Sciences po : ce qu’il faut aussi savoir sur l’histoire de l’Institut, ses contenus et les perspectives offertes ( pour préparer au mieux l’oral!)

La fondation de l’Ecole libre des Sciences Politiques de Paris fut l’une des conséquences ( lointaines) de la défaite des troupes françaises en 1870, suivie de la chute de l’Empire et de l’insurrection de la Commune.

Les troubles politiques majeurs vécus par les français au cours de ces années 70 provoquèrent en effet dans la conscience d’un certain nombre de penseurs éminents (presque tous issus du positivisme) un véritable choc. L’immaturité politique des élites françaises en comparaison avec l’efficacité et le réalisme de celles qu’encourageait alors en Prusse Bismarck parut à Ernest Renan, Hippolyte Taine ou encore Fustel de Coulanges la cause profonde d’une débâcle qui avec son relent de décadence inversait assurément « la courbe du Progrès ». Sous l’impulsion d’Emile Boutmy fut ainsi créée cette Ecole libre des Sciences politiques pour redonner aux élites françaises « le goût de l’avenir » : des ministres, hauts fonctionnaires, industriels furent alors sollicités pour faire partager leur expérience de la vie publique et des responsabilités. L’enseignement fut aussi  d’emblée tourné sur l’étude des sociétés contemporaines et la scolarité (déjà !) fut conçue pour s’appuyer sur des partenariats avec des universités étrangères. Pour Emile Boutmy, qui fut donc le premier directeur de « Sciences Po », il s’agissait d’ancrer l’étude des Sciences politiques dans le présent et dans le monde réel.

Pour installer définitivement l’Ecole dans un cadre prestigieux, la duchesse de Galliera fera don de l’hôtel de Mortemart, rue Saint Guillaume,  en 1879. C’est encore à cette adresse que se trouve Sciences Po, au numéro 27. Mais le « territoire » s’est étendu à la rue de la Chaise, au boulevard Saint-Germain, rue de l’Université, rue des Saints Pères, rue Jacob. Bref un quartier qui se destine à être presque le vestibule de l’Assemblée Nationale et de nombreux Ministères, un quartier qui depuis Proust et l’ascension vertigineuse de Madame Verdurin fait rêver les ambitieux, tous ces Rastignac qui depuis le cimetière du père Lachaise s’époumonent d’un énième « A nous deux, maintenant ! » Attention donc au quartier et à ses mirages mais quelle chance pour autant d’étudier au centre de Paris, à quelques mètres de la brasserie Lipp et du café de Flore ! Ce sont des lieux « habités », élégants, rares.

En 1945, le Général de Gaulle a autorisé la création d’une « Fondation nationale des Sciences politiques », fondation de droit privé. Mais, rareté administrative, il lui permet de gérer aussi,  de façon autonome, l’Institut d’Etudes Politiques ( ex-Ecole libre des Sciences politiques), établissement public. La grande singularité de Sciences Po, sa liberté et clairement son attractivité viennent en partie de ce statut unique en son genre. C’est à Jacques Chapsal qu’il revient d’opérer ce passage de l’Ecole libre à l’Institut. Alain Lancelot lui succède. Etudiant à 17 ans, professeur à 31 ans, directeur à 50 ans : Alain Lancelot, l’universitaire, le « politiste », incarne véritablement l’Institut. Lui succéder peut sembler hasardeux, c’est pourtant ce qu’accomplit avec brio Richard Descoings qui fait de l’IEP de Paris non pas « the place to be » mais bien « the place to study ». L’attractivité de Sciences po augmente en effet chaque année. Depuis mars 2013, c’est Frédéric Mion qui dirige l’Institut et administre la Fondation. Normalien, énarque major de sa promotion, Frédéric Mion suit une carrière de haut fonctionnaire au Conseil d’Etat. Il rejoint le cabinet de Jack Lang, alors ministre de l’Education Nationale.

Qu’apprend-on à Sciences Po ?

Au cours des entretiens, dits de motivation, on se rend compte fréquemment que les étudiants ignorent ce qu’ils vont trouver dans les amphis ou les salles de cours de la rue Saint-Guillaume. La connaissance que les futurs « sciencepistes » détiennent de leur scolarité à venir est souvent vague et repose souvent sur des rumeurs ou des troubles de l’imagination. Ce qui d’ailleurs interroge fortement : Comment peut-on rechercher ce que l’on ne connaît pas ? D’où la nécessité de fréquenter les « Journées Portes Ouvertes » des différents Instituts ou Etablissements que l’on envisage d’intégrer.

A titre indicatif, voici quelques précisions concernant le programme de « première année » :

Une introduction au raisonnement économique, une étude des institutions politiques, l’Histoire Contemporaine, ainsi qu’une introduction à la sociologie, sans oublier les langues vivantes, constituent le socle de cet apprentissage généraliste. On lui ajoute, en seconde année un stage « dit de terrain », destiné à « révéler » à chacun la réalité effective du monde du travail.

Après une troisième année, presque entièrement consacrée à l’étranger, il est alors temps de choisir la spécialisation que garantit le « master ». Outre des masters « classiques » de Recherche ( Droit, Economie, Histoire Politique, Sciences Politiques, sociologie ), Sciences Po propose des Masters Professionnels dans le cadre de l’Ecole des Affaires Internationales, de l’Ecole de Droit, de l’Ecole de la Communication ou encore de l’Ecole de Journalisme. Mais aussi des masters spécialisés dans les Affaires Publiques, la Finance et stratégie, la Gestion des Ressources Humaines, le Marketing, les Stratégies territoriales et urbaines…

L’ensemble de ces formations rassemble 12 000 étudiants ( dont plus de la moitié vient de l’Etranger : 150 nationalités sont représentées), implique 400 Universités partenaires, 3400 enseignants, 80 professeurs étrangers invités chaque année.

C’est bien la diversité qui caractérise le plus précisément Sciences Po Paris, aujourd’hui. Diversité des formations, des parcours mais aussi des profils d’étudiants. Et cette diversité offre assez naturellement une grande variété de débouchés. Lesquels ?

Sciences Po pour « quoi faire » ?

Pour répondre utilement à la question, il est possible de s’appuyer sur une enquête réalisée par Sciences Po Avenir à partir des diplômés de la promotion 2010. Un an après, que sont-ils devenus ?

16% d’entre eux ( et c’est le plus fort pourcentage) ont rejoint l’administration publique, 14% ont fait le choix de l’audit et du conseil, 10% celui de la banque et de la finance, 10% celui de l’industrie et enfin 10% travaillent dans la presse, les médias, l’Edition. Les 40% restants sont ventilés dans de très nombreux secteurs : cela va de la grande distribution au secteur juridique, en passant par l’urbanisme, le cinéma, la Culture. Il faut observer que seulement 2% des diplômés ont intégré la Diplomatie, domaine d’activité pourtant largement plébiscité dans les lettres de motivation des jeunes candidats juste après le Bac.

 

 

 

 

 

 

 

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