des exportations forte (tournés vers les échanges) ; FTN puissantes concurrentes des FTN de la Triade : Lenovo, Huawei, Embraer. Ces pays acquièrent une influence régionale : Brésil dans le cadre de l’Unasur, Afrique du Sud en Afrique australe. Contrastes sociaux élevés : L’IDH brésilien est le 75e mondial, loin derrière la plupart des autres pays d’Amérique du Sud. Les 22M de pauvres du pays sont deux fois plus nombreux que dans les pays qui ont un PIB proche. Les émergents accroissent le nombre des pôles actifs de la mondialisation. Nouvelles puissances bousculent la hiérarchie : le G8, perçu comme un club de riches a moins de poids que le G20 désormais.  Qui sont les émergents ? on cite d’abord les BRICS 30% du PIB mondial. BRICS (30% de l’industrie mondiale). Très forts contrastes sociaux et spatiaux. S’agit-il d’un groupe cohérent ? la Russie, un faux BRICS ? son industrialisation est ancienne. 75% de ses exportations sont des matières premières, les hydrocarbures notamment. Faiblesses structurelles russes sont fortes : la crise et les sanctions liées au conflit en Ukraine ont affaibli l’économie russe. Ancienne superpuissance de la Guerre froide cache une réalité autre que celle des émergents. Inde, 2e exportateur de services informatiques et de logiciels. BRICS surévalués depuis la crise financière de 2008. échanges sud-sud : 25% des échanges mondiaux (80% en Asie !). écarts de richesse très importants dans les émergents : Brésil écarts entre les plus riches et les plus pauvres de 1/32 (France 1/8). Cas particulier des émergents : On peut aujourd’hui considérer que la Corée du Sud, ancien dragon asiatique n’est plus un émergent mais un pays du Nord, un pays développé.   Place à part de la Chine : Montée en puissance sans précédent : PIB par habitant a progressé en 22 ans aussi vite que la Grande-Bretagne en 115 ans, les Etats-Unis en 39 ans (1870-1909 grâce à une forte immigration : la population passe de 40 à 90 millions d’habitants).  9% de croissance en moyenne depuis 30 ans. 2e puissance mondiale depuis 2010. 10,5% du PIB mondial en 2012. 10,6% des exportations et 9,6% des importations mondiales. Japon 8,3% du PIB mondial est désormais la 3e puissance mondiale. Inde 2.5% 10e.

Chine : Très longtemps pays pauvre. Pratiquement pas d’investissements chinois dans le monde jusqu’en 2000. Pourtant, si on regarde dans l’antiquité et le moyen-âge : très nombreuses inventions : papier, encre, vaccination, poudre à canon, etc. 1949 pays communiste république populaire de Chine. Mao Zedong mort en 1976. Conversion au libéralisme mais le politique reste communiste : pas d’élection, pas de liberté de la presse, etc. Changement : programme des 4 modernisations avec Deng Xiaoping et ouverture aux capitaux étrangers en 1978. IDE x6 entre 2004 et 2010 : +300 milliards de dollars. La Chine redevient en fait une grande puissance. 1er producteur mondial de ciment, d’automobiles, d’acier et d’aluminium. Industrie 47% des richesses et 27% des actifs. 1er exportateur mondial (2e Allemagne). Grandes entreprises bousculent la hiérarchie traditionnelle et les FTN occidentales : Lenovo né en 1984 qui achète la branche hardware d’IBM. SAIC à Shanghai : 1er chinois de l’automobile et 8e constructeur mondial. Réserves de change de 3300 milliards de dollars. Plan de relance très puissant après la crise de 2008. -Shanghai : 3e bourse mondiale pour les échanges d’actions en valeur. 9e place aéroportuaire mondiale, 20% du PIB chinois, 50% des IDE, 30% du commerce extérieur de la Chine.  Encore des problèmes : tensions sociales très fortes. Nouveautés : Emeutes, grèves. On demande des salaires plus élevés. 40% de la population reste agricole (11% du PIB).Pollutions très graves : Yang tse. > le modèle chinois est-il durable ? trajectoire comme celle du Japon ? essoufflement ? La notion d’émergence a-t-elle un sens pour confirmer la naissance d’une économie-monde multipolaire ? Après les tigres et les dragons asiatiques, les éléphants africains et les jaguars sud-américains suivent. Les prochains émergents ? E7, next eleven (Egypte, Mexique, Turquie), MINT (Malaisie, Indonésie, Nigeria, Turquie). Le MINT après les BRICS ? Mexique, Indonésie, Nigeria et Turquie. La Coface a distingué deux groupes: d’un côté les « PPICS » : Colombie, Indonésie, Pérou, Philippines et Sri Lanka. De l’autre : Kenya, Tanzanie, Zambie, Bangladesh et Ethiopie. BENIVM : Bangladesh, Ethiopie, Nigeria, Indonésie, Vietnam, Mexique. D’un côté les éléphants d’Afrique où on ajoute le Ghana, l’Angola qui a connu une exceptionnelle croissance liée à la production pétrolière. De l’autre, les jaguars sud-américains : la Colombie, le Chili, Argentine,…voire le Pérou. Tous ces classements signifient que la notion d’émergence est évolutive et que sa définition n’est pas vraiment précise.Le sud, les Suds ? progrès global. Signe de leur développement, la consommation d’énergie y est passée de 30 à 53% entre 1965 et 2010.Après les BRICS les émergents sont d’abord les NPIA (Nouveaux pays industrialisés d’Asie – Singapour, Corée du Sud, Taïwan : les anciens dragons des années 1980), les pays en transition attirent 54% des IDE entrant. Progrès du sud : Embraer, firme brésilienne, 3e firme aéronautique mondiale après Boeing et Airbus. Les pays pétroliers : Arabie Saoudite a un revenu par habitant trois fois supérieur à la Chine. Les Etats du Golfe étaient peu visibles avant 2000. Emirats avec Dubaï et Abou Dhabi. Les émergents ont tous en commun la volonté de chambouler l’ordre économique établi, mais en ont-ils tous les moyens ?

Cependant la mondialisation est incomplète et des Etats restent en dehors de la mondialisation. Pourtant, les économistes et les géographes De nombreux pays ont vocation à devenir des émergents : Egypte (40% de la population vit avec moins de 2 dollars/jour), Nigeria, Iran, Colombie…Ethiopie. Angola : très forte croissance avec le pétrole. Pays en voie de développement, les pays pauvres : le Sud, les PMA (pays les moins avancés – Tchad, Cambodge, Bangladesh). Potentiel mais grandes difficultés. Brain drain : fuite des cerveaux et des étudiants dans les universités et les entreprises de la Triade. Les freins à la mondialisation : d’abord les problèmes politiques. Potentiel de la Corée du Nord ou même du Kosovo: dictature militaire (Corée) et fragilité de l’Etat face à des mouvements mafieux (Kosovo). Dans les deux cas, importantes ressources minières et main-d’œuvre très bon marché. Arc de crise au Moyen-Orient : du Pakistan-Afghanistan à la Syrie. Arc de crise en Afrique de la Libye à la RDC en passant par la bande sahélienne.

 

Conclusion : La mondialisation reste incomplète mais réelle. Elle a permis l’émergence de nouveaux pôles de puissances économiques et la mise en place de sphères d’influence qui peuvent penser à la formation de multiples économies-mondes ou tout au moins de plusieurs pôles dans une économie-monde globale. Il est impossible de savoir s’il s’agit d’un phénomène durable. Il est commun de souligner les faiblesses des émergents depuis la crise de 2008. De même, on prédisait au Japon la première place des puissances économiques mondiales dans les années 1980. Le protectionnisme n’a de plus pas disparu. Le Système monétaire international n’existe plus. Les pays commercent surtout entre voisins. Le poids économique des pays industrialisés connaît certes un déclin relatif. L’émergence de plusieurs pays du Sud se traduit par des velléités de remettre en cause l’ordre établi en 1945. Il n’y a cependant pas d’unité des émergents comme le révèle le projet de réforme de l’ONU.

 

Commentaire de document : texte d’André Siefried sur les Etats-Unis en 1927.

Le texte est écrit par l’historien et géographe André Siegfried. Il analyse les fondements de la réussite économique américaine. Le contexte est celui des difficultés économiques des puissances européennes malgré une croissance forte sur l’ensemble des années 1920. La France et la Grande-Bretagne rencontrent d’importants problèmes monétaires. La Grande-Bretagne qui a rétabli la convertibilité or de la livre après la guerre a de grandes difficultés à la maintenir. La concurrence entre pays européens se traduit par une lutte commerciale et monétaire. L’insolente croissance américaine des Roaring twenties apparaît d’autant plus remarquable. André Siegfried tente de comprendre dans quelle mesure la réussite économique américaine repose sur des raisons économiques, sociales et géographiques précises. Plan : on peut suivre l’ordre du texte. Le premier paragraphe est ici l’introduction. L’auteur souligne le paradoxe américain : réussite et hauts salaires.  Premier paragraphe : puissance américaine liée à l’espace et au nombre. Immensité du marché. Deuxième paragraphe : standardisation. Dernier paragraphe : la société de consommation déjà là !

  1. La puissance et le nombre

Constat : Pendant les années 1920, la croissance est fulgurante alors que les Etats européens épuisés et saignés par la guerre ont une croissance fragile : les Roaring twenties (« les 20 rugissantes » nom des années folles aux Etats-Unis) avec 3-4% de croissance annuelle témoignent de la croissance énergique des Etats-Unis. L’espace et le nombre sont d’indéniables atouts : Le pays est immense ; il s’étend sur 9.4M de km² et il est très riche en ressources (charbon, pétrole, cuivre, gaz, fer…), le potentiel hydroélectrique est très élevé notamment : la 1ère centrale hydroélectrique est construite dans le Michigan dès 1881, des terres agricoles vastes et sous des climats variés… corn belt et wheat belt, ceinture du maïs et de la farine au centre du pays à la cotton belt au SE. Le marché de 120 millions d’habitants et les ressources sont donc immenses, là où les Européens ont des marchés limités et bridés par des frontières et des barrières douanières fortes. Les Etats-Unis avaient connu une 1ère industrialisation avec des investissements et importations britanniques. La croissance est forte à partir des années 1840-1850. Les premiers puits de pétrole exploités par Drake en Pennsylvanie datent des années 1850.  Ce sont surtout les industries de la 2e R.I qui caractérise l’essor foudroyant de l’économie américaine des années 1880-1890 : il y a l’électricité avec la fondation de General Electric en 1892. l’automobile avec Ford fondé en 1903. L’organisation de la production est un avantage décisif des Etats-Unis. L’électrification et les méthodes de production moderne comme le fordisme se généralisent. L’automobile devient symbole de richesse et connaît un développement très important. La production automobile des Etats-Unis dépasse alors très largement celle de la France qui était jusqu’à la Première Guerre mondiale le premier constructeur automobile mondial.

Dans les années 1920, le secteur automobile connaît une très forte croissance. Ce produit devient déjà le symbole de la liberté, de la réussite individuelle. Image de l’émergence d’une large classe moyenne consommatrice de biens. Dans les années 1920, Les Etats-Unis représentent 16% du commerce mondial. En 1929, les Etats-Unis représentent 43% de la production industrielle mondiale. L’Europe peine dans le même temps à retrouver la stabilité en particulier monétaire. difficultés de reconversion après-guerre dans les années 1919-1922. Hyperinflation en Allemagne en 1923.La croissance est ensuite forte mais les inquiétudes sont fortes. L’industrie adopte les méthodes de production de masse : le taylorisme qui chronomètre le travail des ouvriers et simplifie leur tâche pour qu’elle soit plus rapide puis le fordisme qui associe travail à la chaîne, standardisation et politique de haut salaire naissent au début du XXe siècle. Enfin, les Etats-Unis donnent une image de modernité, de dynamisme à travers leurs villes dès l’avant-guerre. Les premiers gratte-ciel apparaissent à Chicago et à New York dans les années 1870-1880. Autour de 1900, l’industrie américaine devient la première mondiale en dépassant l’industrie de la GB et de l’Allemagne. Enfin, la société américaine qui émerge dans les années 1920 annonce celle des Trente glorieuses : consommation de masse de produits standardisés, promotion par la publicité qui renforce la consommation de masse de produits standards.

Conclusion : André Siegfried conclut sur l’adhésion de la population au modèle économique américain. Pas de début idéologique violent comme l’Europe en connaît à la même époque. Société sans doute ? attention, les Etats-Unis dans les années 1920 sont aussi marqués par la fermeture à l’immigration : quotas de 1923-1924, renaissance forte du KKK dans la Bible belt, difficultés des petits paysans obligés de vendre leurs terres.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

2 réflexions au sujet de « Corrigés rédigés des devoirs d’Histoire. Entraînement 1. »

  1. Bonjour,

    Merci pour votre travail très complet. Je voulais savoir si pour vos prochains sujets, vous pourriez mettre en évidence le plan avec grands axes et sous-parties.

    Merci

  2. Cela serait fait pour la troisième dissertation. Pour l’entraînement 2 le texte est en passe d’être publié.

Les commentaires sont fermés.

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