Un nouveau sujet d’Histoire ! Pour s’entraîner juste avant Noël !

CONCOURS BLANC

IEP PARISEPREUVE D’HISTOIRE

Premier exercice : composition

Vous traiterez l’un des deux sujets suivants :

 – Les Français et la Grande Guerre

ou

– La population active en France, reflet des bouleversements économiques et sociaux  depuis 1919

Deuxième exercice : étude critique d’un document

Vous présenterez le document suivant de la manière la plus précise possible et vous montrerez son intérêt et ses limites pour la compréhension de l’économie-monde britannique.

Les enjeux des expéditions en Afrique

 

David Livingstone (1813-1873), médecin & pasteur britannique, part en 1840 en mission en Afrique du Sud pour la London Missionary Society. Il vit en Afrique de 1841 à 1852, prêche, soigne & explore, notamment les chutes Victoria

 

 

Lors du voyage que je fis d’une mer à l’autre [du Cap à Luanda, 1852-1856], traversant ainsi la portion intertropicale du continent africain, au sud de l’équateur, il se trouve qu’au lieu d’une contrée déserte où l’eau se perdait dans les sables, c’était un pays bien arrosé, d’un sol fécond, présentant de vastes forêts, de belles vallées herbeuses, habitées par une population considérable, et renfermant l’une des cataractes les plus surprenantes qui soient au monde.

On eut alors la certitude que cette partie de l’Afrique est un plateau élevé, déprimé au centre en forme d’auge, et présentant des fissures latérales par où les fleuves se précipitent vers la mer.

Il est impossible de parler de cette découverte sans rappeler la remarquable hypothèse de sir Roderick Marchison, président de la Société géographique de Londres, qui indiqua nettement ce trait du continent africain avant qu’il eût été vérifié par le mesurage des différents nivaux du sol, et par l’observation du cours des eaux.

Pendant ce temps-là, de nouvelles clartés étaient répandues sur d’autres points de l’Afrique par le célèbre voyage du docteur Barth, les explorations de MM. Krapf, Erkhardt, membres des missions de l’Eglise d’Angleterre ; les efforts persévérants du docteur Baikie, dernier martyr du climat africain ; par le voyage de François Galton, et l’éminente découverte des lacs Tanganyika et Victoria Nyanza, due au capitaine Burton et au capitaine Speke, dont nous déplorons tous la fin prématurée.

Vinrent ensuite les recherches de Van der Decken, de Thornton et d’autres voyageurs. Enfin, la glorieuse découverte de la principale source du Nil, découverte que tout bon Anglais doit ressentir un juste orgueil, puisqu’elle a été faite par nos braves compatriotes Speke et Grant.

Il est donc prouvé maintenant que ce désert brûlé, ce sable aride, cette zone fabuleuse de l’Afrique tropicale, est une région féconde, ressemblant à l’Amérique du Nord par ses grands lacs, à l’Hindoustan1 par ses jongles2, ses ghattes3, ses basses terres humides et chaudes, et ses plateaux élevés, où l’on respire un air frais et salubre.

Le but de notre expédition n’a pas été de produire un étonnement d’un jour, de regarder des sauvages et de s’en faire contempler ; mais d’étudier le climat, les maladies locales, les productions du sol, le caractère des indigènes, et leurs rapports avec le reste des hommes. Tous ces détails ont été observés avec le vif intérêt que doit éveiller un continent dont l’histoire ne date pas d’aujourd’hui, mais qui offre de brillantes perspectives.

En 1853, quand je me rendis à la côte occidentale afin d’ouvrir un sentier au commerce et de faciliter les travaux des missionnaires, je fus frappé de l’influence décisive des mesures qui ont pris le nom de politique de lord Palmerston, influence déjà sensible à plusieurs centaines de milles du rivage. La piraterie avait disparu ; et la traite avait diminué, au point que, parmi les Portugais, ceux même qui avaient fait le trafic des noirs, en parlaient comme d’une chose des temps passés.

Le chiffre annuel du commerce licite, ivoire et poudre d’or, s’était élevé d’une somme de vingt mille livres à deux ou trois millions, dans lesquels l’huile de palme, exportée en Angleterre, figurait pour un million de livres (vingt-cinq millions de francs). Plus de vingt missions avaient été fondées, et recevaient dans leurs écoles au-dessus de douze mille élèves. […]

Pas de plus grand obstacle au progrès de la civilisation et du commerce que cet odieux trafic ; et les Anglais étant non seulement les plus philanthropes des hommes, mais prenant la plus large part au commerce africain, ils ne peuvent manquer de rester fidèles à un système qui est à la fois généreux et prévoyant.

Lorsqu’avec la même intention qui m’avait fait prendre la route de Luanda, je gagnai la côte orientale, je la trouvai complètement fermée. En dépit des efforts qu’avaient fait les croiseurs de Sa Majesté britannique, les étrangers ne pouvant pas s’établir dans le pays, on n’y voyait ni commerçants ni missionnaires. Un peu d’ivoire, de poudre d’or et des esclaves étaient les seuls objets du trafic local ; bref, le même état de choses que sur la côte de l’Ouest avant la répression de la traite.

Néanmoins, le gouvernement portugais ne demandait pas mieux, je dirai plus, désirait vivement, que le pays fût ouvert au commerce. Il est facile de le comprendre : car il ne retirait aucun profit de la fermeture de ces provinces. D’autre part, le Zambèze offrait une large voie pour pénétrer dans l’intérieur : les populations indigènes étaient agricoles, et passionnées pour le commerce ; le sol était fertile, le coton, l’indigo, le tabac, la canne à sucre et d’autres plantes précieuses étaient déjà cultivées, ou croissaient à l’état sauvage. Il semblait donc que si cette région pouvait être accessible aux négociants et aux missionnaires, on y obtiendrait les mêmes résultats que sur la côte occidentale, et qu’on rendrait ainsi un immense service, non seulement à l’Afrique, mais encore à l’Europe.

C’était pour atteindre ce but que notre expédition fut décidée. Elle avait pour objet, ainsi que le lui recommandaient des instructions explicites, d’étendre les connaissances que l’on avait déjà sur cette partie de l’Afrique ; d’en étudier les ressources agricoles et minérales ; de nouer des relations avec les habitants ; de les engager à se livrer à l’industrie, à la culture sur sol, afin d’en obtenir des matières premières qu’ils pussent échanger contre les produits des fabriques anglaises. Il y avait tout lieu d’espérer qu’en encourageant les indigènes à profiter des sources de richesse que leur offrait le pays, on avancerait de beaucoup l’extinction de la traite des hommes ; car ils découvriraient bientôt qu’il y avait plus de bénéfice à exploiter le sol, qu’à vendre les ouvriers dont le travail deviendrait nécessaire.

D’accord avec la politique du gouvernement anglais, l’expédition fut organisée par les soins personnels du comte de Clarendon qui, à cette époque, était ministre des Affaires étrangères. Plus tard, le ministère ayant changé, nous reçûmes la même assistance du comte de Malmesbury, puis de Lord Russell, qui lui succéda. Ce n’était donc pas seulement la réalisation du projet de quelques individus, mais une œuvre qui répondait aux principes que nos hommes d’Etat avaient le plus à cœur, et au vif désir de la majorité du peuple anglais.

 

David et Charles Livingstone, Explorations du Zambèze et de ses affluents, et découverte des lacs Chiroua et

Nyassa par David et Charles Livingstone, 1858-1864, trad. Mme H. Loreau, Librairie Hachette, 1866

 

  1. Hindoustan : (mot persan signifiant « terre des Indiens », provenant du Sanskrit Sindhu) Région de l’Inde correspondant à la plaine du Gange (par opposition à l’Inde péninsulaire, ou Deccan), où le hindi est la langue usuelle, et, au sens large, désignant l’Inde même, par opposition au Pakistan
  2. Jongle : ou jungle, terme emprunter du hindi jangal via la langue anglaise, qui désigne une formation végétale sèche comptant une proportion irrégulière d’arbres, présente principalement dans le Teraï (partie népalaise de la plaine indo-gangétique, qui couvre également une partie de l’Inde du Nord)
  3. Ghattes : en sanskrit, un ghât est un ensemble de marches ou gradins qui recouvrent les rives de cours d’eau ou les berges des bassins, et permettent de descendre au contact de l’eau, le plus souvent d’un fleuve sacré

 

 

 

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