Sciences Po Masters : Réforme de l’examen d’entrée.

Sciences Po Paris nous habitue à revoir régulièrement ses procédures d’accès aux différents cursus que le prestigieux Institut propose. C’est une sorte de « révolution permanente » assez stimulante, parfois déroutante mais qui reste malgré tout, de réforme en réforme, assez cohérente. Pour la rentrée 2017, c’est l’accès aux sept Ecoles de l’Institut, après la licence ou l’obtention de 180 crédits qui fait les frais d’une « révision », laquelle vise à aligner la voie d’accès ouverte aux candidats ayant suivi leurs études en France sur celle proposée à l’international.

En clair, on notera la disparition de l’épreuve de « synthèse », cet écrit obligatoire qui jusqu’alors conditionnait l’admissibilité, épreuve hybride entre la note sur dossier et la dissertation, avec en prime des questions de compréhension.

Désormais c’est un dossier d’inscription , complété dès novembre et remis début janvier, examiné par deux enseignants, qui décidera de l’admissibilité. L’oral d’admission est maintenu sous sa forme actuelle. L’IEP se donne ainsi les moyens d’accepter des candidatures venues des horizons les plus variés, y compris celles pour lesquelles le maniement de l’écrit reste une difficulté.

Cet esprit d’ouverture me paraît louable et s’inscrit dans la démarche initiée naguère par Richard Descoings. Elle convient à ce niveau de formation M1 / M2 et met clairement en valeur la force d’un profil et la puissance d’une motivation comme la cohérence d’un projet intellectuel ou professionnel. IL est aujourd’hui évident que notre pays a tout à gagner d’un accès plus largement offert de ses formations d’excellence et que l’esprit d’innovation mérite d’être reconnu au même titre que l’esprit d’érudition.

Restent deux bémols à mon sens à cette réforme qui achève un processus de démocratisation de l’entrée en master à Sciences Po Paris :

  • Quel sera le contenu de ce dossier ? Il ne faut pas oublier que la constitution réussie d’un dossier de candidature passe par la connaissance de certains « codes ». Supprimer des « codes de reconnaissance académique », bien identifiés, par de nouveaux codes totalement inconnus pourra sembler à certains déconcertant.
  • Conséquence de la remarque qui précède : un dossier puis un entretien, il est clair que le jury gagne en liberté et trouve ainsi les moyens d’assumer ses partis-pris. Mais attention à ce que cette audace salutaire ne se paie pas du prix élevé que pourrait provoquer le sentiment de l’arbitraire …

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